Montreal on fire - Decline and fall

Chronique CD album (42 minutes)

chronique Montreal on fire - Decline and fall
Le jeune label toulousain Lacrymal records nous a toujours proposé des groupes à part, typiques de l'atypisme musical de la ville rose. Parmi eux beaucoup se souviennent des excellents I pilot daemon. Et bien Montreal on fire est un mélange partiel de ces derniers avec des membres de Plebeian Grandstand. MOF est au départ un projet sans réel ambition qui finalement s'est transformé en une réelle entité.

De la personnalité, Montreal on fire n'en manque pas et pourtant s’en cherche tellement…! Avec une production glaciale proche du son d'un Joy Division underground, on a le sentiment que tout est fait avec la passion comme moteur, malgré peu de moyens.

Le résultat est propre et a une véritable consistance. Déprimante, désespérée, déchirante, poignante, la musique de Montreal on fire se veut comme son titre l'indique définitivement négative. En effet, Decline and fall était déjà un indice de l'ambiance générale qui devait s’en dégager.

Le groupe nous propose une musique oscillant entre post-rock et post-punk. Mais le ridicule terminologique de ces étiquettes n'est pas vraiment informatif.
L'introduction de "I is another one" l'est plus. Un clavier ambiant, un arpège lent, mélancolique, une basse très lourde et hyper audible, le départ est vraiment lancé avec les plaintes du chanteur.

Le chant, point central du projet est vraiment l'âme de Montreal on fire. Qu'on aime ou pas, il est difficile de nier la sincérité qui s'en dégage.
La légère réverbération est le principal effet qui lui est apporté. On s'en sent ainsi très proche et pourtant si éloigné, c'est un sentiment saisissant sur "Beyond the beauty", particulièrement lorsque chaque fois qu'un mot est appuyé.

Instrumentalement, l’ensemble est maitrisé (cela va sans dire), l’ennui serait plutôt du côté de l’inspiration. Il faut oser critiquer les bonshommes derrière les instruments, mais pourtant, force est de constater que l’on tourne un peu en rond. Si l’efficacité est de mise, elle est mise à mal par la répétition d’envolées de guitares aussi attendues que réussies. Derrière cette contradiction se cache ce que tous les grands groupes de post-rock (Goodspeed you black emperor, Explosions in the sky) ont toujours faits, et ce que les petits copient.
Alors, oui, Montreal on fire transporte (brutalement souvent), oui Montreal on fire touche son auditeur, mais avec des procédés déjà maintes fois utilisés.

"Black table" est un titre un peu à part avec son aspect décousu mais qui cache une mécanique parfaite. Si l’on avait pu douter de l’utilité de « Of Castelbini », plage ambiante, le groupe trouve ici un second souffle. Mais il retombe trop rapidement avec "Stillbirth", un titre bien trop insipide face à la mélancolie explosive distillée sur "Waiting for storm to pass".

Finalement, le titre qui clôt cet album est à l’image de l’ensemble. "All things lie" possède une intro qui ne décolle pas, des cris ravageurs qui semblent se perdre face à une guitare qui tire dans l’émotion la plus simpliste.
Pourtant, derrière ce portrait un peu noir du groupe se cache une incroyable sincérité qui peut toucher les oreilles les plus sensibles.
Cela demeure à l’appréciation de chacun, mais pour ma part, cette sortie de Lacrymal Records n’est pas la meilleure car derrière certaines audaces se cachent des facilités décevantes.
Malgré le carcan de la critique et de la note se cachent aussi la sensibilité à une musique. Définitivement, Montreal on fire est à écouter, son appréciation étant une autre question.
photo de Tookie
le 03/08/2009

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