Gutter Instinct - Heirs of Sisyphus

chronique Gutter Instinct - Heirs of Sisyphus

Décidément, depuis une grosse année, ça n’arrête plus! Au fond de ses olympiens marécages, le Dieu Swedeath a dû changer de nutritionniste et se convertir à un régime hautement dosé en Juvamine et en Viagra, je ne vois pas d’autre explication! C'est qu’on croule sous les productions du genre dernièrement! Puteraeon, LiK, Sentient Horror, Wombbath, et à présent Gutter Instinct. ‘y a des promos « 1 pédale HM2 offerte pour 2 achetées » chez Woodbrass ou bien? Parce que sur Heirs of Sisyphus, c’est une fois de plus la fête à la disqueuse dans la boue et les…

 

Tiens mais… Se pourrait-il que…?

 

« Allo Pidji? Tu pourrais vérifier avec Pulverised Records s’ils n’auraient pas interverti le dernier Gutter Instinct avec la sortie d’une horde de Death/Blackeux satanistes à pustules? Allez s’te plaiiiiit, je sens qu’il y a eu gourage dans les envois d’email… Non, t’es sûr, c’est le bon album? »

 

… Diantre!

 

Bon, c’est vrai que sur Age Of The Fanatics, l’atmosphère était déjà bien dââârk, et que le micro avait tendance à se faire chiquer par une hydre à 2 têtes évoquant un Deicide made in Sweden. Mais sur ce 2e album, le bouchon a été poussé aussi loin que Maurice en était capable, à un point tel qu’on a à peine l’impression d’entendre Mme HM2. C’est que le son est globalement broussailleux, sépulcral, bouillonnant, charbonneux, un peu comme lorsque Abaddon se cogne le petit orteil contre la commode du salon et que ça le rend soudainement furax. Alors vous pensez bien, derrière les blasts véhéments, la couche de suie infernale et les terribles invectives, on ne sait plus trop si c’est bien dans la vase que la pauvre guitare pédale.  

 

D’ailleurs, lors des premières écoutes – notamment quand « Satan Within » déboule – on fait un peu la gueule… On s’attendait à s’empiffrer d’une Nième version de la B.O. de la Créature du Marais légèrement paint-corpsée, et au lieu de cela les cavaliers de l’apocalypse débarquent dans le salon, blasphèmes aux lèvres, blasts de harpie en avant, finition chaotique et peinture à la suie de série: la panoplie complète du petit fan de Satanic War Metal. Hé ho: il est où mon groove entombedien? Ils ne sont pas dans un état de putréfaction aussi avancé que d’habitude mes zombies Swedeath!! Et puis, c’est pas qu’on s’ennuie, mais depuis quand a-t-on besoin de passer plus de 5, 6, voire 8 minutes à patauger dans un morceau pour se rendre compte que le marais est à bonne température et qu’on a pied?

 

Remboursez! 

 

Et puis finalement, bien que renâclant un peu et caressant avec nostalgie la tête de The Empires of Death, on se rend progressivement compte à quel point, derrière le tumulte du galop Black/Death et les vapeurs de soufre, se cachent de belles et grandes mélodies comme les Suédois savent en mitonner depuis des décennies. Et c’est là que la 2e lame nous fauche et qu’on succombe devant la grandeur du raz de marée infernal qui déferle sur « Zenon ». Vous les sentez fondre sur vous les nuages de sauterelles quand un solo en fusion lacère les monumentales parois d’Hadès? Vous l’entendez cet écho des abysses lors du break à 3:16? En cascade on voit ensuite surgir de « The Abyss Speaks » de titanesques entités lovecraftiennes, et d’« Uncreation » de belles mélodies tremblotantes labélisées « Old Amorphis ». La fin de « Shock Doctrine » nous apparait enfin comme une imposante et formidable procession de lemmings, tandis que le long morceau-titre se révèle être une épique aventure au grandiose générique de fin.

 

On n’est pas bien là, dans la tourmente, alors que l’Humanité finit son cours au milieu de buchers éternels, les arpions agacés par des tridents de glace et de feu?

 

Bon, évidemment, il y a cette petite voix qui continue de râler parce qu’elle n’a pas eu sa dose de groove plombé. Elle proteste contre ce premier morceau décidément trop « raw ». Elle trouve que « Uncreation » est quand même moins épatant que ses aînées de tracklist, et que « The Luminous Darkness » est bien trop basiquement barbare comparé aux raffinements des autres morceaux. Vous savez comment sont les frustrés: un rien les agace…

 

Alors certes, Heirs of Sisyphus sent plus le Necromorbus post-apocalyptique que le Sunlight les-pieds-dans-la-gadoue. Certes, si l’on cherche Entombed et Dismember du regard, on sera peut-être agacé de trouver à leur place Grave Miasma et Teitanblood (là je cite la feuille promo, faute de culture en la matière. Mais j’aurais pu dire « … de trouver à leur place le petit cousin Blackeux et crasseux de Deicide »). Certes, ce n’est pas le même flacon… Mais dis, tu la sens l’ivresse satanique?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: … non, pas « Hairs of the Ziziphus »: Heirs of Sisyphus. D’autant que ce 2e album de Gutter Instinct ne sent ni les poils, ni le viol dans les marécages Swedeath. Continuant de progresser sur la voie du malin, le groupe a fini de s’enDeathBlackiser, de s’enDeicidiser, de s’enduire de charbon, de suie et de pentagrammes pour délivrer un Death plus occulte, plus charbonneux, plus chaotique parfois, mais recelant la majesté et la mélodie des grandes œuvres suédoises. Alors laissez sa chance à Sisyphe: à défaut d’être impératrice, il est impérial!

photo de Cglaume
le 24/08/2018

1 COMMENTAIRE

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 24/08/2018 à 18:10:15

ça meule, c'est carré, ça roule, c'est la Bête.

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