Kronos - Colossal Titan Strife

Chronique CD album (42:40)

chronique Kronos - Colossal Titan Strife

« You are safe in my ass, and your dick will go oooon, and oooon... »

 

Arf, désolé: j'avais entendu Colon sale Titanic Star au lieu de Colossal Titan Strife. Du coup ça m'a direct' pollué la caboche de pleins seaux de Leonardo Siffredi et de Céline Fion...

 

Oui, je sais: c'est nul comme intro. Mais celle-ci s'inscrit dans une certaine tradition littéraire grivoise à la Française qui, de Rabelais à Frédéric Dard, ... Non? Ok, ok: c'était nul.

 

C'est vrai qu'il eut été plus judicieux, pour démarrer cette ode à la gloire de l'une des plus magnifiques galettes de Brutal Death jamais sortie du fond de l'Hexagone, d'évoquer le souvenir du webzine Brutallica. Car c'est au sein de cette revue aussi underground que produite loin là-bas, dans le grand Est européen, que le plus mal informé des métalleux français – en l'occurrence ma pomme, qui n'avais point encore établi de campement durable sur la toile – apprit l'existence, à quelques poignées de kilomètres de chez lui, de formations aussi brutales que bien intentionnées. Le numéro alors acquis ventait en effet, à quelques colonnes d'écart, les mérites d'Insane Cephalic Production de Benighted, ainsi que de l'objet de nos présentes attentions, 2nd album des Vosgiens de Kronos.

 

On peut dire que le rédacteur de ces chroniques avaient des oreilles qui fonctionnaient rudement bien!

 

C'est que je vois mal comment un amateur de Death aussi impitoyablement brutal qu'intelligemment « ambiancé » pourrait ne pas vénérer cette magistrale claque dans le beignet. Car Colossal Titan Strife, ce sont de houleuses péripéties mythologiques pleines d'entités cyclopéennes belliqueuses magistralement mises en musique par le biais d'un Brutal Death aussi conquérant et virulent que superbement agencé. Oh ça pour bourrer comme des brutasses, nos amis savent y faire! La monstrueuse batterie de Mike est très souvent au taquet, bien que celui-ci varie beaucoup les patterns pour une efficacité toujours maximale. Côté micro les growls rocailleux partent parfois dans le gruik le plus grumeleux, tandis que la harpie de service balance du shriek vénère en veux-tu en voilà, cette chorale infernale tutoyant parfois le Grind quand elle se déchaîne au-dessus d'une rafale de méchants blasts. Par contre on peut toujours compter sur les guitares – certes terriblement abrasives, et nous cinglant la bobine avec l'énergie folle et bourdonnante d'un essaim de frelons emportés par une violente bourrasque – on peut toujours compter sur les guitares, disais-je, pour instiller de délicieuses mélodies qui insufflent une dimension épique, fastueuse, grandiose (disons-le: homérique) à ces féroces assauts soniques.

 

Et si Colossal Titan Strife est aujourd'hui entré dans la légende, c'est non seulement grâce à une patte sonore très personnelle (… qui perdra malheureusement en singularité sur Arisen New Era), grâce à une thématique parfaitement mise en musique, mais aussi grâce à une bonne poignée de classiques aujourd'hui entrés dans la légende. Pas seulement l'impitoyable morceau-titre et l'énorme « Aeternum Pharaos Curse », qui sont les plus évidents joyaux de ce flamboyant skeud, mais également « Phaeton » qui va de rebondissements mélodiques en déflagrations venteuses, le fulgurant manifeste « Kronos », ainsi que « With Eaque Sword » qui contient sa portion de passages d'anthologie. On pourrait peut-être reprocher à « Submission » quelques mid-tempos moins divins, ou regretter que le milieu de « Infernal Worms Fields » perde un peu de sa superbe dans des détours trop gras et trop lents... M'enfin ce serait risquer un courroux divin qui, pour le coup, serait bien mérité.

 

Et puisque décidément je peine à retranscrire la puissance dégagée par cette impressionnante galette, ainsi que l'enthousiasme débordant que celle-ci provoquera immanquablement chez quiconque s'essaiera à l'apprivoiser, je finirai en vous avouant que, pour le lapin qui vous cause, ce Colossal Titan Strife est l'un des tous meilleurs albums de Death dont la France ait accouché, aux côtés de Sublime Dementia, Irradiant, Signs of the Decline ou Process of a New Decline (… plus dur de n'en citer qu'un dans la discographie de Gorod). Et sans doute LE meilleur album de Brutal Death français.

 

Plus Titanesque que Titanic, pour le coup.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: s'il ne fallait retenir qu'un seul album de Brutal Death français, ce serait Colossal Titan Strife. Furieux, conquérant, massif, implacable, ébouriffant, majestueux, écrasant, et pourtant aussi épique que – eh oui – mélodique, cet album est la mise en musique ultime des plus impitoyables épisodes originels de la mythologie romaine.

photo de Cglaume
le 02/04/2017

2 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 02/04/2017 à 15:55:59

Le groupe n'avait pas encore annoncé son intention d'arrêter l'aventure au moment de l'écriture de cette chronique... :(

Margoth

Margoth le 04/04/2017 à 11:20:37

Cet album... Je me souviens de l'avoir découvert via le sampler du tout premier Metallian que j'avais acheté alors que je faisais mes toutes premières armes (et connaissances) de métalleuse ! Souvenirs, nostalgie...

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements