Hyro Da Hero - Birth, School, Work, Death

Chronique CD album (44:58)

chronique Hyro Da Hero - Birth, School, Work, Death

Des rockers qui aiment le hip-hop, on en trouve de plus en plus à la pelle. Pour l’attitude surtout. Besoin de street respect et de ghetto approved aussi. Dernier exemple en date : Busta Rhymes comme musique d’accueil sur la tournée 2011 de The Jon Spencer Blues Explosion. Une sorte d’admiration mêlée à du dégoût aussi. C’est pas fait avec des vrais instruments, beurk ! Pourtant, depuis les featurings de Run DMC avec Aerosmith et de Public Enemy avec Anthrax (ça ne nous rajeunit pas !), des ponts entre ces deux rejetons du blues sont sempiternellement lancés. Avec plus ou moins de réussite, certes. Ce qui est plus rare, c’est quand ce sont des rappeurs qui se lancent dans le bain rock. Il faut croire que cela doit être certainement plus simple de produire des sons en calbute chez soi avec son MPC plutôt que de chausser ses Nike Air pour aller au local de répétition… Et puis, mince, ça fait trop de bruit, quoi ! Si vous êtes fans de The Roots ou de Mos Def, veuillez oublier la dernière remarque…

 

Du rock fait par un MC, voilà donc le projet de Hyro Da Hero. Plutôt qu’une révolution sonore, l’hybridation prend ici la forme d’un gros dépoussiérage version 2011. Entouré de musiciens de studio rodés (dont Paul Hinojos, ex At The Drive-In), chapeauté par Ross Robinson (l’homme qui a fait sonner le nü metal), Hyro Da Hero accouche d’un Birth, School, Work, Death résolument organique et hautement énergique. Alors, oui, évidemment, la filiation avec le flow sautillant de Zack De La Rocha (Rage Against The Machine) et Urban Dance Squad saute aux yeux à chaque punchline. Vénère pour vénère, Hyro Da Hero pourrait être une énième resucée rap metal, il n’en est cependant rien. Le groupe a voulu sonner rock et accouche de vrais morceaux rock passés à la moulinette ghetto blaster west coast. Là où The Neptunes bidouille, trifouille et surproduit, Hyro Da Hero est brut et direct, à l’instar du titre « Ghetto Ambiance ». Exit aussi les références soul ou r’n’b. Certes, quelques reliquats dirty south sur les titres rap subsistent (« Grudge », « Man In My City »…). Quand on est natif de Houston, rien de plus normal. Mais le flow est juste, justement empreint d’un conscious rap lorgnant vers le grime londonien et ses MC’s virtuoses (Dizzee Rascal, Roll Deep Crew…). Non, la recrue Hyro Da Hero a su négocier sa rentrée des clashes le plus humblement possible. Encore tiraillé entre deux pôles supersoniques, on sent que la superposition des deux formules n’a pas encore atteint l’amalgame de l’imparable. Un mix bien senti cependant. Un rappeur qui prend la pelle, au final, ça n'est pas forcément synonyme de rateau.

photo de Geoffrey Fatbastard
le 28/03/2012

3 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 28/03/2012 à 12:28:03

"La rentrées des clashes", je vote pour ! :))

Ça faisait longtemps que j'avais pas entendu ce genre de mélange... Ça devait être sur les 2 premiers Body Count, ou sur le "Another Body Murdered" de Boo Ya Tribe / Faith No More

Geoffrey Fatbastard

Geoffrey Fatbastard le 08/07/2012 à 12:59:03

Toi, tu as la B.O de "Judgment Night"!

cglaume

cglaume le 09/07/2012 à 10:05:33

De larges extraits, oui ;)

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements