Giraffe Tongue Orchestra - Broken Lines

Chronique CD album (41:00)

chronique Giraffe Tongue Orchestra - Broken Lines

Je ne peux m'empêcher de partager l'histoire quant à l'origine du nom du groupe (qui est conté dans les documents à destination des média) : « (...) GIRAFFE TONGUE ORCHESTRA représente la force et l'ingéniosité. Hinds explique : "À l'époque où avec MASTODON nous étions en Australie, je suis allé au zoo de Sydney voir les girafes. Ce sont des animaux incroyables. Il y en a un qui a pris quelques bananes dans ma main, et qui l'a même épluchée avec sa langue. J'ai croisé Ben, qui était en Australie pour le Soundwave également et je lui ai dit 'Mec, je crois que j'ai trouvé le nom de notre groupe,' et lui ai raconté ce que j'avais vu. Comme nous, la girafe a trouvé le moyen de réussir." ». Chacun rigolera pour sa raison.

 

GTO c'est une escapade droit devant et tête baissée quand ils se défoncent sur du metallico-punk bien binaire aux entournures ("Adap Or Die" ou "Crucifixion"). Il en est autrement sapé quand ils se dressent pop aux encolures. Et "No-one Is Innocent" (parce que One Of Us Is The Killer ?), qui se laissera sonner comme un croisé de riffs échappés de Dillinger et un refrain typé Alice In Chains. Quand ils veulent sonner énervés du chaos, on reconnaitra à plusieurs passages le riffing du mastermind Ben Weinman, la tête pensante et de The Dillinger Escape Plan et de Giraffe Tongue Orchestra. Avant qu'ils ne se laissent couler sur des sonorités modernes, mini-destructurées (bien que ressortir sur un morceau une rythmique type disco à la batterie - repopularisé anciennement par Franz Ferdinand - ne soit pas très moderne). Dans tous les cas, ils taillent le gros refrain de stade.

 

Ça ne donne pas quelque chose de tout le temps dégueu', mais ce qui ici pose problème, c'est la production, les arrangements, et le chant. Ils en font des tonnes. Des TONNES. Je ne sais pas si William DuVall souffre du syndrome de sous-frontman en tant que troisième voix au sein d'Alice In Chains (caché derrière le fantôme de Layne Staley, et de Jerry Cantrell dans le mix) et deuxième voix au sein de ce nouveau groupe (les morceaux ont été initialement composés pour la voix de Juliette Lewis), mais il n'arrête jamais. Il chante tout le temps. Il fait des manières tout tremolo devant… C'en est éreintant. Trop c'est trop.

Ils iront jusqu'à une ballade romantico-nostalgique ("All We Have Is Now") à nous en faire saigner les oreilles. Oui réussir à mélanger Deftones, Radiohead et Scorpions sur un morceau c'est fort, mais c'est aussi vilain.

Ils iront aussi et surtout jusqu'à sonner comme les trucs metal moderne décérébré surproduits et calibrés pour être calés entre 2 publicités. Et ça c'est triste.

 

Alors on peut le prendre pour ce que c'est, un défoulatoire (!) sans queue ni tête pour ces musiciens qui ont peut-être trop de pression à oeuvrer au sein de groupes à succès. On peut aussi le prendre pour une blague qui dure déjà un peu trop longtemps. Mais surtout, comme le glas va bientôt sonner pour The Dillinger Escape Plan, on espère juste que Giraffe Tongue Orchestra ne va pas être la prochaine principale activité pour Ben Weinman parce que là, ce serait vraiment du gâchis.

photo de R.Savary
le 06/10/2016

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