Illdisposed - Reveal Your Soul for the Dead

Chronique CD album (42:43)

chronique Illdisposed - Reveal Your Soul for the Dead

Quand on parcourt l’album-photo d’Illdisposed depuis ses débuts en 1991 (damned, aussi loin? Kevin doit penser qu’on est en train de parler d’un side-project d’Aznavour…), même si l’on reconnait parfaitement le bougre au fil des ans et des portraits qui défilent, on constate que celui-ci est passé par bien des changements de look. Non non, pas de pattes d’eph’, de mulet, ni de piercing dans le nez. Mais l'adoption d'une teinture blond-platine (la période Electro – très bonne, jaugée depuis mon clapier – de 1-800 Vindication et Burn Me Wicked), un rétrécissement notable du registre vocal (il fut un temps où Bo Summer savait régurgiter comme John Tardy – goûtez ça – et shrieker comme un corbeau – si si) ainsi qu’une garde-robe qui a dernièrement viré au noir (cf. Grey Sky Over Black Town et ses excursions dans le Black/Death). Ce qui n’a quasiment jamais changé par contre, c’est ce groove massif de mammouth guincheur, ces mélodies à l’héroïsme mélancolique, ainsi que ces charges de panzers qui ne s’essuient jamais les chenilles sur le paillasson avant de nous tartiner les oreilles de généreuses salves d’obus.

 

Et pour cette constance, cette abnégation, ce contrat-confiance rarement trahi, disons-le franchement: ici on aime Illdisposed. Comme un frère, comme un roi, comme une star de cinéma.

 

D’où cet enthousiasme récurrent à chaque nouvelle sortie, ce sourire niais et ces pupilles dilatées à l’annonce de l’arrivée imminente de Reveal Your Soul for the Dead. Sauf que, pour une fois, l’excitation était un peu moins fondée qu'à l'acoutumée…

 

Pourtant, sur l’intro dramatique « Reveal Your Soul… » – qui mélange agréablement lourdeur grésillante et ce mélange de puissance et de délicatesse mélodique que l’on apprécie chez les Danois – les choses commençaient plutôt sous de bons auspices. Et pour tout dire, tout se déroulait comme un plan du Hannibal de l’Agence Tous Risques – sans accroc ou presque – jusqu’à la peau de banane « We Must Endure ». Mais, si vous le permettez, rembobinons d'abord quelques minutes avant le drame… Jusqu'à « … For The Dead », morceau tout simplement éclatant et profond, notamment en son début. Pas de lézard non plus avec « With Hate », qui alterne charges massives et groove tortillon. « This Is Our Calling For The End » insère habiliment un riff à la At The Gates dans la trademark maison. Bon, c’est vrai, sur « … For The Dead » et « What Will Become? » déjà, on sent parfois comme une tristesse lancinante. Mais ce n’est qu’arrivé au morceau-charnière – « We Must Endure », donc – que le groupe semble véritablement baisser les bras, le groove certain mais néanmoins dégoulinant du titre ne suffisant pas à faire oublier une vraie mollesse, véritable mal endémique de cette nouvelle sortie.

 

De là le groupe ne se relèvera jamais vraiment. « To Sail You Away » et « She’s Not In Our Way » laissent entrevoir un groupe fatigué, « We Are One » fait du remplissage à partir de quelques beaux fragments mélodiques et d’un peu de groove’n’roll éprouvé, et le final « All Is Sworn », tout sauf renversant, sent la fin des soldes. Seul « Drink It All » réussit à faire renaître les sourires approbateurs sur sa deuxième moitié.

 

Alors forcément, on est un peu déçu. Parce que ce retour à la formule « zéro artifice » et cette mise en son par Dan Swanö nous avaient donné l’espoir d'une regain de panache, voire d’un nouveau grand album. Alors qu’il faudra se contenter d’un opus mineur d’Illdisposed. Pas nul à chier, non non, rassure-toi ami(e) fan. Mais clairement pas mémorable, et truffé de petits passages à vide tout à fait « zappables ». La bande à Bo Summer et Jakob Hansen est capable de tellement mieux… Un petit 7/10 donc, approché asymptotiquement par en-dessous, parce qu’on a connu cet élève bien plus inspiré.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Illdisposed 13, la revanche de l’ultime défi final. Répondent présents: les mélodies poignantes et héroïques, les guitares-blindés qui fument de la tourelle, le groove d’auroch’n’roll… Manquent à l’appel: la niaque, l’inspiration, le feu-de-l’ancien-volcan-qu’on-croyait-trop-vieux. Bon, on noircit un peu le tableau, mais la 2e moitié de l’album baisse trop nettement les bras pour qu’on s’enthousiasme vraiment. Bref: un album pas mauvais, mais clairement « zappable » par les non die hard fans.

photo de Cglaume
le 24/10/2019

5 COMMENTAIRES

mdgdsn

mdgdsn le 24/10/2019 à 15:25:38

tout d'accord, groupe que j'aime beaucoup (qui reste appréciable même sur les albums moins bon) mais je trouve ce dernier album vraiment fade et quelconque et peut-être celui que j'aime le moins de leur discographie (pas à chier non plus) ! un album sur deux de bien, déception, vivement le suivant donc

cglaume

cglaume le 24/10/2019 à 15:34:03

Ouais, on croise les doigts pour le prochain !

korbendallas

korbendallas le 25/10/2019 à 09:01:15

Ouais ben Illdisposed, pour moi, c'est terminé depuis "1800 vindications" ... je ne retrouve plus leur groove d'antan, c'est devenu vraiment basique ! Dommage .... SUBMIT !!!!! :) :) :)

cglaume

cglaume le 25/10/2019 à 09:07:57

T'es pas le genre à avoir des "écarts nostalgiques" avec tes ex toi. C'est honorable en amour, mais c'est dommage en musique ;)

korbendallas

korbendallas le 28/10/2019 à 09:29:49

C'est pas faute d'essayer pourtant ... je les ai tous écouté les Illdisposed mais je n'ai pas retrouvé ce que j'aimais chez eux.

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