Hybridism - Hybridism

Hybridism - "Hybridism"
chronique Hybridism - Hybridism

Intransigeants, sévères : chez COREandCO, on ne rigole pas avec les vilains copieurs. À l'école on était du genre à coller un livre sur notre table afin de bloquer les regards indiscrets d'un voisin / camarade en galère. 
Réflexe de tête à claques (une belle prédisposition à notre statut actuel de chroniqueurs sur le net), certes, mais preuve qu'on aime pas trop "les voleurs et les fils de putes" (George Abitbol©) depuis notre plus tendre enfance.

Aujourd'hui, avec du poil au menton et à la kékette, c'est toujours  la même chose : sur ce zine, les groupes qui repompent ont généralement droit à une ignorance polie. 

Mais pas Hybridism. Et pourtant, en suivant notre logique, on aurait dû s'en foutre : ces Belges ont gagné la coupe du monde de l'influence trop marquée.
(Voilà au moins une coupe que des Belges ont su gagner) 

Sauf que.

Sauf que cela semble parfaitement assumé. Au point d'avoir la sensation que le groupe se joue de son hyper-proximité avec...Animals as leaders.

Djent, instrumental, on croirait entendre les Américains du début à la fin. Des passages planants, de belles branlettes de manche bien excitantes, des sonorités extrêmement proches et même des structures qui font écho aux maîtres du djent.
Mais l'intelligence d'Hybridism est de "s'amuser" avec cette influence totalement assumée, en nommant son second titre "Animal as led us".
Ce n'est peut-être pas grand chose, peut-être s'agit-il d'une interprétation à côté de la plaque du message que les musiciens souhaitaient faire passer, mais, pour moi, cette petite pirouette redéfinit (à mon sens) l'oeuvre en presque hommage : le groupe sait d'où il vient et ne cherche pas à le cacher. 

Cet aveu, cette honnêteté intellectuelle est à contre-courant de toute une flopée de groupes qui s'inventent des étiquettes pour tenter de nous faire croire qu'ils sont un merveilleux et unique flocon de neige (généralement, on est bien déçus ou alors ça frise le ridicule).
 

Dans le cas d'Hybridism, on peut donc clairement reprocher à la bande d'être bien trop influencée par leurs maîtres : on collerait sur la pochette le nom des Américains que beaucoup s'y feraient prendre.
Mais si cela pouvait fonctionner aussi bien, c'est aussi parce que les Belges excellent dans leur domaine aussi bien à titre individuel (technique parfaite) qu'en groupe (avec une prod' idéale).
Les six titres sont très bons, hyper efficaces, l'EP dans son ensemble est rythmé et ne manque pas de bonnes petites idées ("Glitch"). 

Hybridism n'est donc pour le moment qu'un ersatz de luxe, mais avec ces premiers morceaux, il assure dans le genre, se plaçant au niveau de ses maîtres. Il lui appartient de s'en détacher, d'affirmer et affiner sa personnalité mais il est certain qu'en ce groupe, les fans de djent y trouveront leur bonheur.

photo de Tookie
le 01/08/2019

2 COMMENTAIRES

8oris

8oris le 02/08/2019 à 23:56:50

Chronique hyper juste et bien écrite. Tout a fait d'accord en ce qui concerne l'honnêteté du groupe, ils font du djent tout ce qu'il y a de plus bateau (en terme de codes stylistiques et musicaux) mais le fond divinement bien et c'est rarement emmerdant musicalement, pas de longs passages en sons clairs avec du delay à gogo sur les guitares, non, là, c'est bel et bien efficace.
Très bonne découverte, merci.

Flow R

Flow R le 11/08/2019 à 04:15:35

Super bien écrit, un régal de te lire.

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