La Fin De La Société Telle Que Nous La Connaissons - La Fin De La Société Telle Que Nous La Connaissons

chronique La Fin De La Société Telle Que Nous La Connaissons - La Fin De La Société Telle Que Nous La Connaissons

Cela fait 12 ans que Cirkle, la dernière manifestation discographique en date des Bayonnais, est sorti. Depuis, grésillements bruitistes sur la FM, morne mire nocturne sur LFDLS TV, page blanche en couv’ de Bayonne Nawak News… Assisterait-on là encore à la Fin D’Un Groupe Nawak Telle Qu’On En A Déjà Trop Vue? (« la fin », trop vue, pas « le groupe »!). Sauf qu’en interview, les zoziaux nous avaient parlé d’un nouvel album, dont l’écriture était a priori terminée… Mais c’était au tout début 2013. Il y a en gros 5 ans quoi. Mouais, ça sentait pas bon c’t’histoire, genre changement de programme, arrivée de marmots dans l’équation, reconversion dans la décoration d’intérieur, ou découverte de l’élévation spirituelle par l’abonnement à Scientologie Magazine…

 

Sauf qu’en fait non: c’est juste que la gestation se prolongeait plus longtemps que prévu. Plus longtemps encore que celle du requin-lézard, qui peut pourtant atteindre les 3 ans et demi (je m’instruis en lisant CoreAndCo).

 

Alors? Déception? Ou confirmation? Glori glori Al & Lou-Ya? Il est né le divin nouvel album qui va nous revigorer la scène Nawak Metal française?

 

Eh bien oui. Enfin, si on trafique un peu l’étiquette pour faire rentrer au chausse-pied La Fin De La Société dans la sphère Nawak, alors que seuls 4 titres (un tiers de l’opus quand même!) répondent réellement aux « stricts » critères d’appartenance à ce genre. Parce que si, parfois, le Ska, les gouzigouzis et le gros Metal velu dansent bien bras-dessus bras-dessous à l’occasion de folles farandoles foraines (sur l’intro, « Marchin’ », « Bombek » et « Last Chance » grosso merdo verso), le reste du temps ce qui nous est proposé c’est « tout simplement » un excellent Metal mélancolico-mélodique dont les quelques froufrous de dentelles noires disparaissent derrière une méchante patate, une approche optimiste et des accroches juteuses. Le tout étant placé sous le haut patronage d’un violoncelle parfaitement intégré. Du coup, au final on se retrouve avec une petite merveille qui conjugue les attraits de (allez, soyons fous) Chenille, Paradise Lost, Apocalyptica, Stolen Babies et Leprous.

 

Alors ce ne sera pas un gros scoop si je vous apprends que mes plus gros kiffs sont pris sur le trépidant « Marchin’ », qui allie Mr Loyal à l’élocution très « Fusion » à des « Nanana! » très 6:33, sur le tourbillon sucré « Bombek », qui débloque comme un Vladimir Bozar mais sait également s’envoler vers de grandioses pics de puissance (sommet en vue autour de la barre des 3 minutes!), ou sur un « Last Chance », qui intercale guitares tranchantes et farniente estival avec autant de bienveillance que de pertinence. Mais outre ces trépidantes badaboumeries, à l'instar du dernier Leprous ce premier album de La Fin De La Société est doté d’une intelligence mélodique qui peut facilement convertir les non-initiés à des chemins de traverse moins zébulonnant. Dans cet esprit les heurts rythmiques et la profondeur de « Melocelo » sont des arguments plus que convainquants. Beaucoup seront également sensibles à la touche orientale, la pêche (d’ailleurs l’alliance de ces 2 critères évoque l’image de Kultur Shock) et le final plus Indus Metal de « Animal Time ». Mais zappons zappons parmi les autres délicieux frissons que provoque l’opus pour évoquer à nouveau 2 rescapés de Cirkle dont la présence renforce encore la qualité de l’opus nouveau. L’instrumental « Par la Racine », d’abord, nous insuffle derrière les paupières plein d’images oniriques sépia où dansent poupées convalescentes et pierrots consolés. Puis le formidable « A Party Odyssey », instrumental lui aussi, déroule le générique de fin avec l’à propos d’un Yann Tiersen ayant troqué l’accordéon pour le violoncelle et ayant découvert les joies de la double et du riffing blizzardesque made in BlackMetalLand.

 

Que dire de plus? Que le son est devenu bien plus costaud. Que si la dimension Metal est toujours très présente, son excroissance « extrême » est moins peuplée de grognements d’ours. Que le côté le plus sombrement gothique du groupe pourra rappeler As Light Dies à certains. Et surtout – SURTOUT! – que l’utilisation précédente des termes « gothique » et « sombre » ne doit absolument pas effrayer les réfractaires à ce champ lexical. Je fais habituellement partie de ceux-ci, alors qu’ici je me suis régalé.

 

… Damned, il va falloir que j’essaie de faire encore un peu de place dans mon Top 10 annuel, alors que celui-ci contient déjà pas loin de 15 groupes! Mais quand c’est mérité, hein…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: parfois ouvertement Nawak, parfois plus mélancolique, le Metal de La Fin De La Société Telle Que Nous La Connaissons est surtout particulièrement excellent. Puisque ce bas de chronique est destiné à faire court, on (re-)dira juste que ce 1er album devrait pouvoir satisfaire les fans de Chenille, Paradise Lost, Apocalyptica, Stolen Babies et Leprous (... ce qui fait déjà un joli panel!).

photo de Cglaume
le 22/12/2017

2 COMMENTAIRES

Xuaterc

Xuaterc le 22/12/2017 à 08:24:18

Bon, il faut que je prenne le temps de l'écouter, mais pas aussi longtemps que ce que je l'ai attendu...

cglaume

cglaume le 22/12/2017 à 18:38:25

Oh oui prend le: c'est TRES bon

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