Martin et Dubois - Martin et Dubois

Chronique CD album

chronique Martin et Dubois - Martin et Dubois

 

Martin et Dubois.

Avec un nom si gaulois on s'attendrait presque à voir débouler des accordéons joués par deux moustachus coiffés de bérets et fumant la pipe. Cela aurait peut-être été le cas si les deux musiciens étaient nés 50 ans plus tôt. Martin et Dubois est un duo qui a mangé des années 90's et qui en a encore plein la bouche.

Une bouche qui reste fermée, le tout étant instrumental du début à la fin.

 

Alors le groupe mâche, digère et offre 8 morceaux.

"Gremlins" nous ouvre l'appétit, mais il est bien différent des autres. Est-ce la douceur naïve de l'introduction (au glauckenspiel) puis l'énervement de la guitare qui suit ? Peut-être ces "Gremlins" ont ils été nourris après minuit...

Toujours est-il que leur musique est attachante, accrocheuse... Mais qu'elle sait aussi nous surprendre.

 

En se baladant du noise à un math-rock comparable à celui entendu chez Action dead mouse, on se prend vraiment d'intérêt pour ce duo musical.

"Consomme et gaspille" nous fait même douter de la présence de seulement deux musiciens. Entre le synthé aux sonorités froides (comme une sorte d'orgue électronique), un jeu de guitare monotone joué/enregistré en boucle, ajouté à d'autres riffs et un jeu de batterie : il n'est plus vraiment question de duo pour Martin et Dubois.

Puis ce n'est pas le math-rock difficile à suivre... On a un peu le tournis, mais c'est un enivrement de plaisir.

 

La légèreté/la bonne humeur musicale contraste avec l'intitulé : "Tout ce qui existe est fait pour être détruit". Intitulé plus négatif que "Mets pas tes doigts dans ton nez", "Quand j'avais des boutons", enfantins et blagueurs...

De son côté la guitare continue à être directe, saccadée, voire carrément hachée, à monter dans des tonalités plus hautes qu'à l'accoutumée : la monotonie est toujours brisée.

Le jeu tentaculaire sur "Rachel" lance un morceau qui varie encore les ambiances de cet album. Quant à la complémentarité entre les deux protagonistes, elle se retrouve sur le merveilleux "Non pas ce soir" qui va changer de rythme à de nombreuses reprises, proposer un contenu plus haché en l'espace de 6 minutes.

 

Perdu entre le math-rock et un rock-noise sacrément efficace, le duo sort du lot grâce à une richesse peu courante pour ce genre de formation. L'ensemble est rythmé, joue sur les boucles, toujours avec finesse mais en alternant les titres directs avec d'autres plus fouillés. Une variété qui se vérifie entre les 3 et 7 minutes de chacun de leurs travaux...accessibles à tous.

photo de Tookie
le 30/08/2010

1 COMMENTAIRE

Pidji

Pidji le 31/08/2010 à 09:16:11

Très bonne chronique pour un très bon disque : on en a pourtant ras la casquette des sorties post-rock, mais M&D est très intéressant.

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