Melvins + Flipper - Melvins/Flipper

Chronique Maxi-cd / EP (27:45)

chronique Melvins + Flipper - Melvins/Flipper

CANADA BUZZ HAS A WAY OF SEEING THROUGH MY EYES

Pour une vraie-fausse discographie des MELVINS - Chapitre 63 -

Afin d'éviter tout malentendu navrant et constater que c'était du grand n'importe quoi dès le début - vous aviez été prévenus - se référer à l'introduction du chapitre 1...

 

 

Oh encore une collab' ! C'est en gros le négatif de Bangers ! avec Shitkid.

Là, ça rigole pas.

Le nihilisme de Flipper couplé à la stupeur outrée des Melvins, ça déclenche forcément des trucs là-d'dans, à en gargouiller des intestins ! Glacial, moqueur, obstiné et violent, tu te sens pris au piège dans la ruelle, la nuit noire sous la pluie d'hiver avec la chiasse qui menace de descendre le long de tes cuisses jusqu'au fond des godasses.

On aura rarement autant senti le cran d'arrêt à l'ancienne jaillir d'une musique. Flipper, hier, maintenant, demain, te le colle, le cran d'arrêt, entre les côtes, sous les couilles, partout où ça fait vraiment frémir.

Tranquille !

 

L'union avec les Melvins est fusionnelle : ils ont parfaitement compris le délire de Flipper et c'est dans cette direction qu'ils ont évidemment voulu aller. Ils les reprennent depuis longtemps, d'ailleurs. ''Sacrifice'' était jouée deux fois plus lente à l'époque. Je dirais pas que je préfère la nouvelle version mais y'a quelque chose...

Ainsi naît une nouvelle entité flippante (Ha ha ha), qui t'assène 4 titres mono-riffs (''Sacrifice''!), plutôt lents (quoique...c'est très relatif pour nos Dinosaures et Grands Sauriens), longs et durs dans leur mollesse apparente. C'est du relâchement dû à une absence dans le regard, pas du mou. Du-du-du !, ça fait pas l'gars moins dangereux pour autant, quand tu sens ce vide tu sais qu'c'est foutu, terminé.

Le dernier titre, ''I Saw You Shine'' pousse même au suicide : hopla !

Joie de vivre et bain à l'acide ! Poussez pas, on va s'pousser tout seul !

 

Je n'ai pas réussi à trouver de certitudes sur qui jouait quoi sur ce disque. Il y aurait, paraît-il, l'ami Trevor Dunn (Mr. Bungle, Melvins Lite, Melvins, Tomahawk, John Zorn et mou-moults moults...) à la contrebasse sur quelques titres.

Peuh ! Sûr et certain !, dis-je, car des sons non-identifiés bouillonnent à certains endroits, notamment à l'endroit du Sacrifice précédemment cité, avec ces inflexions maladives, intonations sournoises et effet vomitif, qui pourraient tout à fait ressembler à l'approche tantôt nauséeuse ou incantatoire de la contrebasse sataniste du confrère Trevor. C'est même évident dès l'intro de ''Hot Fish'' qui sent l'archet Dunn à plein nez.

Sinon, qui joue quoi ? Prrrrtttt... Trevor Dunn à la contrebasse, sûr, Buzzo à la voix, guitare, l'immortel Ted Falconi à la gratte aussi et peut-être bien deux batteries, oui.

 

Sinon votre migraine croisera des larsens d'une violence transperçante digne d'une Noise industrielle résidente des régions urbaines froides et ventées et des voix gueulardes et hautaines et...

Et je vais faire un petit tour morceau par morceau car je ne voudrais pas vous quitter sans enfoncer gaiement les clous rouillés dans le cercueil de cette chronique vouée à tous les échecs et abus.

Car après m'être fadé quelques disques à chroniquer particulièrement pénibles et agaçants (la vie est une flaque de merde, la vie est une flaque, la vie est liquide, la vie coule entre les doigts, la vie n'est plus là, déjà), je me fais enfin plaisir, ici, à assurer mon devoir de mémoire, en me frottant contre l’unijambe d'un EP bizarrement jouissif. Et...elle a des dents, la jambe.

 

''Hot Fish'' serait un nouveau morceal, collab' pure et dure. L'archet chante du saxophone atonal tout le long, ça rend dingue mais ça rend bien. Grincements, bordel, jouets démoniaques, ça tourne sans s'arrêter, bonne mise en bouche qui racle les dents.

 

''Sacrifice'' est peut-être le morceau le moins intéressant du lot, mais ça doit être parce que je trouve leur version du début des années 90 insurpassable. La contrebasse fait des merveilles.

Devinez quoi ? C'est toujours pareil, ou presque, pendant 9 minutes et ça rend dingue !

 

''Flipper Blues'' est un bon passage chez le dentiste avec ses guitares à fraise à feedback. Ça se fout bien de la gueule du Blues-Rock.

Hé tiens, l'autre coup, je réécoutais In Step de Stevie Ray Vaughan And Double Trouble et je me disais, « Ouah !, comme ça joue, mais alors putain les compos, ils se sont vraiment pas fait chier ! ». Bah non, ça plane pas haut.

Chez Flipper non plus, les compos planent pas haut (et pourtant y'aurait moyen avec le paquet d'héro qu'elles contiennent), niveau richesse et complexité, c'est super simple, mais y'a quelque chose dedans que n'auront jamais tout un tas de groupes, SRV compris.

 

La livide ''I Saw You Shine'' est mortelle. T'es mort.

 

Voilà.

Voici.

Allez m'écouter ça, et surtout, si vous ne connaissiez pas, écoutez Flipper, bordel !

photo de El Gep
le 27/11/2019

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