Iron Maiden - Iron Maiden

Iron Maiden - "Iron Maiden"
chronique Iron Maiden - Iron Maiden

On est en fin d'après-midi et Kevin Smith pousse la porte de la boutique, faisant tinter la petite clochette. Le patron, derrière son comptoir lève à peine les yeux de la lecture de son NME, reconnaît le gamin et le gratifie d'un bref "Hi", puis retourne à sa lecture. Kevin fonce directement vers le rayonnage qui l'intéresse, il n'est pas là pour perdre son temps, il sèche sa dernière heure de cours de la journée pour accomplir sa quête ici. Il attrape l'objet de ses désirs et contemple le carré de carton: ce visage de mort-vivant émacié aux yeux fous semble prêt à lui sauter à la gorge. Jusqu'à présent, il ne connaissait que sa silhouette surgissant de l’ombre, son visage invisible du single qu'il avait acheté il y a quelques mois. Jamais il n'avait vu de pochette si détaillée ni flippante. Après de longues minutes d'observation, il retourne l'objet: tous ces titres, il les connaît déjà, pour avoir vu le groupe plusieurs fois en concert dans des petits clubs de l'Est End londonien. Mais tient, "Sanctuary" manque à l'appel. Tant pis, c'est la face B du single. Quand il rajoutera quand il se fera un cassette pour le bahut. Il dépose les quelques pièces qu'il a gratté de l'argent du déjeuner, il n'a pas d'argent de poche, les temps sont durs pour sa mère dans l'Angleterre tatcherienne de ce début de décennie.

 

A peine rentré chez lui, il verrouillé dans sa chambre, la galette de cire posée sur la platine. Il a à peine le temps de se saisir de sa guitare en carton et de sauter sur son lit que les enceintes crachent déjà les premiers accords de "Prowler". Le son est cru, sauvage et puissant, à l'image des prestations live du groupe. La basse galope et fait vibrer les carreaux sales de sa fenêtre. Le voilà qui se met à hurler en chœur le « I’ve just got to find my way! ». Il fait mine d'ignorer les protestations véhémentes de sa mère qui tambourine à la porte. Kevin est heureux, il retrouve chez lui, au calme, tous les tubes de ce qui est déjà son groupe favori. Pour lui, tous les Deep Purple, Black Sabbath et autres Led Zep' sont des groupes de grand-pères; et ces punks, à peine bons boire des bières et essayer d'aligner trois accords. Mais là, c'est le vrai truc, le truc qui va tout emporter, Neal Kay à raison. Dave Murray et Dennis Stratton aux guitares enchaînent riffs rageurs, mélodies entraînantes et arpèges classieux. La batterie tabasse tout, avec sa frappe lourde. Paul Di'anno, n'est pas le plus grand chanteur du monde, mais son style, ni complètement hardos ni keupon, il a la gnack, et sait se faire plus cajoleur, sur les passages plus calmes.

 

Arrivent "Remember Tomorrow" (où le groupe fait preuve d'émotion et de finesse ), puis le tube "Running Free" et surtout "Phantom Of The Opera" : une avalanches de riffs tous plus géniaux les uns que les autres, un vrai opéra à lui tout seul. La face A est finie, Kevin saute de son lit, mais les enceintes crachent un « Track to me back at your lair » après quelques secondes de silence. L'ado sursaute. Le bras de lecture revient à sa place, le disque s'arrête de tourner. Kevin peut le retourner et s'enchaînent l'instrumental"Transylvania", "Strange World", "Charlotte the Harlot" en enfin "Iron Maiden". Cette face est moins marquante à écouter dans sa chambre, alors qu'en concert, ils finissent toujours dessus, au taquet. « Iron Maiden wants you... dead ! ». Et c'est fini. Plus qu'une chose à faire, recommencer... Et sa mère qui continue à gueuler. Il s'en fout, « I'm running free ».

 

photo de Xuaterc
le 07/08/2016

2 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 07/08/2016 à 14:24:58

Ah bordel, quel premier album !

Ian McKaye

Ian McKaye le 07/08/2016 à 17:56:55

Ça oui le Maiden des 80's c'était vraiment magique... De l'epo à Seventh Son, sept albums incroyables de génie créatif !!!!

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