Krabathor - Orthodox

Krabathor - "Orthodox"
chronique Krabathor - Orthodox

Manifestement la Croix Rouge a carrément plus la cote. Bah si: elle, lors de ses campagnes de renflouement des caisses, elle peut compter sur une Adriana Karembeu pour pousser le chaland à déposer son offrande au fond du sopal… euh, de la sébile des fervents bénévoles s’activant au sein de cette association dont le défaut majeur est de ne pas être areligieuse. De son côté, par contre, l'ARC – l’Association pour la Recherche sur le Cancer – a beaucoup souffert du scandale lié aux agissements de son fondateur, Jacques Crozemarie. Du coup, en guise de people, l’association n’a guère pu s’offrir que les services d’un obscur groupe tchèque dont la mission, dès lors, fut de growler à la face du monde que la Crabe à Tort.

 

** Silence de mort. On pourrait entendre un facepalm voler… **

 

En quelques phrases, vous venez d’assister à une démonstration par l’exemple de comment repousser efficacement, en une seule blague ripou savamment choisie, l’éventuelle poignée de lecteurs capables d'encaisser la lecture d’une loooongue chro' rétro.

 

Classe non?

 

... Non?

 

Bon, allez, juste le temps d’enfiler mon costume de Cobra Commander et, Moule à gaufres!, on repart sur de bonnes bases!

 

Krabathor est – aux yeux de la plupart du moins – le grand patriarche de la scène extrême tchèque. Officiellement apparu sous ce nom en 1987, ses membres fondateurs faisaient en fait déjà du bruit depuis 1984, et ce au sein de 4 formations successives dont les exploits n’eurent que peu d’écho en nos vertes contrées françoises. Son nom – contrairement aux inepties narrées en ce début de chronique – vient en fait de « Krabat », personnage principal d’un conte teuton que ne connaissait a priori pas ma Mère Grand. Et Orthodox (on y arrive enfin!) est son 4e album. Un opus qui touchera d’autant plus de monde que le groupe sera invité à longuement propager cette bonne nouvelle sur scène en compagnie de Cannibal Corpse, Malevolent Creation et Master. Ce qui, vous en conviendrez, peut aider à attirer l’attention des amateurs de musiques brutes de décoffrage.

 

Mais ce stage live intensif ne suffit pas à expliquer l’engouement qu’a pu provoquer cette galette à l’époque de sa sortie. Bien sûr que non. Le secret c’est juste que ces 9 titres butent. Là. Autant l’écrire dans un style aussi simple que celui pratiqué par ces beugleurs de l’Est. Car les p’tits gars de Krabathor ne sont pas des Necrophagist en herbe. Ils attaquent méchamment, frontalement, massivement, sans faire de quartier, comme un bon vieux Cannibal Corpse old school – mais portant treillis, et sans bidet engorgé en guise d’œsophage. Prenez la tuerie qu’est le morceau-titre: pas de prise de tête, pas de fioriture. Ça décapsule violemment de la grenade et… BOUM!, ça produit suffisamment de carpaccio humain pour rassasier une pleine tablée de Hannibal Lecter. L'attaque est frontale, certes, mais magnifiquement pensée, avec intervention successive et imparable des bombardiers, des blindés, des tirs de mortier et de la sulfateuse à canon sciée. Plus de dents, plus de munitions, plus un bruit... Comme annoncé sur la pochette, Orthodox allie la sauvagerie la plus crue et l’artillerie la plus lourde. Et allez savoir comment ils font: tout ça n’est pas seulement extrêmement efficace, c’est également marquant, irrémédiablement. On ne risque pas de confondre cette tuerie avec la nuée d’autres morceaux du genre!

 

Et ça continue comme ça pratiquement tout du long, avec cependant plus de nuances. Eh oui, pas de surprise: pour réunir une telle collection de bombasses sur une unique galette, il faut proposer un peu de variété dans les dosages: ça marque d’autant plus les victimes. Ainsi, si « Liquid » continue à gambader sur le champ de bataille, c’est en balançant un riff mélo-létal qui pourrait aussi bien être sorti des ateliers Death que des usines At The Gates (bim, à 0:18). Puis ça enchaîne sur une furieuse soufflante d'un blizzard quasi-Black. Si si. On remarque par contre que, décidément, ces solos stridents et peu élégants sont tout sauf indispensables. Ça ne va pas jusqu’à gâcher le paysage, mais on s’en serait passé, crénom! Les bonnes surprises continuent cependant de débouler, d’abord sur un « Shit Comes Brown » dont la thématique, la durée et la virulence auraient pu le conduire aux limites du Grind… Puis sur un « To Red Ones » à la fesse plus lourde et le sex-appeal moins flagrant – heureusement, ce refrain véhément remonte efficacement le niveau. A savoir quand même que si ce titre est l’un des moments les moins marquants de l’album, « Body  As A Cover » et « Tales of Your History » ne sont qu’un poil meilleurs, le niveau de pithécanthropie général de ce dernier n’étant rehaussé que – une fois de plus – par un refrain au groove visqueux parfait! Et par un solo pour une fois plus que potable.

 

Les 3 morceaux ayant jusqu'ici échappé à la lourdeur du présent track-by-track sont autant de réussites incontestables. Ainsi « Touch The Sun » aère quelques parties tranquillement frontales par des passages plus mélodiques, plus spatiaux – plus Prog? – qui une fois de plus pourront rappeler Death. Un cran au-dessus, « Parasites » attaque d’emblée avec une ligne de basse marquante – « légendaire », même, d’après ma pomme –, puis continue sans jamais connaître de moment de faiblesse, d’assauts virulents mais imperceptiblement mélodiques en contre-attaques foudroyantes. Puis, soudainement, un synthé s’invite pour poser des nappes solennelles qui – non non – ne ruinent en rien l’impact de la chose. D’autant que s’il adopte une vitesse de croisière globalement moins importante, ce titre ménage quelques accélérations d’autant plus meurtrières, et offre un final incroyable, ample, grave, et pachydermiquement sexy (ça ne se dit pas, mais ça l’est. Alors hein… ). C’est bien simple: on croirait entendre un excellent titre de Morgoth, les gros biscotos en plus.

 

Aussi parfait que peut l’être un album officiellement ancré dans un genre à ce point viscéralement rugueux, Orthodox est un bon exemple de ce qu’a à offrir de meilleur le Death Metal quand celui-ci revient à ses fondamentaux. Massif, old school, son aspect frontal / brutal ne doit pas masquer – finalement – une « certaine sophistication ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Orthodox, où comment un Death à la brutalité et la (fausse) frugalité quasi-militaires peut, en plus de se révéler excessivement jouissif, receler milles imperceptibles subtilités. Un indispensable. 

photo de Cglaume
le 26/02/2017

5 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 26/02/2017 à 12:12:44

Et dans les paroles y causent de quo hein ?

cglaume

cglaume le 26/02/2017 à 12:41:53

'y disent qu'ils sont pas contents mais qu'ils ne voteront certainement pas pour Macron !

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 26/02/2017 à 12:55:34

Des Mélenchonistes probablement !

Xuaterc

Xuaterc le 26/02/2017 à 15:41:35

Effectivement, j'ai vu ce groupe un nombre important de fois, en première partie de CC, Malevolent , Master, ou en tête d'affiche. Remember Jimmy...

Xuaterc

Xuaterc le 26/02/2017 à 15:41:50

Album culte

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