Insanity Alert - 666-Pack

chronique Insanity Alert - 666-Pack

Des zombies gluants, le crayonnage d'un recalé au concours d’entrée de la Tales From The Crypt Academy, des faux airs de démo de groupe de Thrash/Death colombien… Se pourrait-il qu’Insanity Alert ait troqué les casquettes et les bermudas du Crossover Thrash pour les bracelets cloutés et les cartouchières de Gehennah et Infernö? Non, pas de danger: la binouze bien fraîche, c’est quand même plus agréable sous les palmiers de L.A. (Innsbruck, vraiment?)! Et puis il reste quelques rampes de skate que ces sacrés garnements n’ont pas encore testées… Cette pochette peu ragoutante, bien loin des délires flashy à la Repka auxquels nous sommes habitués, sert plutôt à souligner le côté jouissivement régressif de l’exercice auquel se prêtent une fois de plus les plus célèbres des vassaux[-trichiens] de Municipal Waste.

 

Mais où en était-on déjà avec eux? Un premier album « auto-intitulé » en 2014, un Moshburger grassouillet en 2016, un rappel à l’ordre en 2018, via la réédition par Season of Mist de l’acte de naissance évoqué quelques caractères plus tôt (c’est d’ailleurs à cette occasion qu’on les découvrait et qu’on vous en parlait en ces lieux)… Puis, finalement, ce 3e album au titre imperfectible (… mais pas inédit, Metal Archives recensant un groupe et pas mal de compos – dont une de Tankard – portant ce blaze) qui tombe juste au bon moment, quelques semaines après l’annonce de la présence du groupe sur l’une des Main Stages de l’édition 2019 du Festival de l’Enfer. Mais tout ça ne serait rien de plus qu’une goutte d’eau dans le tsunami quotidien de nouveautés métalliques si le premier album – dont on n’arrête décidément pas de parler dans ce second paragraphe – ne s’était avéré aussi excellent, un véritable OVNI dans le monde très balisé, et donc forcément un peu sclérosé, du Crossover Thrash à-fond-à-fond-le-houblon. Un vrai coup de force, à comparer avec le Hazardous Mutation de la Décharge Municipale, album qui, en son temps, avait fortement contribué à refaire du Thrash à l’ancienne – option bandana – un style à la pointe de la hype.

 

Alors, un pack de 8.666, ça cale ou ça coule tout seul? Eh bien si l’on s’arrête à l’impression que laisse « Thirstkiller », the first morceau of the nouvel album, non seulement ça coule tout seul, mais en plus ça laisse un méchant goût de reviens-y. Faut dire qu’un instru’ qui cavale autant, ça donne envie de se tenter la descente du versant nord du Krakatoa en longboard une binouze à la main, le million de décapsulages quasi-simultanés qui ouvre le morceau annonçant aussi clairement que joyeusement le menu du jour! Parmi les compos qui huilent le siphon à houblon, il y a encore « Why So Beerious? », qui cavale gaillardement sans trop laisser l’impression d’un gênant déjà-vu, « I Come, I Fuck Shit Up, I Leave », qui fout le boxon comme un vilain roquet punk, et le final « Dark Energon », qui ré-équilbre un peu la balance entre Thrash pur et Thrashcore, et finit sur un jouissif pied de nez consistant en un incessant ping-pong de solos que seul le fade out final vient éteindre. A cela viennent s’ajouter quelques poilantes pantalonnades, comme « Mosh Mosh Mosh » qui adapte le « Boys Boys Boys » de Sabrina à la sauce moshpit, « Saturday Grind Fever » qui fait un tour sauvage par le « Stayin’ Alive » des Bee Gees, et l’appel au lynchage des Milli Vanilli qu’est « Windmilli Vanilli »…  Et puis c’est marre: 6 morceaux (dont 2 reprises Ultra Vomitesques) vraiment cool sur 21. Ça fait pas lourd en fait.

 

Alors oui, on parle bien de 21 morceaux, parce que les Autrichiens restent cette fois encore en mode « grind », avec 3 titres de moins de 10 secondes (des blagounettes sur Slayer, MC Hammer et les jeux d’antan qui faisaient plein de BipBip 8bitesques) et seulement 7 morceaux dépassant de peu les 2 minutes. Le problème c’est que si la majorité s'avère sympatoche-ok-tout-ça, elle n’apporte par contre pas grand-chose de nouveau ni de plus excitant que ça au grand moulin du genre. Alors c’est sûr on headbangue, on lève l’index et l'auriculaire, on rote sa Bud avec vigueur, mais ça aurait tout aussi bien pu être la même avec le 5e CD de The Satanic Demembratorz, ou avec le 6e de Hostile Valstar Orgy. Et vas-y qu’on avale le bitume à 110 sans avoir passé la 4e, et vas-y que ça remonte les manches jusqu’aux épaules pour jouer à t’as-vu-l’bestiau avec les copains coreux, et vas-y que ça taillade un A cerclé à coups de rasoir sur l’affiche du candidat LREM local… M’enfin ces riffs fortement parfumés aux vieux Slayer, Nuclear Assault, Suicidal & co, merci, on connait. Et le problème c’est que la phrase suivante (là, juste après les 2 points) qui figurait dans le chronique du premier album, n’est aujourd'hui plus franchement aussi pertinente:

 

« [...] Insanity Alert réussit à conserver notre attention et notre appétit tout le long des 15 titres de cette réédition de leur 1er album. »

 

M’enfin soyons honnêtes, le groupe a ici largement de quoi nous claquer sauvagement les bretelles, pourvu que ce soit effectué depuis le haut d’une scène. Parce que c'est dans ces conditions que la fête et l'alerte sont les plus folles! Alors préparez vos crocodiles gonflables, sortez vos mitaines porte-slammeurs-cosplay: on se retrouve dimanche 23 juin à Clisson pour fêter tout ça dans la Kro et la bonne humeur!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: 666-Pack a beau être un peu moins carton que l’album ressorti l’année dernière par Season of Mist, on peut toutefois le résumer comme son excellent aîné: Mooooooooooosh, Speeeeeeeeeeeeed, Beeeeeeeeeeeer and FUN!!!

photo de Cglaume
le 01/02/2019

3 COMMENTAIRES

korbendallas

korbendallas le 18/09/2019 à 10:38:46

Mark Riddick pour l'artwork ;)

cglaume

cglaume le 18/09/2019 à 10:50:20

Riddickule ? Heureusement qu'il n'est pas francophone :D

korbendallas

korbendallas le 18/09/2019 à 16:24:50

Il est renommé dans les milieux autorisés :)

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