Litmus - Aurora

Litmus - "Aurora"
chronique Litmus - Aurora
Du space-stoner-rock-psychédélique. Voici l'étiquette de Litmus, et c'est aussi lourd qu'on puisse le concevoir dans l'intitulé.
En lancant <"Beyond the sun" on lèvera un sourcil d'interrogation. C'est surprenant, on tapera bien du pied parce que les riffs et les soli sont vraiment bien maitrisés...
L'ennui est que derrière tout cela on se retrouve face à des sons pour le moins...kitsch.

Si seulement "Beyond the sun" n'avait été qu'une longue exception de 11 minutes, le groupe aurait pu se rattraper, mais ça se poursuit avec "In the burning light".
Malgré tout, le plus étrange reste qu'"Eos", titre particulièrement ambiant et "spatial" est excellent: tout simplement parce qu'il ne se mêle pas aux guitares stoner. Le constat est le même sur "Kings of infinite space" qui dure jusqu'à 8 minutes 35 avec une base plus rock.
L'ensemble que l'on croyait un moins indigeste sur "Miles Away" finit tout de même par nous écœurer sur un solo.
Ne parlons pas de "Stars" qui aurait pu être vraiment bon, malheureusement on peut se creuser la tête pour comprendre ce qui est passé par la tête du groupe d'intégrer des sons tout droit sortis d'un mauvais de Super NES en 1992.
Avec "Ma 55'N rift" on pensait profiter de la qualité d'"Eos" ou "Kings of infinite space". C'était sans compter sur un emballement au milieu du morceau qui gâche une musique qui prend des aspects Pink Floydiens.
D'ailleurs l'ombre de Pink Floyd flotte durant une heure...dans ce que le groupe a fait de plus expérimental. Puis Litmus est né : 40 années trop tard car ce n'est pas en arrangeant ces sons space avec du stoner que le résultat passionnera.

Prenons les éléments de leur musique les uns après les autres :
-La technique est un point fort du groupe : si le bricolage space/stoner est indigeste, techniquement il est pointu ! La fin (autour de 8 min30) de "Ma 55'n rift" témoigne d'une maitrise qu'on avait déjà pu apprécier. De plus, les guitares nous avaient déjà éclaboussées de leur talent avec des soli dans chaque titre ou des trouvailles dans les riffs ("Red Skies", l'énergie sur "Stars")

-La construction des compositions est étonnamment linéaire. Un groupe qui cherche une telle originalité pouvait s'oser à quelques fantaisies, particulièrement en optant pour des titres longs de 7 à 11 minutes à quatre reprises. Pourtant on part souvent sur un modèle introductif assez engageant, un clavier qui englobe le son, l'arrivée du chant en retrait relatif répétant inlassablement les mêmes phrases. Ensuite on s'engage dans de longues minutes laissées aux instruments : soli, sons venus d'ailleurs pour le clavier, reprise du chant (parfois) pour finalement "s'endormir" sur les mêmes sons depuis 10 minutes. On a certes quelques variations dans l'intervention du chanteur avec quelques montées en fin de titre mais l'ensemble reste instrumentalement le même.

-Le chant est toujours clair (bien que "Red skies" sonne un peu plus sale), porté par un timbre agréable, mais accentue le côté psychédélique en tenant les paroles dans deux phrases.

-Les guitares bénéficient d'un son plutôt lourd et relativement gras, logique pour le côté stoner, mais elles sont écrasées par ces sonorités qui tentent d'explorer une nouvelle forme musicale. Le grand plaisir demeure aussi d'entendre cette formidable basse (particulièrement sur "Red skies" dont le son nous parvient aux oreilles de la plus parfaite des manières avec un jeu pour le moins...attrayant!).

Le résultat final est que ce Aurora porte bien son nom. Nous sommes à l'aube d'un "renouveau" de ce genre musical avec ce 3e album du groupe, malheureusement ce style est lourd, bancale dans sa construction, linéaire et parfois même de mauvais goût si les britanniques continuent dans cette voie.
Il n'est ici pas spécialement question d'ouverture musicale mais presque de bon sens : on s'ennuie à l'écoute de morceaux qu'on pense avoir entendu sur la piste précédente. Finalement ce sont les titres les moins rock qui trouveront un plus grand nombre de fans (pour des expérimentations...déjà entendues). Tout cela apparait presque comme un comble quand on s'attarde sur la qualité des musiciens...individuellement.
photo de Tookie
le 08/10/2009

0 COMMENTAIRE

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements