Infestdead - Hellfuck

Infestdead - "Hellfuck"
chronique Infestdead - Hellfuck

Quand il décide de rendre hommage à une scène qui a contribué à lui révéler le côté obscur de la 6-cordes, Dan Swanö applique une formule bien à lui. D’abord, souffler son auditoire avec un EP aussi brûlant et spontané qu’une discussion entre un ado’ et son rouleau de sopalin préféré. Puis enfoncer le clou dans le poignet christique avec un album longue durée qui met tout le monde d’accord. Ainsi, quelques années avant qu’il prête allégeance à Entombed via la doublette Breeding Death / Resurrection Through Carnage, l’homme-orchestre qui officie au sein du Unisound Studio avait déjà testé une première fois sa formule miracle sur l’autel de Deicide en enchaînant Killing Christ et Hellfuck. Et bordel, quels méchants coups de trident dans le fessier!

 

Après vous avoir dit tout le bien que nous pensions du premier et court manifeste messiecide sorti en l’an de grâce 1996 par l’habituellement placide Suédois, passons si vous le voulez-bien à l’invitation à une infernale partouze lancée par celui-ci une petite année plus tard. Et il faut bien reconnaître que la chose n’est pas vraiment calibrée pour de telles réjouissances, les morceaux proposés sur Hellfuck étant plus courts et plus secs encore que sur Killing Christ.

 

« Plus courts et plus secs? Tant pis: on va s’en enfiler 3 fois plus! »

 

Madame est gourmande: c’est tout à son honneur! En tout cas cela résume bien la vision renouvelée que Dan a du Death satanique à la Deicide: les titres doivent être durs et brefs comme un claquement de fouet sur les miches. Le riffing est donc nerveux et vindicatif, le fiel coule à flot, les morceaux ne dépassent pas les 2 minutes... Et, pour compenser, la tracklist doit déborder de blasphèmes divers et peu variés (24 titres quand même, oui oui). Glen Benton peut être fier de sa progéniture européenne!

 

Hellfuck, c’est donc une collection de soli excessifs, de menaces proférées à l’encontre de la chrétienté, de sprints haineux et autres incontournables des messes noires métalliques réussies. On notera un triplet de pauses ambiantes pas indispensables mais pratiques pour courir dans la cuisine chercher un supplément de chips au soufre (« Rebirth », « Hellfuck » et « Amen »), de petites incartades en dehors du pur pré carré Deicide / Legion / Once Upon The Cross (parmi lesquelles la très bonne interlude « suseJ lliK ot tolP ehT », un riff portant nettement le label Cannibal Corpse sur « Hellborn », et le bonus caché « [Bestial / Christian] Genocide »), et enfin quelques morceaux qui marquent durablement. Comme le furieux « The Desecration of Christ », aussi velu et direct qu’inspiré. Comme « The New Empire » et sa juteuse et fulgurante accélération à 0:40. Comme « Mercenary, Merciless » et les coquetteries guitaristiques qui suffixent le riff principal. Comme l’échevelé « Darkness Complete » qui fait dans le maximalisme en terme d’approche Pan-Dans-La-Gueule. Comme le « facile » mais accrocheur « Heaven Denied ». Comme la belle estocade « Bewitch The Virgin ». Comme un « Hellborn » précis et cruellement sans pitié. Comme, comme, comme… 'z'avez compris le truc: ça enchaîne sucreries infernales sur gâteries maléfiques!

 

Du coup, arrivé au bout de cette grosse demi-heure on aurait presque l’impression que Dan Swanö est le pire des suppôts de Satan rampant de ce côté de l’Atlantique! Belle performance d’acteur quand même, vous avouerez… En tout cas, que l’homme aime ou pas manger des moines au petit-déjeuner, on s’en bat le missel: Hellfuck est un virulent manifeste death métallique situé dans la fidèle et fervente continuité de Deicide, et si la grande époque de ce groupe vous manque, vous trouverez ici un complément idéal à votre régime pauvre en nouveauté affriolante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: le goût de Deicide, l’odeur de Deicide, les cornes et les sabots fendus de Deicide... Le tout sans l’arrière-goût américain? C'est possible. Si si, Dan Swanö a réalisé cet exploit au siècle dernier. Mais rien à voir avec du Tourtel Death Metal ou du Canada D[r]iable: Hellfuck – comme son nom l’indique – défonce!

photo de Cglaume
le 08/08/2016

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