Monotheist - Scourge

Monotheist - "Scourge"
Monotheist - Scourge (chronique)

Ça va, ça vient, par vagues. Ainsi il y a quelques mois j’avais l’impression de ne chroniquer que du Swedeath plus ou moins crapuleux. Ces dernières semaines par contre, c’est une pleine caravane de skeuds de Death technique plus-ou-moins-Prog plus-ou-moins-velu qui me coton-tigent les oreilles. Tiens, aujourd’hui encore, après Exocrine, Gorod et Horrendous, c'est la deuxième protestation discographique de Monotheist qui squatte le mange-disque de mon terrier.  Oui, "Monotheist": un pseudo qui prend un peu à contre-pied, vu que dans la culture Metal on a plutôt tendance soit à malmener les divers grands barbus au plus haut des cieux, soit à sombrer dans le paganisme le plus polythéiste. Quoique, en y réfléchissant bien: le satanisme n’est-il pas un monothéisme après tout? Vous avez 2 heures…

 

Monotheist donc. Les zigs nous viennent de Floride, et si l’on s’en tient à leur mini-bio, leur fil de conduite les amène à mêler les poils de Suffocation, Death et Immolation avec la dentelle de Cynic, Extol et Opeth. Et en effet, quand on jette une oreille à la grosse heure que dure Scourge, on est bien obligé de reconnaître que ça brasse large parmi les genres à chant saturé. Du matraquage bien sec bien martial qu’on croirait Hate Eternal. De rares mais bien réels moments où ça gruike au fond du mosh-bidet. Un voile occasionnellement sulfureux qu’on pourrait attribuer à l’écoute fréquente de la bande à Ross Dolan et Robert Vigna (... ou bien est-ce juste que cette damnée prod’ est trop sourde et étouffée pour que tout ça respire convenablement?). Des breaks improbables qui font passer sans transition du Mordor au Caveau de la Huchette. Des orchestrations classiques pas avares en cordes violoneuses. Du flûtiau à gauche, des saveurs extrême-orientales à droite. Des galipettes Technodeath qui donnent le tournis et vrillent les tympans. De la basse rebondie et veloutée. Des saveurs Death mélodique bien old school. Et toute une ribambelle de morceaux à tiroir durant plus de 10 minutes ou pas loin (pas moins de 3 sur 8!), certains d’entre eux étant intégralement instrumentaux… De quoi vous refiler le tournis si vous n'avez pas le cœur bien accroché!

 

Si l’on ajoute à ça une belle petite pochette pleine de ces contrastes qui accrochent l’œil, on n’est plus très loin de ce qui pourrait ressembler à du Rhââ Lovely en boîte.

 

Et pourtant, mouôrf… Voire même bof. Trop tortillon, trop long, trop alambiqué, trop ambitieux, trop crachou’ au niveau du son (avec une telle palette il faut que ça étincelle, qu’on puisse admirer les détails!). Trop éparpillé du coup, aussi, le travail de composition ne réussissant pas à alléger la digestion.

Du coup on en ressort un peu déçu, avec l’impression que la chose aurait pu être énorme, tel un Molten Giant bis, mais qu’elle rate finalement le coche…

 

Ainsi la première moitié de l’album – la parenthèse classique prétentieuse « Mark of the Beast I: The Image (Prelude) » mise à part – tabasse-t-elle un peu trop dru, dans un cocon un peu trop hermétique pour qu’on profite à plein de l’exercice. Par contre quand vient la « face B », nettement plus Prog, plus mélodique et accueillante, le sourire finit par revenir, bien qu'on ait du mal à comprendre l’intérêt de cette dichotomie un peu trop nette. Mais même sur cette deuxième mi-temps l’horloge semble parfois mettre un temps fou à tourner, les morceaux étant de looooooongues pièces pas toujours assimilables à des promenades de santé. Alors c’est vrai que sur « Desolate, It Mourns Before Me » on respire et on sourit, régulièrement bercé par une douce mélodie féminine hors du temps. C’est vrai aussi qu’avec « Abominable Acts » on frôle le niveau d’excellence des compos Exocriniennes. Et que des bribes du Death mélo à la mode Swanö flottent en divers endroit du flot de « Scourge ». Mais je mentirais si j’affirmais qu’à aucun moment on ne jette un coup d’œil en loucedé à sa montre…

 

Oui, je sais: plus le Metal pratiqué est complexe et « élitiste », plus il y a moyen d’y avoir clivage,avec les ceusses qui ont tout compris et qui kiffent d’un côté, et les tièdes un peu gavés de l’autre. Il n’y a qu’à voir comment certains grognons ont accueilli Molten Giant. En ce qui concerne Monotheist, j’ai bien peur cette fois de faire partie du banc sur lequel ça soupire… Du coup je n’essaierai pas de vous dégouter d’essayer Scourge – l’objet est finement ciselé, ça c’est sûr – mais je ne risque pas non plus de vous saouler avec pendant des semaines…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: dans Scourge il y a de tout. Du Death brutal, voire gruiky. Du Death technique, avec foulure du poignet et mal au crâne de série. Des mélodies tout plein. Du old school, du proggy, du jazzy, de l’orchestral, de l’instrumental, du morceau à rallonge… Le problème c’est qu’à la fin on a la tête qui tourne et l’estomac lourd plutôt que les yeux qui brillent et le sourire aux lèvres. M’enfin pour claquer, c'est sûr, ça claque!

photo de Cglaume
le 18/09/2018

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Tracklist

01. The Grey King
02. The Great Chain at the Neck of the Earth
03. Mark of the Beast I: The Image (Prelude)
04. Mark of the Beast II: Scion of Darkness
05. Infinite Wisdom
06. Desolate, It Mourns Before Me
07. Abominable Acts
08. Scourge

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