Goatvermin - Détruire

chronique Goatvermin - Détruire

Lors d'une discussion entre amis, la phrase « vaut mieux une mauvaise chronique que pas de chronique du tout » est ressortie, ce qui m'a rappelé à mon devoir : juré je m'étais d'écrire sur le Détruire de « LA Goat ». Rappel lié non pas à la partie « mauvaise chronique » (ou alors c'est la chro en elle-même qui est nulle à chier, possible, c'est à vous d'en juger, faites-en une chronique à votre tour et la boucle est bouclette) mais plutôt « pas de chronique du tout ».

C'est horrible, c'est vrai. Des types et des typettes se font chier à produire de la musique originale, essayant d'en faire de la musique de qualité, suant eau et sang ; et y'a pas grand-monde derrière pour en parler. C'est tellement difficile de parler de musique, hein, d'écrire...

Peuh ! Tellement plus facile que de pondre un disque d'une telle violence, d'une telle rectitude dans la défenestration du superflu enjoliveur. Là, y suffit pas d'ouvrir sa gueule ! Tous les muscles du corps et de l'esprit sont sollicités pour l'expulsion dans le vide, sans partir soi-même avec l'eau du bain de sang.

 

Il faut que je récupère ce disque dément, que je me le remange. Je l'avais beaucoup écouté à sa sortie, là je sais où il est, coincé dans le vide-poches de la portière conducteur de la voiture de la femme avec qui je tente de partager un morceau de vie. Je louche pour l'instant sur les cassettes de mon rayonnage noir, Goatvermin sans titre mais avec chronique ici-même, Goatvermin Crevez Tous, Uhl / Goatvermin split tape, et bien sûr la collection CD vermillonne 5 années de Guerre totale, un classique qui regroupe tout ou presque et qui, surtout, écrase tout.

Mais c'est sans compter donc ce dernier disque en date, qui est encore un cran au-dessus, dispo cette fois en vinyle (12 qui tourne en 45, ahah!) et CD.

Faut que j'affronte la fraîcheur de ce premier jour d'octobre et aille récupérer l'objet maléfique.

Bouge pas!

 

Voilà. Pochette terrible signée Chris Moyen, passée au rouge, le boîtier est déjà usé depuis février 2017.

 

L'annihilation ressentie ressemble à ce que j'ai subi au Pinky Bar, petit endroit de liberté magique. En moins fort - donc moins annihilant - parce que j'ose pas mettre la chaîne au volume des amplis en concert. Et y'a pas ces larsens médiums-aigus de guitare dès le moindre, hum, silence, ou dès qu'il ne gratte plus ses cordes, le Jééé.

Mais la marche guerrière t'écrase, sois-en sûr, avec un son râpeux et sale parfait pour l'occasion, des morceaux de béton volent ta face, envolée en purée, Shrapnel rules !, mitraille et pas de pitié pour les porcs verticaux !

Merde. Dur de ne pas se répéter quand on évoque ce genre de... musique.

 

Eh, je parlais de moins de larsens qu'en vrai, mais "Pogrom Of Hate" et quelques autres passages bruitistes me feront mentir, larsens trous-dans-ta-migraine se superposant aux sons de batailles, mitrailleuses, cris, bruits de bottes.

Ça va droit à l'essentiel, mais ils se permettent quelques moments de structures plus alambiquées, comme dans le final "Atrocious Rituals", et ça passe tout aussi bien.

Monobloc mais pas chiant, ça me gêne pas que le disque se mette en boucle. Oh non, pas du tout.

 

MAIS PUTAIN CE QUI ME GÊNE UN PEU PLUS, C'EST QUE CE PUTAIN DE CD EST RAYE !!!

RAYE, BORDEL !!!

Plages 5 et 6 en sont les victimes ! Et ma gueule alors, elle en est pas victime, comment je fais pour écouter ces deux titres, maintenant ?!? Putain de CD de bout de plastique polluant de merde !!!! Soit il est dans le lecteur, soit il est dans sa boîte, alors faut qu'on m'explique comment il a pu être rayé, hein ??? C'est QUI, putain ?!? Sa tête sur une putain de pique !

Aaaargh ! J'aurais dû me racheter une platine vinyle, faire comme tous ces pédants prout-prouts, acheter que du vinyle en gros grammage avec des grosses pochettes « parce que si j'écoute de la musique, c'est pour pouvoir regarder des photos sur des grands bouts de carton carrés en faisant une tête d'ahuri » !!! « Si j'écoute de la musique, c'est pour soigner mes névroses dans un grand élan de collectionnite !!! ». « Si j'ai une petite bite alors j'aurai plein plein plein de disques ! ». « Et si les disques ça me suffit pas, j'achèterai des T-Shirts! Des putains de T-Shirts, putain!!! »

CREVEZ-TOUS !!!

DETRUIRE !!!

 

DETRUIRE !!!

 

Arf. Je peux toujours écouter les morceaux qui me manquent là-bas.

Et vous aussi, allez mourir là-bas, prenez-vous une leçon, une baffe, un terrassement de façade, un tassage de colonne. En streaming, ah-ha !

 

On se croirait dans l'introduction du premier Terminator, le futur fait de nuit, de fumée, de montagnes d'ossements et de machines à chenilles. Mais pire, tu rêves de cette introduction de Terminator et ton cauchemar reste bloqué là-dessus, et s'amplifie. Les machines sont possédées par Satan et ses sbires. Il faut fuir !

Mais peut-être... Peut-être le futur apocalyptique ne sera pas Technologie et Mort. Peut-être seulement des arcs électriques propulseront dans les airs tout ce qui est fait de chair. Pour en faire des graviers, des poignées puis des tonnes de graviers qui retomberont sur le sol une fois les arcs disparus. Et les végétaux ? Du charbon ! Ainsi la terre sera recouverte de graviers et de charbon.

Quoiqu'il en soit, Goatvermin et son atmosphère épaisse est bien la bande-son de la fin de tout. Guerres et cataclysmes, peu importe la foi, les croyances et les espoirs, tout va finir. Et ça pue.

Les témoins de Jéhovah le savaient bien.

 

Tu crois que je dévie ? Pas du tout ! Arrive un moment où tu oublies que tu écoutes de la musique.

C'est pour ça que Goatvermin, c'est si bien. Les musiciens s'effacent derrière le Truc.

Et le Truc t'efface.

 

Bref... Qu'est-ce que tu veux que j'analyse mon écoute de Détruire, mecton ? J'ai dit et redit l'essentiel : droit au but, destruction, mort. War Metal, Death sans chichi, point. J'aurais pu écrire la même chose que dans ma chronique de cette cassette. Sauf que c'est encore meilleur maintenant. Plus compact. Un peu moins dans le bruit, peut-être... Car le son sale, est un peu moins sale, c'est à dire qu'on distingue mieux ce qu'il s'y passe. Son parfait pour cette expression. Du coup, c'est plus teigneux encore. Qu'est-ce que tu voudrais te rapprocher du son d'une « grosse prod » ? Ce son-là, tu ne l'auras jamais. Et tant mieux.

Je le redis, le Metal c'est censé être un sale truc des bas-fonds. Pas un machin tout net à quatre épingles pour frimer avec des strobos en smac.

 

Payez-vous en une tranche.

photo de El Gep
le 25/10/2018

5 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 25/10/2018 à 08:39:07

C'est quoi ce son tout pourrave dans lecteur en haut à gauche ?

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 25/10/2018 à 08:49:23

Sinon avec un son correct: c'est vachement cool. Hop bandcamp !

el gep

el gep le 26/10/2018 à 10:25:52

Hein? T'as réussi à trouver "Détruire" sur Bandcamp?!? "5 années de Guerre Totale", oui, mais celui-là j'ai pas vu...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 26/10/2018 à 10:33:01

Un euro les MP3, 9 le skeud.

el gep

el gep le 26/10/2018 à 11:57:23

Ah ouiiiiiii! Sur ze Bandcamp de la "Armée de La Mort", suis-je con!
Faudra que je change quelques liens dans cette chronique à l'occase, du coup...
Pas très surpris que ça te plaise, sinon...

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