Gespenst - Forfald

Gespenst - "Forfald"
chronique Gespenst - Forfald

Quand un ex-Glorior Belli et un ex-Black Dementia décident de faire de la musique ensemble, ce n'est pas pour faire du crabcore et vendre des casquettes (à visière plate). Ah non, c'est plutôt à du black de tradition qu'il faut d'attendre, affiné au fond du fjord, vieilli en fût de bois calciné de stavkirke. Gespenst démontre de manière magistrale que l'école scandinave a encore de belles heures derrière. Pour cela, il ne d'encombre pas du superflu en restant sous la forme de duo et en nous proposant pour cette première livraison seulement quatre titres. Mais avec une moyenne de presque 10 minutes, on ne risque pas la disette.



Préférant la pesanteur à la célérité des rythmiques, le BM de Gespenst est entêtant, lancinant, groovy parfois. Peu sujet aux variations, ces dernières sont toujours à propos, conservant le dynamisme et l'intérêt des compos. Une brusque accélération, un arpège en son clair suffisent à éviter de sombrer dans l'ennui. En ça, on peut rapprocher la musique du groupe au funeral doom. Le riffing donne un sentiment d'évanescence, d'irréalité: le nom du groupe signifie "fantôme" en danois et il n'est pas usurpé, tant la musique du combo dégage souvent une impression d'irréalité. Les bruits de bois qui grince, les hurlements d'outre-monde et autres bruitages renforcent cette sensation d'errer sans lumières dans une vielle maison hantée.



Impossible de donner un nom précis pour comparaison, mais on est bien en présence d'un BM typiquement scandinave qui emprunte aussi bien aux écoles norvégienne et suédoise. On retrouve des petites touches Darkthrone, Dark Funeral, ou encore Bathory, sans jamais qu'un nom ne vienne spontanément à l'esprit et qu'on puisse crier au plagiat. Une œuvre réalisée dans le fond et la forme dans le respect des traditions, mais qui ne s'en laisse pas moins écouter avec plaisir.


photo de Xuaterc
le 27/09/2016

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