Latitudes - Agonist

Chronique CD album (41 minutes)

chronique Latitudes - Agonist
"Bleak epiphanies in slow motion" avait été l'occasion de découvrir le groupe sans réel enthousiasme. Latitudes était encore un de ces groupes instrumental qui fourmille dans nos labels indépendants favoris.
C'est alors qu'avec la sortie d'Agonist je m'apprêtais déjà à attaquer le groupe sur ses points faibles : le manque de personnalité. Mais le groupe a changé, évolué bien que ce ne soit pas avec "Myth cathexis" que nous en jugerons.
Néanmoins le groupe y propose un riff incisif en laissant une place moins large à la seconde guitare mélodique, elle est ici plus intense et discrète : on gagne en agressivité, en lourdeur et on bascule dans une ambiance plus sombre à la 2e minute. Tout montre que le groupe s'est enfin un peu détaché des influences patriarcales de Pelican ou Red sparowes.
Le groupe crée son monde sans pour autant en faire trop : c'est expressif mais pas démonstratif. Il y a des changements de tempos parfaitement calés (3min45) pour des breaks qui s'écroulent progressivement une minute plus tard. A la fin du premier titre, nous voici déjà..."enchantés".

Le groupe montre encore sur "Antechamber" qu'il a grandi. Une introduction calme, l'inclusion lente d'un clavier (1ere nouveauté) discret mais qui ajoute de la teneur à cette longue introduction de 1min35 minutes pour finalement formidablement atterrir sur un lancement batterie/guitare lourde et amener : le chant !
Cette seconde nouveauté est tout simplement "un coup de poker" dans cette musique qui grandit encore et encore, avec aux commandes : Adam Symonds que vous connaissez peut-être comme le chanteur d'Eden Maine (RIP). Les cinq minutes qui lui sont offertes permettent malgré tout aux instrument de s'exprimer pleinement. Les deux dernières minutes deviennent alors la clôture d'un titre qui s'est articulé autour du chant bien qu'il se contente, sur la fin, d'effets aériens sur un fond sombre : l'équilibre semble parfait.

Avec "Fluxes of the womb", Latitudes retombe dans ses travers : le riff est plus commun, le rythme plus lassant et l'alternance entre légèreté et violence n'est pas surprenante. On achève le titre sur une guitare bruitiste et une autre donc la mélodie résonne toujours : ça n'est ni original ni vraiment agréable après les deux démonstrations précédentes. Comme pour se rattraper de ce bruit intempestif, "Steppe and veld" se veut aérien. Son placement en 4e piste en fait une articulation permettant de passer sur les trois derniers morceaux : le calme avant la tempête de "Braille".
Ce morceau n'éclate pas par son génie de formation : juste des riffs bien sentis, une touche de légèreté (grâce au jeu simple du clavier) et une complémentarité entre des riffs incisifs avec une batterie qui brise la monotonie de son jeu toutes les 30 secondes. L'ensemble crée une boucle qui ne se répète à chaque fois mais qui nous tient en haleine jusqu'à l'arrivée d'"Hunting dance".

Quand arrive ce pénultième titre on songe alors à Neurosis avec l'inclusion d'un petit effet à la guitare charismatique du groupe puis le retour du chant. On continue un périple dans les limbes, ne sachant jamais où la seconde suivante va nous emmener : nous entendons juste ce clavier qui grossit le son de Latitudes.
L'achèvement sur "Agonist" boucle ce que "Myth cathexis" avait entamé. Une large place est laissée pour un break clavier/batterie qui lance par la suite une longue montée en puissance. Agonist s'achève dans un fracas pour un premier album qui fera sans doute du bruit sur la scène.
photo de Tookie
le 21/10/2009

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