Mörglbl - Brütal Römance

Chronique CD album (61:24)

chronique Mörglbl - Brütal Römance

La vache, ça fait 5 albums déjà que Mörglbl agite son tréma, ses consonnes multiples et sa déconographie douce à portée de nos esgourdes – que l’on pensait pourtant plus attentives que ça à ce qui se passe alentours – sans qu'on s'en soit rendu compte! Mais dans quelle grotte avons-nous donc bien pu siester pour les avoir ainsi loupés? Ah mais faites-donc voir un peu… OK: il semblerait que les loustics se traînent une étiquette « jazz metal » au pied gauche. Je comprends mieux. Il faut dire qu’avant que Step In Fluid n'ait brillamment évangélisé mes mécréantes oreilles, ce genre de chapelle musicale avait peu de chance de me voir faire des génuflexions en son sein. D’autant qu’en fait de groupe, ce blaze à la morgle-moi-le-nœud et cette classification électro-cuivrée cachent de fait la véritable nature de la formation: Mörglbl, c’est avant tout la chose d'un guitar hero nommé Christophe Godin. Certes, le tout fonctionne plutôt en mode déconne, et nous est livré emballé dans un package quelque peu Primussien, avec grosse basse dodue et tout le toutim. Mais même si les deux compères du maestro sont eux aussi de sacrées pointures dans leurs domaines, tout ça sent à plein nez la galette façon Yngwie Rondat / Joe Vai... Bref, un guitar hero-band qui, en l'occurence, jazz-métallise. La voilà l’explication du pourquoi le truc nous était passé sous le nez!

 

Petit mouvement de recul donc. Sauf que, hey!, récemment les chatouilleurs de cordes sont drôlement remontés dans mon estime, notamment grâce à Simon Devaux, et dans la famille des joyeux farfelus grâce à Emiliano Sicilia. Et puis non mais regardez-moi les titres de ces morceaux: « Gnocchis On The Block », « Cantal Goyave », « Fidel Gastro », et pour finir le parfait – et discret, puisque "bonus" – 11e morceau: « 11 casse »! Avec un capital sympathie aussi élevé, autant vous dire que j'étais parti pour écrire l'une de ces bonnes grosses chroniques-Big Bisous qui se rédigent le visage balafré d'une large banane.

 

D’autant que tiens, revenons un instant à Step in Fluid: sans parler du fait que les 2 groupes pratiquent tous deux le metal instrumental de haut vol, Mörglbl a comme son plus jeune frangin une nette aptitude à savoir enrober son groove et son funk de grosses guitares alliant volume pachydermique et pas de velours. Tiens, sur « Golden Ribs » (miam cette base rythmique tranchante à 0:30) ou sur cette remontée musclée, vers 2:42 sur « Oh P1 Can Not Be »: vous n’avez pas un peu l’impression de voir Harun et Florent piétiner dans le fluide? La charpente est lourde, la basse arbore un fessier bien rebondi, la batterie nous tapote amicalement l’épaule et nous appuie sur la nuque: ça swingue et ça latte. Mais tempérons quand même le propos, Mörglbl restant plus léger, plus frais, plus « décapotable rouge, fraises tagada, chromes rutilants et rock US sur l’autoradio, direction le sable chaud ». D’ailleurs ces passages happy-sunny-Satriani de lead rafraîchissante (sur « Fidel Gastro » par exemple), qui donnent l’impression de voir le grand Joe sur sa terrasse, face à la mer, un chapeau sur la tête et un mojito à la main, ramènent Brütal Römance dans un registre quand même moins gras... Et bien plus baigné de soleil et d’embruns, voire d’ambiances exotiques (cf. un « Surfer d’Argentine » bien chaloupé, dans lequel si je ne m’abuse, Christophe s’amuse à glisser un petit bout de « Besame Mucho »).

 

Si vous n’êtes pas braqués contre les effusions solo où il semble parfois que les morceaux se mettent au service des zicos plutôt que l’inverse (la fin de « Golden Ribs » / le retour à de la pure branlette rock vers 2:37 sur "Wig of change", après de bien bonnes expérimentations spatio-Meshuggiennes / …), vous prendrez votre panard à l’écoute de ce disque léger mais hyper léché, lumineux et chaleureux, rigolard et éminemment sympathique. Sinon, comme moi, vous regretterez ces quelques passages – peu nombreux hein, ne vous méprenez pas non plus – où la nature guitar hero-esque reprend le dessus. Mais même dans ce cas, il serait dommage de bêtement bouder son plaisir, Brütal Römance renfermant de ces morceaux qui foutent la patate et accompagnent idéalement des vacances au soleil. Parce que le « Oh P1 Can Not Be » qu’on évoquait tantôt est tout bonnement de la joie de vivre en branche, arrosée de sa couche de malice vivifiante. Et « Cantal Goyave » vous emmènera chevaucher le bitume à dos de scooter le long des verts rivages d’une côte antillaise. Sans parler de ce survol majestueux du volcan et des lagons avoisinant que vous offre un « Metal Khartoom » où – malgré une pause constituée d’une succession de 6 mini soli accordés successivement à la basse, la batterie et la guitare – l’excellence musicale de nos trois compères sert sans contestation possible la cause d’un morceau vraiment prenant.

 

Vous partez bientôt au soleil (oui je sais: c'est un peu tard...) et vous n’avez le droit d’emmener qu’un sac tout riquiqui? Prenez votre maillot de bain, une serviette, un décapsuleur, des capotes et Brütal Römance: vous verrez, vous allez passer des vacances du tonnerre!

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: du soleil, du groove, une basse funky, des guitares leads dans tous les sens, le tout en mode instrumental, en espadrilles, entre Satriani, Step in Fluid et … Allez tiens, les Red Hot version old school, pour la déconne légère et l’ambiance. Fais pêter le pastis Chris!

photo de Cglaume
le 10/09/2012

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