Goblin Cock - Bagged & boarded

Chronique CD album (37:32)

chronique Goblin Cock - Bagged & boarded

Goblin cock, comme son nom l'indique, a une forte consonnance humouristique, voire parodique, et cet état de fait pourrait jouer, comme souvent, en leur défaveur dans une critique. Force m'est de constater que les critiques de metal en général ne peuvent apprécier la musique et en rire en même temps sans se sentir obligé de la descendre un peu de son piédestal, telle une impureté du genre. Mais cette mauvaise foi peut bien régner, le fait est que le groupe étant américain, chantant en Anglais, d'une voix éloignée dans le mix et difficile à discerner, elle pourrait bien parler de concombres atomiques et autres chats à cassettes intégrées, je m'en tape le zguègue contre la porte fenêtre. Seule la musique m'importe ici.

 

Goblin Cock, dont l'imagerie volontairement grotesque avec leurs bures cheap et leurs guitares noires de metal, imitant l'image de Sunn o))), balançant à tout va les signes \m/ en dansant avec de toutes les manières possibles, voire en indiquant une direction, se battant contre des gros joggers en pantoufles, éternels loosers résignés dans leurs cryptes, n'en font pas moins une musique d'une richesse exemplaire. Les tontons de Gwar n'auront aucun scrupule à reconnaître là des rejetons de leurs mondes fantasmagoriques, les The Residents auront peut être quelque approche similaire dans leur musique un brin dérangée, mais je ne voudrais pas pousser le bouchon de cette référence si particulière trop loin pour autant.

 

En effet, il faudrait pour décrire Goblin cock utiliser la référence poppy des Queens of the stone age et leur même goût pour les musiques sucrées et putassières (parce que oui la musique putassière ça a du bon). Mais le riff principal de Stumped nous ramène tout droit à un Dragonaut de Sleep, et le reste finallement nous plonge dans un univers atypique où certains passages langoureux comme dans Striped tigger snaps, Kegrath the dragon killer, the Green machine valent à eux seuls une étoile d'or pour cet album, exprimant une étrange mélancolie des plus inattendues, c'est ça qui démonte subitement l'image de départ un peu couillonne qu'on se fait des lurons. En fait de poser leur cul entre plusieurs chaises rock, stoner, doom, grunge, ils finissent par se dégager de tout ça pour avoir leur propre idée du truc : le mid tempo n'est pas des plus lents finallement, les riffs oscillent entre une pop bizarre et un Doom stoner des plus enlevés. La batterie, sèche au possible, restreint le relief que ce style devait supposer, et la voix claire encore une fois ultra pop ne démêle en rien leur imbroglio.

 

Mais voilà, ce Bagged & boarded est tout bonnement génial, inspiré et fourré de surprises et de bonnes idées ! Un disque à apprécier en soirée arrosée, le mieux serait un barbeuc en plein été !

 

 

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photo de Carcinos
le 16/12/2012

4 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 16/12/2012 à 12:00:09

Palme d'or du meilleur nom de groupe 2012 !!

Carcinos

Carcinos le 16/12/2012 à 15:05:10

2005...

Carcinos

Carcinos le 16/12/2012 à 15:06:24

C'est pour ça que je me dis, chroniquer des "vieux" trucs ça mange pas de pain, tant que ça reste inconnu...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 16/12/2012 à 18:25:57

Ouais mais m'en fous je lis le chro en 2012 alors.... spice de rabat joie va !!

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