Monarch - Never Forever

Monarch - "Never Forever"
chronique Monarch - Never Forever

Voilà maintenant plus de 10ans que je suis le combo Bordelais (à l'origine Bayonnais), d'une rencontre dans un minuscule bar nantais au Roadburn, Hellfest et j'en passe, suivant leur nombre conséquent de disques et de changements de line-up avec attention. Si le groupe évolue, autant musicalement qu'humainement, le noyaux dur que sont Émilie, Shiran et Michell, lui, maintient la tête hors de l'eau depuis toutes ces années et ne faibli pas comme le prouve ce 8ème album.

Si Monarch! en impose autant, ce n'est pas (que) grâce à la moustache de Shiran ou à leur ribambelle d'amplis. Si j'ai appris une chose depuis le temps, c'est que leurs prestations scéniques ne sont a rater sous aucun prétexte. Tant dans la dynamique insufflée sur scène à une musique pourtant des plus lentes, qu'à la qualité du son développé sur les planches à un volume indécent, le discours du groupe est aussi simple qu'efficace et rassasie mes oreilles systématiquement. Il était donc d'autant plus pertinent pour moi de découvrir les nouveaux morceaux de ce disque en concert dans un premier temps afin d'en saisir toute leur ampleur (chose faite au festival Visions cet été sous 40degrés en plein cagnard d'après-midi, bonjour l'ambiance).

Suite logique aux Omens, Sabbat Noir, Sortilèges et plus récemment Sabbracadaver, le penchant mélodique de ce Never Forever s'affirme d'album en album depuis l'intégration de Shiran à Year Of No Light, à l'ajout d'une seconde guitare et au renouvellement vocal d’Émilie. Moins jusqu'auboutiste, certes, mais pas plus accessible pour autant au cas où les trve du fond viendraient à bouder le quintet du sud ouest. Si j'ai ma petite préférence pour la première période du groupe, jouant à diluer le plus possible les repères, le tempo et les riffs au travers de longues plages de fuzz en ébullition laissant toute la place possible aux dieux de l'électricité, force est de constater l'efficacité de cette nouvelle formule plus "catchy" (molo quand même). Des harmonies aux motifs mélodiques, des riffs bien heavy aux grognements de Michell qui nous fait entendre ses plus beaux "OUGH", la recette fonctionne a merveille. Loin de tomber dans les clichés du Funeral planplan, faussement sombre et mélancolique, le groupe ne cherche pas à nous endormir en pleurnichant sur la mort de Quorthon mais développe au contraire une ambiance autant tellurique qu'éthérée, bien servie par les multiples couches de voix (criées, mélodiques ou en spoken words), les intermèdes rituels et une science des mélodies que la NWOBHM leur envierait. Ce disque montre clairement une volonté du groupe de passer une étape musicalement (et de se faire plaisir avec une de leur succulente reprise, en l’occurrence  de Kiss cette fois ci), et au delà de l'artistique qui n'a jamais fait défaut au groupe, le fait de les voir signer sur Profound Lore me semble en être une seconde de franchie.

 

Un album complet, plus structuré de par son format, qui tente de nouvelles choses également, parfois avec quelques maladresse mais qui reste sincère et relativement juste de bout en bout, voilà qui me séduit. Une pièce de plus à l'édifice du groupe qui restera pour moi autant artistiquement qu'humainement la référence en France pour les musiques lentes et fortes.
Thor's Hammer est mort, vive Monarch!

photo de Viking Jazz
le 22/09/2017

2 COMMENTAIRES

Xuaterc

Xuaterc le 22/09/2017 à 10:58:59

Effectivement pour avoir vu le groupe en concert dans une petite salle, c'est une expérience rare. Mais je n'ai jamais pris le temps de me pencher sur leurs productions studio

gulo gulo

gulo gulo le 22/09/2017 à 23:27:30

Somptueux.

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