Kayo Dot - Coyote

Chronique CD album (39mn)

chronique Kayo Dot - Coyote

Voilà, on aura terminé cette première décennie 2000 par l’éclatement minutieux et dévastateur de toutes les parois musicales. Les chapelles brulent encore au loin devant une cohorte enracinée d’Ayatollahs de l’étiquette. Sale temps de cendres pour les chroniqueurs qui ont la rude tâche d’amener le lecteur dans un terrain connu tout en laissant suffisamment  d’espace, de respiration à la musique proposée et aux chemins empruntés par les géniteurs de l’œuvre. Alors Metal, pas Metal ?

 

Essentiellement instrumentales, les 5 pièces de Coyote se passent royalement de guitares, oui pas l’ombre d’une six cordes à l’horizon. En plus dans l’ambiance générale, il y’a un relent New-Age assez agaçant. Ça ne va pas faciliter le travail pour l’oreille distraite.  Allez rassurez-vous un peu, l’album sort chez Hydrahead, pas de novices en matière de musique extrême. Le mot est lâché,  extrême. Compte-tenu de la longueur et la langueur des titres, on peut parler de musique jusqu’au-boutiste. On se souviendra que Kayo Dot sort son premier album Choirs of the Eye en 2003, sur le label de John Zorn, Tzadik ; vous situez ? On est aussi loin de Cali que de Status Quo.  Déjà comme dans toutes belles plaques jazzy, les cuivres ont une place rayonnante. Impossible de passer sous silence le diptyque « Abyss Hinge » 17 minutes et 25 secondes, véritable fête foraine des sens, des émotions, mais bon sang ce satané relent New-Age Flower and Peace, mince quoi !  Bon, on peut admettre que le groupe cherche à adoucir son propos. Le disque étant dédié à Yuko Sueta, réalisatrice japonaise atteinte d’un cancer du sein pour laquelle la communauté artistique new-yorkaise s’était mobilisée.  L’artiste décède pendant la préparation de ce disque.

 

Kayo Dot recèle de nombreux atouts pour faire avancer son œuvre reptilienne, la présence en maître d’œuvre de Toby Driver, quasi-inconnu, ici en Europe, le bonhomme était le leader d’un important groupe de Metal plutôt expérimental  dans les 90’s, Maudlin of the Well. De ces origines, on y retrouve des parties batteries complexes, soutenues. La basse porte la charge mélodique, le violon se meut parfois en machines à riffs, j’exagère un peu, on n’est pas chez Machine Head, hein ! Enfin des cuivres forts et subtils et une kyrielle invraisemblable de clochettes, bouzoukis, xylophone à faire passer Sigur Ros pour un aimable groupe de folk-feu de bois (ce qu’ils sont parfois, il est vrai). Metal ou pas Metal ?

 

Pour le grand public (sic), c’est bien du côté des islandais qu’il faut tenter de poser cette plaque.  Mêmes premières impressions de langueurs un peu grossières et surchargées à la première écoute avant que la seconde dévoile toute la subtilité de l’ouvrage, les recherches pertinentes dans les arrangements et une posture très respectueuse devant la multitude de genres abordés, toujours « Abyss Hinge ». Le groupe s’offre même en entrée un véritable ( ?) single avec  le délicieux « Calonyction Girl ». Eprouvant mais attirant.

photo de Eric D-Toorop
le 16/04/2011

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