Kultur Shock - Kultura-Diktatura

Kultur Shock - "Kultura-Diktatura"
chronique Kultur Shock - Kultura-Diktatura

A présent qu’on a passé au crible de la CoreAndChronique les discographies de Waltari et Skindred, avec quel back catalogue pétillant pourrait-on occuper nos dimanches après-midi? Mr Bungle? Carnival in Coal? Oui mais non: ma pomme ayant déjà traité le sujet en d’autres colonnes webziniennes, on va laisser ça aux collègues (MargothXuxu: au boulot!!). Voyons voir... Bon sang mais c’est bien sûr: suite à la chronique de Ministry of Kultur (back in 2011) j’acquérais quelques-uns des premiers albums de l’Internationale Sautillante intitulée Kultur Shock. En voilà un groupe trop peu célébré qui a pourtant largement le potentiel pour réunir en une farandole festive iroquois, gitans, porteurs de babouches et de perfectos!

 

... Allez zou, lançons-nous corps et âme dans cette riante croisade!

 

En quelques mots (parce que je vous ai déjà fait l’article au sein de la chronique précédemment évoquée), Kultur Shock est une entité cosmopolite qui rassemble en son sein musiciens américains, bosniaques, bulgare et japonais. Le concept, c’est « pas de frontières », « pas de chapelles », « pas de communautarisme », celui-ci – le concept – étant incarné en une musique multi-facettes, « routarde », énergique, bondissante et musclée. M’enfin bon, malgré les ambitions omni-culturelles affichées, il faut bien reconnaître qu’on ne retrouve que peu d’influences maliennes, chinoises ou papoues sur ce 3e album sorti chez Bill Gould (celui de Faith No More, oui oui). Parce que bon, forcément, il n'est pas évident d'effectuer un tour du globe exhaustif en 13 chansons (quoique les Cool Cavemen y soient quasiment arrivés en 19). Musicalement, on reste donc principalement cantonné (pas Cantonais!) au territoire de l’Empire Bizantin à son apogée, avec du Proche-Orient, de l’Andalousie, du Caucase et des lalalaï qui pourraient tout aussi bien venir d’Arménie. A celà il faut encore ajouter des trémolos slaves, de rares bribes celtiques, des rythmes chaloupés d’outre-Atlantique, des beats DJ-friendly, du Punk Rock briton, une section rythmique gourmande…

 

... Bref ça part dans tous les sens, et dans la bonne humeur la plus communicative!

 

Si les 2 derniers opus du Choc Culturel nous avaient sacrément bottés, il faut reconnaître que ce Kultura-Diktatura réussit un carton d'un niveau encore supérieur, en s'avérant notamment un cran plus accrocheur. Tu le crois ça! A vrai dire, en dehors d’un « Morto » un peu trop plein de sanglots longs des accordéons qui anesthésient mon cœur au Tranxène monotone, et d’une fin (« Nano » et « Too Late To Fornicate ») plus anecdotique, l’album donne envie de se lancer dans une cure intense de stage diving et de slam non stop entre citoyens du monde de bonne compagnie musicale. Ça commence dès le tube de Gipsy Punk Mariachi Metal « Tutti Frutti », et ça ne s’arrête vraiment qu’à la fin de la pépite Ethno Moshbeat « Nightmare », qui donne un peu l’impression d’entendre un Dirty Shirt en djellaba. Parmi les moments forts on citera « Mustapha », qui rappelle autant Khalas que le Queen de Jazz (sur le fond plus que la forme, cf. « Mustapha »!), le formidable « Alama » qui finit sur une orgie Salsa / Gipsy / Saxo, « Hashishi » qui fout le bordel dans le souk (et inversement), « Horse Thief » qui invite un personnage de manga dans une course-poursuite Kusturiquienne, et le Reggae slavo-celtique de « Kamarage » qui laisse une bonne place au violon de Carla Kihlstedt (Sleepytime Gorilla Museum).

 

Ça en fait de la bombe tubesque au mètre-carré!

 

Foin de longue conclusion circonvolutionnesque: vous voulez transformer une pleine assemblée hétéroclite de gens de bonne volonté en une masse fiévreuse souriante et bondissante? Passez-leur Kultura-Diktatura!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: une énergie folle, des gros biscottos, des accents et des langues issus d’un peu tous les horizons, des cuivres, du Punk, des trémolos de crooner tovaritchesque rigolard, des mélopées orientales, une basse rondelette, de l’accordéon épicé, de la folie balkanique, de l’amour fiévreux avec ou sans pénétration, de la sueur, des guitares de fond de roulotte, des sourires, et un appétit grand comme ça. Kultura-Diktatura, c’est le programme de géopolitique musical qu'il faudrait imposer dans toutes les écoles en remplacement de l'Histoire-Géo et des cours de flûte usuels pour que nos chères têtes blondes aient l'espoir de devenir de véritables citoyens du monde responsables.

 

photo de Cglaume
le 22/10/2017

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