Gorod - Kiss The Freak

Gorod - "Kiss The Freak"
chronique Gorod - Kiss The Freak

On s’en doutait depuis quelques temps déjà. Mais à présent le dernier carré des incrédules tout comme la dernière brochette des zauraient-besoin-de-binocles-mais-zen-n'ont-point vont devoir eux aussi se rendre à l’évidence. Oui, tel le chirurgien à gros nez rouge ou l’Einstein = mc2 tireur de langue, Gorod rassemble en ses rangs autant de gros farceurs que de fins bretteurs. En même temps, c’est vrai que le funissime clip de « The Mystic Triad of Artistry » avait déjà remporté le Mou-Ha-Ha d’or au Festival de l’Humour Qui Fait Rire de St Technodeath en Lozère, donc les personnes à convaincre ne devraient plus être légion. N’empêche, avec Kiss The Freak, le groupe enfonce le clou au marteau de Thor.

 

Oh ce n’est pas que les 5 titres contenus sur ce nouvel EP fassent rire. M’enfin matez-moi cette pochette: un mélange du meilleur de l’ambiance de Toxic Avenger et des visuels les plus radioactifs de E. Repka, avec en prime les trombines grimaçantes (et les seins relativement peu sains) de la gironde formation. Et puis ces thèmes: Tony Parker, le Pastaga. Et puis cette date de sortie: le 1er avril.

« Nominé pour la Victoire du groupe qui se prend le moins au sérieux – alors qu’il aurait les moyens d’avoir les chevilles de la taille des boobs de Nabilla: Gorod! »

 

Bon alors, me direz-vous, pourquoi donc les papes français du Death Technique qui virevolte font les marioles du haut de la pochette d’un EP qu’on croirait tout droit sorti de la vague Revival Thrash, au coude-à-coude avec les skeuds de Municipal Waste, Merciless Death et Fueled By Fire? Eh bien justement parce que les Bordelais vont passer leur mois d’avril en tournée aux côtés de Havok, Exmortus et Warbringer, et qu’ils se sont dits que ce serait peut-être l’occasion de mettre un peu de Thrash dans leur vin. Du coup, au pied du sapin dernier, le club des 5 s’est lancé le défi de composer, enregistrer, peaufiner du matériel adéquat, le tout ficelé en 2 petits mois… Pas vraiment le mode de fonctionnement habituel d’un groupe qui a pour habitude de bâtir de véritables cathédrales métalliques!

 

Sauf que les loustics ont réussi leur pari. Et pas qu’un peu crénom! Car ce Kiss The Freak s’impose comme une petite bombe de Thrash sauvage (rugosité urbaine made in USA 80s, chœurs de babouins patchés, riffs nerveux, odeur de vieilles baskets) adossé à une virtuosité technique qui permet de tirer un trait d’union entre fans de Nuclear Assaut et de Vektor. Ainsi « Being a Jerk » (clin d’œil à une rock star croisée en tournée?) est une petite tuerie de Thrash véloce et in-your-face rehaussé de 2 merveilleuses lead qui twinnent à n’en plus finir. Gaffe, ami thrasheur: c’est un coup à t’empoisser méchamment le caleçon! « Basket, basket, basket! »: sur « Tony P. Shot » on se prend une grosse main au panier bien « -core » qui décolle tout particulièrement en 2e mi-temps, quand les leads rentrent les trains d’atterrissage et allument les réacteurs. « Anise Power » voit le groupe abandonner ses vignobles pour aller se taper une pétanque avec le Papé, les cigales leur inspirant une compo à cheval entre Thrash et Death léché, entre efficacité crue et sophistication, le petit plus consistant ici en un exercice solo typé « pur Hard Rock 80s »… En fermant les yeux, on verrait presque Mathieu doté d’une grosse crinière permanentée et d'un futal moulant à paillettes argentées! Dernier exercice trempant les orteils dans le Thrash, « Lost in Osaka » retourne quand même plus nettement en terres gorodiennes…

 

... Ce qui permet de glisser naturellement vers le dernier titre, « Chronicles of The Stone Age », remise au goût du jour de l’un des classiques issus de Leading Vision. Consolidé, vernis, agrémenté de presque une minute supplémentaire, le morceau n’y perd pas son âme  comme c’est trop souvent le cas avec les réenregistrements de "vieilleries". Au contraire, le titre gagne en lumière, allonge un peu son intro, ajoute un juteux petit solo bien Rock’n’Roll en début de parcours, marque un peu plus la pause à mi-chemin, en s’appuyant sur une utilisation renforcée du mode « électro-acoustique »… Un must pour les fans qui n’ont découvert que récemment le groupe!

 

Quand on pense que les gugusses n’ont mis que 2 mois pour aller de la feuille blanche jusqu’à la livraison de cette petite merveille, on se dit qu’il y en a vraiment qui sont experts en titillage de muse! Et vu les tueries Thrash que ce pari fou et cette tournée printanière ont permis d’engendrer, je prie dorénavant chaque jour le dieu Nawak pour que Gorod tourne prochainement avec Panzerballett, 6:33 et Dog Fashion Disco: sûr qu'il en sortirait une merveille décalée violemment allumée du bulbe!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: quand Gorod se lâche et passe 2 mois à mettre en boîte un EP de Thrash, le résultat tue. Vous êtes donc instamment invités à venir faire un gros bisou à ces stupéfreaks: vu comment ils traitent avec amour notre musique chérie, ils ne méritent pas moins!

photo de Cglaume
le 29/03/2017

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