Inferno (cz) - PARADEIGMA (Phosphenes of Aphotic Eternity)

Chronique CD album (35:50)

chronique Inferno (cz) - PARADEIGMA (Phosphenes of Aphotic Eternity)

Avec une carrière de vingt-cinq ans, une discographie à faire pâlir Rogga, des changements de line-up incessants, Inferno ne semble pas avoir perdu l’inspiration, la colère et la noirceur nécessaires à la création d’un Black Metal sincère. Au fil des années, le groupe s’est fait le spécialiste des albums live (cinq au compteur) et des sorties partagées. Un nouveau batteur a rejoint les rangs d’une formation dont le chanteur est le dernier membre originel. N’est pas AC/DC ou Motörhead qui veut, avec une si longue et prolifique carrière, la stagnation artistique n’est pas permise. C’est pour cette raison qu’Inferno a choisi la voie de l’expérimentation, explorant un genre où la nostalgie et l'hommage aux figures tutélaires sont à la mode.

Cependant, ne vos attendez pas de leur part à un quelconque métissage que le Trve jugerait contre-nature, ou des traces d’un héritage guerrier et viking ou encore des tendances progressives. Les Tchèques gardent chevillé au corps ce Black Metal haineux, radicaux ils sont, radicaux ils le restent. La production est volontairement brumeuse, floue, il est difficile de distinguer chaque instrument, hormis peut-être la caisse claire et la double grosse caisse. Le chant, en particulier, en est réduit à n'être qu'un élément d'ambiance. Les tempo lents ou moyens majoritaires, ainsi que cette mise en son si particulière, viennent renforcer l'ambiance cauchemardesque et fantasmagorique qui plane tout au long d'un disque dont il est difficile de démêler les intentions. Mais n'est-ce pas là l'essence même du Black Metal, cette difficulté d'appréhension, cette constante nécessité pour l'auditeur de démêler les intentions des musiciens ?

 

Avec Paradeigma (Phosphenes of Aphotic Eternity), Inferno propose un album résolument moderne, qui sait s'appuyer sur un, son, glorieux passé sans s'y perdre ou s'y prendre les pieds. En cela, on pourrait le rapprocher des terrifiants Mayhem. Tout comme ces derniers avec Daemon, les Tchèques viennent de publier une œuvre monumentale. Prenez un titre comme « Ekstasis of the Continuum », ravageur qui démontre toute la puissance de feu du groupe, avec son martèlement de batterie qui le fait monter en puissance avec ses arrangements électroniques discrets et flippants.

 

Je n'attendais pas grand-chose de ce nouvel album d'Inferno, je restais assez dubitatif face à l'emballement médiatique sur les réseaux sociaux, mais je dois bien le reconnaître, il m'a violemment scotché avec son Black Metal intelligent, tourné vers l'avenir.

photo de Xuaterc
le 08/09/2021

1 COMMENTAIRE

Seisachtheion

Seisachtheion le 08/09/2021 à 10:08:49

Yessssssss ! ❤️

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