Konkhra - Alpha and the Omega

Chronique CD album (55:33)

chronique Konkhra - Alpha and the Omega

Si je vous dis « Je fais partie des rares groupes de Metal extrême danois à s’être fait un nom à l’internationale. J’ai surtout brillé au siècle dernier. Je suis, je suis… »

 

Illdisposed?

Iniquity?

Dominus?

Hatesphere? (Au siècle dernier on te dit!! )

 

Eh non. Konkhra. Vous les aviez oubliés pas vrai? Parce qu’ils ont eu beau sortir un album en 2003 et un autre en 2009, on en a autant parlé que de la dernière coloscopie de David Pujadas. Leurs faits d’armes les plus marquants restent Spit or Swallow (1995), sur la pochette duquel une ravissante mal-voyante faisait preuve de générosité buccale auprès d’un gredin prêt à tirer son coup, et Weed Out the Weak (1997), plus influencé par le Groove metal alors à la mode, et dans le line-up duquel figure rien de moins que Chris Kontos (Machine Head) et James Murphy (Disincarnate, Cancer, Death, Obituary, Testament & co).

 

Eh bien figurez-vous quoi… Vous tremblez d’impatience pas vrai?… Le groupe revient 10 ans après son dernier méfait pour nous proposer un septième album rassemblant son line-up des tous débuts! Alors, c’est la fête ou c’est pas la fête?

 

Forcément, comme on assiste tous les 4 matins à des reformations qui nous en remuent une sans toucher l’autre, on arrive à encaisser l’information sans risquer la surchauffe nerveuse. Néanmoins, vu qu’on avait découvert Spit or Swallow à peu près en même temps que l’EP Return from Tomorrow d’Illdisposed et le Serenadium d’Iniquity – et qu’on garde un relativement bon souvenir de certains de ses morceaux, comme le lourd « Life Eraser » et le punky « Facelift » – on n’était pas mécontent de retrouver les lascars. Sauf qu’il ne s’agira pas ici de ces retrouvailles synonymes de chaleureuses embrassades et de larmes de joie. Parce que sur de nombreux points, Konkhra n’a pas changé – au moins on ne pourra pas leur reprocher ça: toujours le même manque de finesse, toujours ce Death à large nuque trempé dans un Thrash des plus rugueux (on dirait du Sepultura époque Beneath The Remains, mais en bien moins dégrossi), toujours ces hésitations stylistiques entre Death qui bave, Thrash / Death qui cavale et Groove metal qui aguiche. Plus un chant qui gruik’n’growle sans beaucoup de variation, et un son brouillon de chez brouillon, genre grands carreaux, sans marge, et en papier recyclable tout dégueulasse.

 

Dès les premiers titres, ça meule efficacement mais bovinement, avec des saccades faciles et du growl linéaire, tout ça faisant clignoter « Bas du Front » en lettres rouges devant nos yeux aux paupières alourdies. Alors oui, ça groove, mais un peu comme une limousine (la vache, pas la caisse) se chauffant les cervicales en faisant des allers-retours entre le broutage de luzerne et le matage du TER Limoges – Brive de 9:59. On pense parfois aux voisins d’Illdisposed (d’ailleurs les chœurs de « Thoth », c’est pas un peu les mêmes que ceux de « Die Kingdom », mmh?), parfois à un Nile du pauvre (« Thoth » encore), parfois à The Haunted et ses disciples (le riff ouvrant « By Instinct Be Driven »), parfois à Sepultura période Chaos AD / Roots (« Misled »), parfois à Sepultura période Arise (« I Am Ra »)… Et parfois carrément à Machine Head, « Sandblasted » incluant même un peu de chant clair pour que le trouble s’installe encore plus durablement (je suis le seul à trouver qu’on pourrait sans mal caser un « Let Freedom Ring With a Shotgun Blaaaast » là-dedans?).

 

Reconnaissons qu’on réussit quand même à trouver de quoi se détendre la nuque et dégainer la "air guitar" sur les titres les plus Thrash (« I Am Ra », « Divine Wind », et surtout le très virulent « Floodgates »), ainsi que sur le simple mais très efficacement reptilien « Babylon ». Mais au final ce sont quand même les bâillements qui prédominent. Du coup ce retour aux affaires est plus celui de Quelconkhra que celui de King Konkhra (à album tiédasse, jeu de mot final miteux…)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Konkhra revient après dix ans de sieste… Et il n’a manifestement pas changé ses vêtements depuis lors! Même Death / Thrash balourd et rugueux, même growl linéaire, même compos assurant le minimum, même odeur de renfermé. Plus une prod’ salement broussailleuse, qui ne donne pas envie d’insister plus que de raison. Les amateurs trouveront quand même dans ce 6e album quelques titres qui surnagent un peu dans cette épaisse purée, mais pas de quoi transformer cette plâtrée décibellique sans finesse en un bon petit gueuleton de retrouvailles….

photo de Cglaume
le 15/11/2019

5 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 15/11/2019 à 11:29:05

Le cul entre deux chaises, une espèce de groove metal en retard de 20 ans.

korbendallas

korbendallas le 15/11/2019 à 13:32:35

Le metal danois est parti en couilles de toutes façons ... Illdisposed n'est plus que l'ombre de lui même depuis 1800 vindications, Hatesphere, ne s'est pas remis du départ de Jakob ... où est passé le groove d'antan de ces groupes ??? :)

Seisachtheion

Seisachtheion le 15/11/2019 à 14:24:27

Bordel, Konkhra ! Je les ai vus en concert y a 20 ans !!!
Cet album sent vraiment trop la naphtaline...!

Xuaterc

Xuaterc le 15/11/2019 à 15:51:41

En octobre 1999 au Jimmy avec Napalm Death...

cglaume

cglaume le 15/11/2019 à 16:53:49

On fait une belle brochette de vieux schnocks :D

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