Loch Vostok - Strife

Loch Vostok - "Strife"
chronique Loch Vostok - Strife

Il y en a, quand ils sont partis dans un plan mytho (j’ai pris des cours de parler loldjeune, ouais), c’est jusqu’au bout, aux limites de l’absurde. Prenez Teddy Möller: quand il place LOCHVOSTOK au Scrabble pour faire mot compte triple, il n’en démord pas:

« Puisque je te dis que ça existe Lochvostok! C’est… C’est une infection du système lymphatique qui touche tout particulièrement les ovidés des hauts plateaux des Andes. Mais si! C’est comme Dysentry, Cancer ou Anthrax: c'est le genre de maladie qui inspire respect et crainte dans le milieu du Metal. D'ailleurs ce sera le blaze de mon prochain groupe! »

Et il le fait le bougre! C’est qu’avec leurs conneries, nous autres qui vous causons de toutes ces formations, on le paie un max en séances d’orthophoniste! Loch Vostok, Kvelertak, Whourkr, Eximperituserqethhzebibšiptugakkathšulweliarzaxułum (si si)… Le Scrabble fait beaucoup de mal au Metal!

 

Le truc par contre, c'est qu'en plus de faire « mot compte triple », ces Suédois font « style compte quadruple », si ce n'est plus. Car sur Strife, ce à quoi vous vous exposez c’est à un mélange de Heavy, de Prog, de Metal [gentiment] extrême, plus un soupçon de Djent à la télégraphie tranquille. En quelques mots, ces 10 titres donnent l’impression d’écouter un Nevermore dark/progressif qui pousserait parfois un peu sur les cordes vocales en mode Arch Enemy. Plus quelques – rares – incartades à Saccades-land, histoire de rester dans le coup. C’est par exemple tout particulièrement flagrant au début de « Cadence ». Pour ceux qui voudraient qu’on laisse encore un peu ouvert le robinet à comparaison, on laissera goutter un peu de Queensrÿche pour quelques mélodies sombres bien balancées, ainsi que du Biomechanical pour quelques excès aigus tumultueux. Et puis on arrête là avant que les voisins du dessous crient au dégât des eaux.

 

Strife est déjà le 7e album de la formation de Uppsala… Mais seulement le premier que j’écoute. Du coup je ne pourrai rien vous dire des éventuelles surprises qui attendent les fidèles. Ce qui est clair par contre, c’est que nos 5 amis connaissent parfaitement leur taf: les compositions sont fignolées aux petits oignons, le son est cuisiné avec tout autant de finesse (David Catillo au mix, Jens Bogren au mastering): bref, on n’a pas affaire à des Biactol boyz qui buzzent grave sur Snapshat. Pour autant on n’est pas non plus en présence de musicologeeks qui revisitent Chopin à la Flying V sur des titres de 12 minutes: malgré les prétentions des Messieurs (« Expect the unexpect » qu’ils disent), tout cela reste extrêmement digeste, et même sacrément accrocheur. Ainsi, pour me cantonner à mes coups de cœur perso’, « Summer » offre le meilleur de la fusion des genres pratiqués par le groupe, tout comme le tube « Ventilate » (« This place calls me, ba-ack home! ») ou le plus doux mais néanmoins charnu « Consumer ».

 

On refusera néanmoins à l’œuvre l'obtention symbolique du 8/10, ceci à cause:

* d’un synthé aux nappes parfois un peu trop lourdement présentes (pas fan du rendu de celui-ci sur « Summer »)

* d’une balance qui, occasionnellement, penche trop vers le registre roudoudou-fragile-au-cœur-qui-saigne (cf. « Forever » par exemple)

* de « Expiry Date of The Soul of Man », qui non seulement souffre de la dernière tare reprochée ci-dessus, mais qui ferait presque oublier toutes les bonnes choses précédentes tant il nous abandonne dans un vaste océan rose-gris de gelée figée. Un peu comme si après une grosse demi-heure de préliminaires torrides, votre partenaire vous finissait rapido après avoir enfilé un masque de Dora l’exploratrice et un T-shirt à l’effigie de votre mère.

 

Strife est donc une très bonne nouvelle pour les amateurs de délicatesses progressives rehaussées d’une grosse artillerie modern-xtrême… Le problème étant qu’il ne faudra pas être rebuté par quelques excès de sombre délicatesse. A vous de voir si cela vaut le coup d’ajouter cet album à (loch) vos stocks…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: un Nevermore progressif, qui parfois proteste comme Arch Enemy, qui parfois télégraphie en mode 2.0, mais qui jamais ne sombre dans les longueurs snobinardes typiques du genre… Voilà ce qui vous attend sur Strife. Et c’est d’autant plus une bonne nouvelle que tout cela est plein d’accroches aussi franches que sophistiquées. Un problème, quand même? Oui: un léger trop plein de délicatesse, qui gâche un peu la toute fin de l’album.

 

photo de Cglaume
le 20/04/2018

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