Lyan + Blien Vesne - Esperar Eternity

Chronique CD album (56)

chronique Lyan + Blien Vesne - Esperar Eternity

Ah le Post-Rock, c’est lorsque l’on s’imagine en avoir fait le tour que l’essentiel nous prend à la gorge. Vous savez, ces volutes bleues  qui désinhibent et procurent de douces morsures à la base du cortex. Comme nous pouvons être fragiles et soumis et en retirer du plaisir ; le plus souvent dans les yeux de l’autre, parfois à la simple écoute d’un disque hors de tout.

 

Le jeune label Apathia  Records a choisi de promouvoir l’onirisme le plus fort en accueillant ce Esperar Eternity, soit 56 minutes de musiques essentiellement -intérieures- (!), des musiques qui nous parlent au -dedans-. Quelles que soient les démarches qui ont poussé les franciliens à prendre le risque un peu fou de se lancer dans l’aventure du label, ils le font avec une conviction forte et un goût pour la préciosité assez rare. Du moins, c’est l’impression qui reste à l’écoute de cette première sortie. Précieux ne veut pas dire prétentieux, c’est même sur la pointe des pieds qu’arrive ce disque, sans buzz surboosté, sans matraquage virtuel sauvage. Au raffut, on préférera l’esthétisme chez Apathia.

 

Ce diptyque partage 9 titres entre les français de Lyan et les argentins de Blien Vesne. Combos inconnus (ou presque), versés dans les émotions les plus intimes. Les frenchies choisissant l’épure dans la richesse des arrangements (j’y reviens de suite), les riverains de Buenos Aires plongeant dans une ambiance propre aux guitares gazières (mais pas que !).

L’esthétisme se noie même dans l’énoncé des titres, accentué par le lettrage sur la pochette. C’est aussi dans les moindres détails que s’épanouit la musique de Lyan. Des ambiances éthérées que l’on pourrait croire convenues dans le genre mais qui s’habillent d’éléments électroniques marquants, sans être imposants. Une musique résolument moderne, les auteurs trouvant leur bonheur autant dans les bois que derrière un écran.

 

On pense entrer dans les même schémas avec « La cara y el suero » délivré par les argentins de Blien Vesne, mais on percute de suite que la six cordes aura plus de place, d’autant plus dès son über électrification dans « Sanar », un très GRAND titre dans la veine shoegaze, mais juste pour l’intro, ne vous y trompez pas, le propos se calme dans un espace boisé avant de s’ébouriffer en belles digressions électrifiées. On note cependant pour cet ensemble un mixage sourd qui peut perturber l’auditeur, sur « Sanar » donc et « Rendir », excellent titre pour autant.

Apathia Records réussit son pari, promouvoir une musique résolument belle, habitée et emprunte de sobriété. Essai réussi.

photo de Eric D-Toorop
le 19/05/2011

2 COMMENTAIRES

misprint

misprint le 19/05/2011 à 14:07:36

Très jolie chronique et très bon split. A noter qu'il s'agit de la seconde sortie du jeune label Apathia Records !

ged

ged le 19/05/2011 à 22:37:06

dommage... pas d'écoute possible sur leur site...:-(

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