Litovsk - Dispossessed

Litovsk - "Dispossessed"
chronique Litovsk - Dispossessed

A en croire la dernière sortie de Litovsk, l’école Punk Brestoise reste toujours aussi qualitative et se porte toujours aussi bien. Du moins musicalement, car on ne peut pas dire que ce Dispossessed respire la joie de vivre. La nostalgie et la mélancolie douce-amère qui se dégagent de ce LP ne sont pas toujours des plus enchantantes et c’est tant mieux. Le message est vrai, aussi vrai qu’une réalité sociale urbaine crasse et froide. Un style mélo désabusé sans équivoque, Post-Punk dans l’âme, dans le texte et dans le riffing. Une approche Punk et une démarche que l’on retrouvait déjà sur Litovsk de Litovsk. Une esthétique que le groupe partage avec leurs camarades de Syndrome 81, eux aussi fers de lance locaux de la scène Post-Punk, dans un style bien plus raw, hardcore et vindicatif. Si vous ne connaissez toujours pas Syndrome 81- bande de mécréants - jetez vous sur Béton Nostalgie. Du punk acrête à l’instar de Litovsk, qui va à l’essentiel, dépouillé des fioritures techniques et capillaires, sincère et qui sur le plan des expériences de vie laisse toujours à penser.

Eprouver la vie Brestoise quand on est Punk – dans une autre ville ça marche aussi - voilà en substance ce dont il est question sur dispossessed. Désillusions politiques, relations sociales péraves, âpreté et exigence du quotidien, découragement et morosité sont les problématiques retranscrites par les membres de Litovsk. Tous les codes esthétiques et ingrédients (Chants désenchantés, mélodies refroidissantes, Chorus indispensable etc.,) sont réunis sur un Dispossessed aux allures de récit de vie à mi-chemin entre l’intime et le social. 

 

Le Keupon sauce Litovsk c’est quoi du coup ? bah c’est à l’image de la ville et de la cover de ce Dispossessed. C’est beaucoup de grisaille, un peu de noir et quelques notes de bleu de ci-de là, suffisamment pour entretenir la flamme et l’espoir d’une vie plus enchanteresse et moins austère. Une anti carte postale en somme sur laquelle figure des images peu reluisantes, des expériences urbaines parfois délétères mais qui nourrissent en grande partie l’inspiration et l’identité du combo Brestois. Dispossesssed transpire l’authenticité, le vécu expérientiel, et traduit parfaitement au travers de ces rythmiques accrocheuses et de ces séduisantes mélodies « Ce qui ne fût pas » « Dad » les vicissitudes d’une vie enclavée dans la morosité portuaire, là ou les soirées pluvieuses et grisonnantes finissent trop souvent sur une gueule de bois carabinée, GB qui en appelle trop souvent une autre. L’existence du « défi Brestois » en est la triste institution et incarnation.

Et pourtant, on ne peut rester insensible à ce Dispossessed et l’appréhender exclusivement au travers du prisme du glauque et de la mélancolie. Au-delà de l’émotion chagrinante et de la tendresse que l’on éprouve notamment à l’écoute de titres comme « Can’t Turn This Page » et « I Wish », les deux morceaux popisant servis par une voix dont l’humilité, le timbre réconfortant et les sensibles harmonies font vraiment chaud au cœur ; on retrouve sur certains moments de grâce Punchy et sur de porteuses bourrasques rythmiques « Doorgan » « Ce Qui Ne Fût Pas », l’envie d’exulter avec allégresse et de fuir l’état d’abattement rencontré un peu plus tôt.

 

Même si la tonalité générale de l’album tire davantage sur le gris béton que sur le Bleu azur, ce Dispossessed n’est pas dénué de contraste à l’instar de la ville dont il s’inspire. Alternant entre des sonorités majeurs et mineurs, une double partition au chant composée de spoken words et d’harmonies vocales, de ballades Post-Punk et de morceaux plus catchy, Dispossessed est au-delà de l’apparente simplicité des morceaux, un Skeud plus subtil et raffiné qu’il n’y paraît. Litovsk nous offre avec ce touchant Dispossessed et avec le regard désillusionné d’un Keupon éprouvé par les vicissitudes de la vie urbaine, une immersion pleine et entière dans la culture Brestoise. Une monographie musicale indispensable pour qui se délecte d’un Punk grisonnant et mélancolique mais dont l’espérance existe toujours en filigrane.

 

photo de Freaks
le 15/01/2019

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