Mors Principium Est - ...And Death Said Live

Chronique CD album (46:19)

chronique Mors Principium Est - ...And Death Said Live

Après avoir connu l'abondance – voire la surabondance – dans les années 90s, à une époque où la sortie des premiers albums de Dark Tranquillity, At The Gates et In Flames provoquait en cascade l'enregistrement de flopées d'opus faits du même bois, le fan de melodeath connut ensuite des années de vaches maigres. Si le death mélodique au sens large a toujours su trouver des têtes de pont pour continuer à entretenir la flamme d'année en année – merci Amon Amarth, Hypocrisy, Disillusion, Dark Age ou plus récemment Barren Earth –, il y eut beaucoup moins de combos respectant les stricts critères stylistiques de cette chapelle devant autant au death qu'au black, à la NWOBHM et aux longues soirées d'hiver à regarder tomber la neige.

 

Parmi les rares durs à cuire à ne pas avoir baissé la garde, Mors Principium Est est sans doute de ceux qui font le plus l'unanimité, l'excellent The Unborn, sorti en 2005, ayant joué pour beaucoup dans l'établissement de cette solide réputation. Mais ces dernières années, ça sentait quand même fort la pré-retraite sans pot de départ chez les finlandais. C'est qu'il y a eu beaucoup de mouvement dans les rangs de le formation, et qu'à voir tanguer aussi fort et aussi régulièrement le navire, les fans avaient commencé à se faire une raison et s'apprêtaient à tout moment à voir l'équipage passer par dessus bord. Mais telle la maison Phénix de René de Sessandre (j'ai du mal avec cette expression), au bout de 5 ans, et après avoir dégotté 2 nouveaux guitaristes (un dans la perfide Albion, l'autre dans la patrie de Peter Jackson  ça va être facile de monter des séances de répèt' régulières tiens...), Mors Principium Est nous revient avec un ...And Death Said Live qui ne change pas d'un iota la ligne de conduite du groupe. C'est qu'ils ont la peau et la tête dures les bougres!

 

Pour aller à l'essentiel, sachez que ce 4e album ravira les amateurs du genre. Les guitares y brillent au firmament des dieux de la lead et du solo, les sprints y sont fulgurants, les mélodies y sont pleines de pétales de rose tombant sur fond de mer glacée, les cordes vocales y ont un PH bien inférieur à 7... Bref: vous n'avez plus qu'à saisir votre marteau de guerre et à sauter sur votre fier destrier pour chevaucher à travers les plaines enneigées en quête de sang et de gloire. Bon, avec ce synthé qui plaque des nappes discrètes, et ce court morceau-titre instrumental, c'est sûr qu'on pense au Dark Tranquillity de The Mind's Eye. Et puis un titre comme « Destroyer Of All » et son gimmick je-recharge-mon-flingue-pan-Suicide-Nation-dans-ta-face, c'est du pur concentré d'At The Gates. Mais non, le groupe ne fait pas que dans le cliché. Tiens, écoutez donc « Birth Of The Starchild ». OK, ça commence comme du At The Gates, mais attendez voir. OK, ça continue comme le « Let Them Burn » de Kataklysm, mais cessez donc de trépigner! Tiens, vous voyez, qu'est-ce que je vous disais: pas commun hein, ces poussées de synthélectro!? On se croirait presque égaré sur un album de Blood Stain Child. Le résultat est vraiment pas mal pour le coup.

 

On notera quand même quelques sonorités – vocales notamment – qui font parfois penser à ce que les petits jeunes d'Outre Atlantique ont pu produire depuis qu'ils ont découvert l'existence de la Suède. M'enfin n'ayez pas peur, Mors Principum Est ne prend pas le chemin emprunté par In Flames, c'est juste que parfois, en fermant les yeux, au lieu de s'imaginer des pandas satanistes s'accordant une pause romanesque en terrain mélodique, on croit distinguer des p'tits djeunz tatoués de la génération "Une mèche de qualité est une mèche Vivelle Dop". D'ailleurs les featurings de Jona de Bring Me The Horizon et Ryan de The Black Dahlia Murder doivent forcément participer à cette impression. Mais ne vous inquiétez pas, rien de rédhibitoire.

 

Si vous êtes un indécrottable nostalgique de l'époque où Göteborg était la capitale mondiale du death sucré de qualité, avec ...And Death Said Live, vous êtes sûr de vous offrir de belles tartines de décibels au miel, sans trop d'originalité certes, mais réalisées avec une ferveur, une expertise et une inspiration indéniables. Et sur des bijoux comme « Bringer Of Light » ou « What The Future Holds », vous êtes assurés de grimper fissa aux rideaux. Alors laissez-vous tenter, vous ne serez pas déçus. Si par contre vous recherchez l'originalité à tout prix, vous pouvez passer votre chemin (... et tant pis pour vous!).

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: non, le melodeath from Göteborg n'est pas mort, et Mors Principium Est non plus. ...And Death Said Live est un très bon album du genre, qui ravira les nostalgique de l'orthodoxie At The Gato-Dark Tranquillitienne.

photo de Cglaume
le 12/02/2013

3 COMMENTAIRES

Domain-Of-Death

Domain-Of-Death le 12/02/2013 à 14:21:31

Ils sont vivants! Je garde un bon souvenir de leur Liberation = Termination, nostalgie... :p

Tookie

Tookie le 12/02/2013 à 16:54:36

Ecouté encore hier, pour moi, une des meilleures sorties de l'année 2012 dans le genre !

cglaume

cglaume le 12/02/2013 à 17:44:40

Mais le genre n'est malheureusement pas très prolifique (pour ce que j'en sais...)

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