Kultur Shock - We Came To Take Your Jobs Away

chronique Kultur Shock - We Came To Take Your Jobs Away

A moins d’être relativement jeunot, la pochette et le titre de We Came To Take Your Jobs Away évoquent immédiatement l’épouvantail du « Pompier polonais » brandi par les protectionnistes de tous poils à l’encontre des directives Bolkestein et du projet de Constitution européenne. Wikipedia – qui est mon ami – m’a alors rappelé que l’expression avait été popularisée au printemps 2005, autrement dit peu avant la sortie de ce 4e album de Kultur Shock. Tout cela n’est donc pas un hasard: les punks cosmopolito-festifs auxquels ce papier est consacré utilisent une fois de plus leur musique comme une réponse joyeuse et cinglante aux trouducs de Populists United Ltd. Et quel meilleur vecteur que ce patchwork metallico-balkanicoriental pour rabattre le caquet de tous les De Villiers et autres wannabe-Sarkozy!

 

Si vous connaissez l’un quelconque des albums de Kultur Shock chroniqués en ces pages (… je préfère cantonner la comparaison à ce que je connais), vous allez entrer dans We Came To Take Your Jobs Away comme dans vos babouches. Car le groupe n’est ni plus ni moins que le Motörhead du Metal/Punk universaliste: cent fois sur le métier ils remettent leur mélange de gros décibels vénères, de ressorts cuivrés, de saveurs caucaso-balkaniques, de gouaille festive et d’accents moyen-orientaux, sans jamais lasser ni perdre en fraîcheur. La fanfare cavale toujours comme la folle chenille des poursuivants de Benny Hill. Les trémolos arabisants abritent toujours autant de sanglots ensoleillés que d’optimisme fervent. Les instrus tradi’ font toujours le grand écart entre le Grand Sud-Est européen et les extrémités celtes du même continent. Les paroles se partagent toujours entre une bonne demi-douzaine de langues (dont le Français, cette fois, sur « Tango La Victoire ») et les R roulent toujours avec autant de gourmandise. Les clins d’œil rigolards sont toujours à 2 doigts de virer dans le Nawak (cf. le dialogue princesse / prince sur « Duna », les monosyllabes outrées à 2:22 sur « Sarajevo », les chœurs féminin sur « Gino Loves You », la tirade Vladimir Bozaresque à la fin de  « Tango La Victoire »…). L’approche est toujours fortement appuyée sur la rythmique, avec batterie alerte, percus World, basse rondouillette, et soubresauts Ska-friendly.

 

Alors qu’est-ce qui distingue cet opus de ses cousins me demanderez-vous? Une touche peut-être un peu plus turco-arabe, 5 titres au moins dégageant des parfums de jasmin, d’ambre et de sables brulants. Deux titres plus ou moins dédiés au Tango (« Tango La Victoire » et « Poor Man’s Tango »)... Pas tant de choses en fait. Ni d’un point de vue atmosphères, ni du point de vue qualitatif. Car tout est bon dans le bier-plom. A l’exception, peut-être, de « Zumbul » qui, personnellement, me gonfle un brin du fait de son aspect sombre et plaintif. Mais les « God is Busy, may I help you? », « Gino Loves You », « Poor Man’s Tango », « Mano Mi Hermano » ou encore « Sarajevo » – pour ne citer que la moitié de la tracklist – sont de véritables petites injections d'une joie de vivre fulminante et exotique comme on aimerait en avoir constamment en intraveineuse. Par contre je n’ai pas trouvé l’explication: l’un de vous saurait-il pourquoi le groupe reprend ici « Hashishi » (déjà présent sur l’album précédent)? Certes le morceau abandonne un peu de son vernis Hip-hop pour retourner plus sagement révasser au-dessus d’un horizon oriental… Mais cela n’aurait-il pas été plus adapté sur un EP, une face B, et surtout pourquoi pas le moindre petit blabla pour nous éclaircir quant à leur intention? Rejet tardif de l’ancienne approche stylistique? Réalisation d’une version plus compatible avec ceci? Expérimentation permettant d’explorer plus avant cela? J’eusse aimé en savoir plus amis qui peut-être, vous, savez…

 

Mais je me rends compte que pas à un seul moment je ne vous l’ai dit: We Came To Take Your Jobs Away, comme la plupart des autres albums de Kultur Shock, est indispensable. Là!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: le 4e album des Motörhead de la Fusion « punkosmopolite » est tout aussi excellent que leurs autres œuvres. Sud-Est arabo-européen, Balkans, Punk, Ska, Metal et envie de faire la bringue dans la Tour de Babel sont une fois de plus au programme de 10 titres dont bien peu ne sont pas de véritables petits tubes festifs!

photo de Cglaume
le 17/12/2017

2 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 21/12/2017 à 21:08:27

La question est: à cette époque, la violoniste avait-elle déjà la pilosité d'un carcajou ?

cglaume

cglaume le 22/12/2017 à 05:25:28

D'une noix de cajou? D'une noix de coco plutôt ! :)

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