Mezcla - Metalmorfosis

Mezcla - "Metalmorfosis"
chronique Mezcla - Metalmorfosis

Pour Grror, pionnier hexagonal de l’entomologie métallique (… pour autant que je sache), l’histoire de la fourmi réac’ et de la cigale hippie s'accompagne idéalement d’un Metal moderne aux nuances Sympho/World. Pour Kafka, la métamorphose de l’Humain vers l’Insecte conduit à chausser les baskets du cancrelat, tandis que pour David Cronenberg ce sont plutôt celles de la mouche. Pour Nabilla, la Mante n’est pas religieuse mais Allo, quoi (… hum).

 

Eh bien Mezcla s’inscrit en faux contre ces conceptions biaisées de l’osmose sociéto-insecto-musicale: pour le groupe auxerrois une bonne « Metalmorfosis » produit de la Mante Thrash/Death old school plutôt crue – mais pas que – aux accents hispano prononcés. Et les termes « accents » et « prononcés » sont ici délibérément choisis, car la dimension ibérique de ce 3e album reste cantonnée au chant, ou presque. Ah ça, pour émettre des protestations plus acrimonieuses que le plus virulent des discours de Podemos, ‘y a du monde! Par contre il est où le Death Metal teinté de Flamenco qui nous était promis? Je veux bien que quelques rares riffs électro-acoustiques sentent un peu le Rioja, et que « Entomofobia » abrite des volutes de chant féminin quelques peu typés. Mais en dehors de ça, les 9 titres de Metalmorfosis ne poussent pas franchement à lancer des « Olé! » ou des « Vamos! » exaltés. Que les fans d’Impureza et les rêveurs qui fantasment à l’idée d’un hybride entre Illdisposed et Paco de Lucía ne se montent pas trop le bourrichon, ils risqueraient de tomber de haut...

 

D’autant que le Metal de Mezcla est plus Thrash que Death. Certes, sur nombre de titres ce Thrash glisse vers le Thrash/Death, et le côté sombre, roots de nos mariachis, ainsi que cette prod’ pas franchement édulcorée et ces gargarismes au vitriol qui piquent le fond de la gorge rappellent l’Amérique du Sud – continent qui s’illustre notamment par ses groupes de Death méchamment virulents. Certes, ça blaste pendant quelques secondes au début de « Esfinge de la Calavera ». Certes, l’unique titre en Français, « L’Usurpateur », rappelle un peu les Québécois Thrash(!)/Deatheux de Ghoulunatics. Mais finalement c’est presque plus au brouet Black/Thrash/Death des débuts que l’on pense en entendant cette hargne revancharde, « Sangre Y Arena » proposant même une trame mélodique (lead exclue) purement Black mélodique. Et puis des morceaux comme « Luciernaga » et « Esfinge de la Calavera » emmènent trop leur Thrash vers les sphères Hard Rock’n’Roll pour qu'on puisse laisser croire au chaland qu’il va ici goûter à la cuisine d’un disciple de Morbid Angel ou de Deicide. D’autant que si la base est un peu cracra, la lead est quant à elle trop lumineuse et caressante pour accompagner convenablement tout bon massacre de zombies à l’AK-47 qui se respecte.

 

« C’est pas tout ça l’ami, mais dis: l’est-y bon le Metal de Mezcla »?

 

Eh bien si l’on apprécie sa tartine de décibels crue mais mélodique, plutôt oui. En sachant qu’il faudra également apprécier les tempos slow-mid, le groupe ne s’attardant jamais trop dans les excès de vitesse. On appréciera notamment le côté épique et glacé de « Sangre Y Arena » (qui cavale bien, lui), la rage et l’accroche de « L’Usurpateur », ainsi que l’allant d’un « Luciernaga ». Par contre il faut reconnaitre que d’autres compos semblent parfois lestées de gros sabots, notamment au moment des refrains. C’est particulièrement vrai pour « Otra Dimension », « Metalmorfosis » et « Mantis Religiosa » qui se traînent parfois un peu lourdement sur le plancher des vaches. M’enfin même quand la stagnation balourde guette, hop: un bon coup de lead mélodique bien placée et ça repart plus fort qu'avec tous les Mars de Panoramix.

 

Du coup, malgré la déception de ne pas pouvoir étiqueter l’album « Flamenco Death », on apprécie ce voyage de l’autre côté des Pyrénées. Et l’on se dit que ça vaudrait le coup de jeter une oreille sur le back catalogue du groupe, histoire de voir si l’on ne pourrait pas y trouver des galettes plus généreuses en castagnettes…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: cru mais mélodique, sombre et hispanisant, le Thrash/Death de Mezcla ne propose pas la Fusion Flamenco / Death annoncée en couleurs vives sur la vitrine, mais convainc quand même sans mal de sa pertinence. En ajoutant un peu de sangria et en gommant quelques menues lourdeurs occasionnelles, le groupe aurait de quoi devenir le Roi de l’aRène!

photo de Cglaume
le 27/04/2017

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