Membrane - Burn your bridges

Membrane - "Burn your bridges"
chronique Membrane - Burn your bridges

On approche bientôt des vingt ans d'existence pour Membrane, trio noise originaire de Vesoul. Vingt ans, ça laisse le temps d'acquérir pas mal d'expérience, de maturité et d'assurance. C'est précisément ce que l'on peut retenir de Burn Your Bridges, cinquième opus de ces Franc-comtois enregistré à l'Indie Ear Studio de Belfort. Analyse.

 

On peut dire que le groupe porte bien son nom si l'on considère une membrane comme la mince paroi d'une substance poreuse qu'on interpose entre deux milieux et qui permet d'éliminer ou de concentrer certains constituants, par osmose, dialyse, filtration, etc... (dixit le Larousse lui-même). Membrane nous offre ici le substrat d'un grand nombre d'influences et c'est une excellente chose. L'intérêt de tout musicien n'est-il pas de décloisonner son environnement? Vous avez quatre heures, je ramasse les copies. On retrouve bien entendu un lourd maelström noisy comme sur "Stand in the rain" ou  "Fragile Things". On imagine assez facilement le plaisir que peut prendre le batteur sur des descentes de fûts telles que celles qu'il nous balance. C'est lourd, puissant et architectural.

Le chant, lacéré, oscille entre post-core ("Childhood Innocence", "At long Last") et rock. Genre que l'on retrouve tout au long de l'album au travers de subtils rappels. On parle bien ici de rock dans son entièreté et sa plus vaste palette, du rock obscur et mélancolique ("Burn your brigdes") aux guitares frôlant le desert stoner psyché bien dissimulé comme sur "Battlefield".

L'utilisation de samples et extraits d'oeuvres cinématographiques ajoute à l'ensemble déjà obscur une noirceur certaine. Une noirceur littéraire dans la conformité du genre, pourrons-nous dire.

 

Dans ce périlleux travail de mélange des genres, on observera parfois un manque de profondeur; cet entre-deux eaux un peu trop visible, se faisant un peu trop ressentir. C'est ici que réside la difficulté du décloisonnement. Capter l'essence des genres pour les diluer entre elles. Un travail d'alambic pour ne récolter que les gouttes les plus pures.

 

Membrane nous offre donc un joli travail avec Burn your bridges, résultat de deux décennies  d'expérience en tant que bouilleur de crû musical (ou de démolisseur de l'extrême, à vous de choisir l'image qui vous convient). Face à la difficulté de l'exercice, le résultat est plus qu'agréable. Il est réussi. On attend avec plaisir la prochaine sortie.

photo de Vincent Bouvier
le 02/04/2019

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