Kodiak + Nadja - split Kodiak et Nadja

Chronique Vinyle 12"

chronique Kodiak + Nadja - split Kodiak et Nadja
Belle surprise de retrouver le groupe Kodiak après leur splendide premier album, aussi bien accompagné qu’en la présence de Nadja, duo prolixe de la scène drone-ambiant. Un morceau par groupe (et donc par face) d’une vingtaine de minutes en guise de repas dont on ressort rassasié, et un bel effort de la part du trio teuton qui sait se renouveler. Je ne vais pas vous le cacher, j’ai craqué sur Kodiak depuis leur début, et c’est leur morceau qui m’a le plus touché sur ce split, n’y voyez pas là un boycott quelconque.

Si Nadja nous a plus ou moins habitué à un drone cradingue, très froid, ambiant, pesant depuis ses premiers EP, Kodiak s’est fait remarqué par un post-rock teinté de doom aéré, voluptueux, très inspiré et frais. Un split très intéressant de prime abord donc, car les deux groupes évoluent dans un univers musical assez éloigné l’un de l’autre. Et ce qui fait la force de cette sortie vinyle, c’est comment un groupe s’est approprié l’univers musical de l’autre, et vice-versa. En effet, Kodiak qui ouvre le bal avec « MCCCXLIX The Rising End » s’éloigne de ses mélopées aériennes habituelles et vient teinter de sons plus ambiants et froids sa musique. On observe ainsi un paysage beaucoup moins solennel qu’a l’accoutumée avec des nappes de noise et de drone plutôt menaçantes. Comme si tout au long de ce morceau le groupe annonçait le déluge, ou au contraire dépeignait un monde après la pluie. On retrouve ainsi une touche Godflesh dans cette ambiance post-apocalyptique, mais avec une note d’espoir, une percée du soleil à travers les nuages (la fin du titre particulièrement réussie). Ce petit côté Dirge, HKY (cocorico), voir peut être Asva est fort agréable et on sent ainsi tout le travail sur ce morceau qui nous amène d’un bout à l’autre dans son monde dévasté. On est loin du post-rock mielleux et désespéré qui pense qu’une musique nostalgique et torturée rime avec niaise et molle ; que ca soit sur son terrain habituel ou dans cette direction plus sombre Kodiak se démarque et est pour moi un vrai coup de cœur.

Nadja quant à lui propose un titre plus convenu dans l’ensemble, mais prend bien le train en marche en s’adaptant (je trouve) à l’ambiance posée par Kodiak sur l’autre face du LP. Un morceau peut être plus tranquille qu’à l’accoutumée, plus serein et moins sombre, qui nous fait également voyager avec plus de sagesse dans son univers musical. Toujours épuré, sans pour autant être dépouillé, l’esthétique reconnaissable de Nadja fait mouche, et c’est un très bon morceau que ce « Kitsune Fox Drone » avec ses nappes légères qui s’intensifient au fur et à mesure du morceau. Une belle échappée sonore dans un monde certes désolé mais qui semble sur le point de connaître une nouvelle genèse, laissant entrevoir un avenir moins sombre à sa surface. On respire.

Une réussite d’un côté comme de l’autre pour des groupes qui montrent avec un tel split qu’ils sont capable de grandes choses, inventives, bien pensées et avec leur couleur propre. Au final ces deux titres passent très bien et donnent envie d’en découvrir plus (pour Kodiak en tout cas) car il y a du potentiel là-dessous. Un LP qui devrait vous réconcilier avec la musique dite « lente » Rien à redire pour le style, pour le format, pour les groupes, du tout bon.
photo de Viking Jazz
le 08/02/2010

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