Ho99o9 - United states of Ho99o9

Ho99o9 - "United states of Ho99o9"
chronique Ho99o9 - United states of Ho99o9

LE RAP S’INCLINE, LE METAL DOMINE

 

Les plus trentenaires d’entre vous se souviennent de cet adolescent des années 2000, qui étalait son mauvais goût et son mal de vivre sur Skyblog, celui qui adorait le metal parce que c’est trop dark, mais qui trouvait que quand même, Nostromo c’était un peu trop violent.

Ce genre de crétin dégueulasse qu’on a presque tous été à un moment, et qui a mis des années à se rendre compte que le rap et le metal sont les deux faces d’une même pièce de la culture pop.

 

De Run DMC/Aerosmith à SCRLXRD, en passant par l’infâme Stop fucking with me de Lil Jon (les fans de Slayer qui ne connaissent pas peuvent googler, on ne regrette pas sa soirée), c’est une évidence, le rap et le metal se parlent, se croisent, copulent et enfantent des rejetons dégénérés depuis les années 80.

 

Cette intro longue comme un multi syllabique d’Eminem doit finir. Cette année, pour la première fois, le Hellfest a accueilli plusieurs groupes de rap. Svinkels, parce que merde, c’est le seul groupe de rap français qui ait sa place là, Dälek, les parrains du weird game, et enfin Ho99o9, qui jouit d’une belle hype mondiale depuis quelques années.

 

United States of Horror est le premier album du groupe, qui vient après 2 ou 3 EP ou mixtapes et surtout une grosse chiée de lives bien fous qui ont établi la réputation de theOGM et Eaddy.

 

Après une intro bien tradi sur laquelle une enfant prête allégeance au drapeau des United States of Horror, on se prend un gros gauche/droite avec "War is hell" et "Street power", qui donnent le ton général. Ça va être sale, violent, trap et punk, produit aux petits oignons et putain de politique.

 

Prenez RATM, Prodigy, Kanye West, Black Flag et enfermez-les dans une cave avec pour toute nourriture du speed et de la limaille de fer, et pour tout divertissement une batterie, une guitare et une MPC, et vous avez le projet ho99o9. On alterne les titres trap bien cradingues ("Splash") et les hymnes punk old school ("sub-zero") comme des pavés jetés à la gueule des constructeurs de cloisons entre les genres. On respire de temps en temps avec des interludes chill ("Feels like…"), mais c’est pour reprendre directement derrière une bonne dose de sale mamène.

 

Les mecs savent faire, Ils sont pas là pour rigoler, et à l’heure où en France le rap est représenté par des tâcherons qui se la racontent renoi bresom mais qui rappent tout en triolet, les USH nous rappellent que le rap, c’est chez eux que ça se passe, et même quand l’autotune est de sortie ("Hydrolics"), c’est avec élégance et sobriété. Et quand ça kicke, sans être virtuose, y’a un groove dans les flows et surtout ces voix rageuses et poncées à la soude (simple, basique) qui obligent le mouvement de tête. On s’incline devant l’engagement, et on relève la tête pour le message.

Mais les porteurs de vestes à patchs peuvent se rassurer, "New Jersey Devil" leur montrera pourquoi ho99o9 a mérité sa place au HF 2018 et d’ouvrir pour des grands noms du metal (The Dillinger Escape Plan, Prophets of Rage, Avenged Sevenlol…)

Il faut atteindre l’avant-dernier titre de l’album, qui lui donne son nom, pour se rendre compte de la vraie puissance de ho99o9, avec ce morceau ultra efficace et politique qui ne ferait pas rougir un Zach de la Rocha :

 

If you stand for somethin', put your fist in the air

If you stand against police brutality, racism, government oppression

Motherfuckers abusin' they power

Forced profits tryin' to feed they fuckin' bullshit

Know'm sayin'?

If you wanna be somebody you understand you better be ready for war

Ain't shit free, we livin' in hell

But you 'bout to let 'em know you ain't takin no shit

When this shit come back I want you to burst into flames

 

Ho99o9 tape fort, avec un album qui part dans tous les sens, mais en gardant une cohérence sonore (cette saturation tout temps sur tout, c’est la plombance assurée) et une direction artistique balèze.

Les gars savent où ils vont et comment y aller, je suis prêt à les accompagner sur les routes sans fin des déserts sans vie des United States of Horror.

 

 

Cette chronique a été écrite sans aucune référence à Death Grips. Cascade effectuée par des professionnels, ne faites pas ça chez vous.

 

Barême de notation :

Production : 2

Composition : 1

Interprétation : 1

Originalité : 2

Cohérence artistique :2

 

0 = Mauvais

1 = Moyen, comme dans ni excellent ni nul à chier

2 = Bon

le 14/07/2018

4 COMMENTAIRES

pidji

pidji le 14/07/2018 à 11:04:25

Ce disque est très bon, et en plus, ce fut une grosse claque au Hellfest.

cglaume

cglaume le 14/07/2018 à 16:25:54

Je peste de les avoir loupé tiens

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 15/07/2018 à 17:19:52

Ah ouais c'est bien tendu ça: bang your motherfucking head.

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 29/07/2018 à 10:49:42

Vus dans une petite salle de mon patelin... un séisme sonique

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