Kampfar - Ofidians Manifest

Kampfar - "Ofidians Manifest"
chronique Kampfar - Ofidians Manifest

Les maîtres norvégiens du Pagan Black sont de retour.

Cassons le suspens en petits morceaux, d'entrée, ils se font encore passionnants, après presque 25 ans de carrière. Dolk et ses sbires ne sont toujours PAS là pour animer douillettement les longues soirées câlines au coin du feu ou la chasse au lapin du jour de Pâques.

 

Car, dès "Syndefall", la voix glaçante et dominatrice du maître de cérémonie instaure l'ambiance typique du combo.

Haineux comme toujours, Dolk déclame aussi, frôlant la rupture et hurle à la lune comme un possédé, béni par le Grand Serpent lui-même dont il se fait le prêtre.

Et quand il se fait épaulé par la parfaitement inquiétante Agnete Kjølsrud (Animal Alpha, Djerv) sur "Dominans", des frissons remontent le long de notre échine dorsale. Nous plongeons dans les Temps anciens pour contempler la cruelle Acheron. Nous voyons des paysages indicibles, des tours cyclopéennes nés de l'imagination de Lovecraft et d'Howard.

C'est tout juste si on ne perçoit pas une odeur squameuse en distinguant un mouvement dans l'ombre, rappelant à notre cerveau reptilien pourquoi il faut avoir peur du noir. Surtout quand des chœurs sacrés se glissent derrière les idoles de jade ("Ophidian"). Les Ouh! barbares de "Eremitt" sont là aussi pour nous nous terrions au fond d'un trou. Un artifice? Ouais qui marche pas mal avant le combat.

Car comme à son habitude, Kampfar se fait captivant et vindicatif, nous envoûtant pour mieux nous terrasser de sa subtile violence.

En effet, si la sauvagerie persiste toujours, elle se love au milieu de mid-tempo, désormais marques de fabrique du groupe et qui lui permettent de construire des morceaux parfaitement équilibrés. Le riffing possède alors toute la froideur d'une peau écailleuse et le mordant de crochets venimeux. La guitare au début de "Natt" peut même rappeler l'intensité des débuts du combo. On peut préciser que Ole vient de Mistur. Pas un orvet donc.

Au rayon des réelles surprises le virage étonnamment mélodique du très classique "Eremitt" agit comme un décalage étrange. Mais encore une fois, avec les Norvégiens, tout semble glisser. Sur "Skamlos !" , les gars sortent également de leur zone de confort en abandonnant quelque peu le Black pour quelque chose de plus prog mais qui s’intègre dans l'ensemble, comme par la sorcellerie la plus noire. Car c'est bien la cohérence sans faille qui règne ici.

"Del Sorte" atteint alors le sommet du tourment. Le morceau est long, plus de huit minutes, et Marianne Maria Moen, en guest vocal, apporte une touche aérienne et mélancolique à ce bijou de noirceur.

 

Avec son nouveau logo et sa pochette baroque ("Tête de Méduse", Pierre Paul Rubens 1618), Ofidians Manifest est une plaque puissante et sombre sans aucun point faible dans sa progression dramatique et qui affirme encore une fois la suprématie de ce combo indispensable qu'est Kampfar.

photo de Crom-Cruach
le 10/05/2019

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