Martyrdöd - Hexhammaren

chronique Martyrdöd - Hexhammaren

Avec une montée en puissance depuis deux albums mémorables, je craignais que les Suédois ne se vautrent. Ou pire, ne pondent qu'un album passable : du pain de mie affolant l'ignorant et excitant la tête de flan.

Et ça m'aurait fait sacrément mal aux gonades.

Sérieux.

Surtout qu'étant un amateur sans la moindre once de mansuétude pour ce genre musical sans le moindre gramme de pitié, je suis, disons, plutôt tatillon.

Et là : la grimace méfiante s'efface au profit d'un rictus carnassier. De suite.

 

J'explique. Je mets en perspective. Je motive l'imagination. J'attire le chaland.

 

Dernièrement, un pote trappeur dans le Yukon une partie de l'année, m'a expliqué ce que pouvait être une rencontre face à face avec un grizzly de 600 livres. Tout ça avec l'accent. Si tu vois l'ours, il est déjà presque trop tard. A ce moment précis, il faut que tu lui balances tout ce que tu as en réserve niveau cartouche. Et une fois qu'il tombe, tu y retournes pour doubler la dose.

Eh bien, Hexhammaren est grizzly.

 

Plus agressif que les deux précédents, tout en conservant des astuces mélodiques, Hexhammaren se hisse, en un seul morceau éponyme, au sommet de l'échelle de la prédation du fin fond des bois. Leonardo ne va pas agoniser pendant deux plombes.

Une régression ? Non, pour moi ce n'est que l'aveu d'un amour inconditionnel pour un genre. Un attachement viscéral à la furie d'une scène.

Pour leur signature chez un gros machin qui n'aime pas les webzines, les Suédois ont ainsi l'intelligence de remettre une dose de Punk extrême dans leur brouet métallisé tout en conservant une prod efficace made in Nordström.

On abandonne alors les tiques mélodiques initiés sur Paranoïa (2012), explorés sur Eldopp (2014) et sanctifiés sur List (2016). Même s'ils persistent en mode éphémère.

Et ça fait un vache de bien d'entendre qu'il existe encore des groupes, qui, après presque 20 ans de « carrière» , jouent comme aux premiers jours.

 

La plaque débute, alors, avec pas moins de cinq tirs de rafale formant un tout, une tornade décornant les bœufs et exécutant les beaufs. Pourtant, c'est quand les Suédois s'écartent un brin du chemin des brutes épaisses qu'ils acquièrent tout notre respect.

Enfin le mien. Le vôtre ne m'importe carrément pas.

Les soli nuancent ainsi les compositions et les enrichissent. Le soin apporté aux guitares avait déjà choqué les Punks par le passé. Les leads du terrassant "Phamacepticon", un morceau ralentissant pour une fois le rythme, se font pourtant ciselés comme un scalpel.

 

Martyrdöd demeure toujours intransigeant sur Hexhammaren. Même si Pontus (un membre antique), a quitté le combo.

Le bonus track "Alter-Wars Scars" se posent alors en brûlot D-beat oldskull grondant comme un vieux Disfear sans pitié ni compromis. Même punition avec le sinistre et féroce "Shtlm Syndrom".

 

C'est la bagarre.

 

Certes, la découvert de la plaque est moins sidérante que celle de List. Car les morceaux marquants se font plus discrets. "Cashless Society" prend place pourtant au milieu de la même meute que Wolfbrigadre. On ressort alors de l'écoute d'Hexhammaren comme après la rencontre avec un grizzly: secoué, dans un état second mais persuadé d'être encore plus vivant qu'avant.

 

Les vieux punks ne meurent jamais, ils font juste du Metal.

photo de Crom-Cruach
le 09/07/2019

4 COMMENTAIRES

korbendallas

korbendallas le 10/07/2019 à 07:00:27

Et ben, on a failli l'attendre cette chronique ! :)
Un excellent album ! Je ne le trouve pas plus agressif, par contre plus varié que le précédent, notamment dans les changements de rythme. Du coup, les parties plus "agressive" ressortent plus dans l'ensemble. Les mélodies sont toujours bien présentes et toujours aussi inventives pour le style. Le titre "Rännilar" en est le parfait exemple.
Une vrai réussite !

PS : Le titre bonus est une reprise de Dischange ... oui avec un n ...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 10/07/2019 à 14:17:38

Saperlipipo, merci de l'info. Me doutais que ce n'était pas d'eux mais pas trouvé de qui !

Hatespherex

Hatespherex le 17/07/2019 à 16:21:53

J’aime ! Ça me penser à l’album de Disfear Live The Storm, une Prod léchée des mélodies endiablées et une voix de l’enfer !!!

Hatespherex

Hatespherex le 17/07/2019 à 16:22:04

J’aime ! Ça me penser à l’album de Disfear Live The Storm, une Prod léchée des mélodies endiablées et une voix de l’enfer !!!

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements

  • Sleep au Bataclan à Paris le 8 octobre 2019
  • ARO ORA release party à La Parenthèse à Ballan Miré (37) le 12 octobre 2019
  • BLACK BOMB A + Dagoba + Mugslug au Séchoir (L'Atelier À Spectacle) le 12 octobre 2019
  • EARTH au Petit Bain à Paris le 19 novembre 2019