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Mr. Bungle - "California"

Mr. Bungle - "California"
chronique Mr. Bungle - California
Bungleito

écouter "Vanity Fair"

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CD album CD album (44:17)

 

Style musical : 

Nawak classieux faussement bobo

 

Année : 

1999

 

Tracklist :

1. Sweet Charity
2. None Of Them Knew They Were Robots
3. Retrovertigo
4. The Air-Conditioned Nightmare
5. Ars Moriendi
6. Pink Cigarette
7. Golem ll: The Bionic Vapour Boy
8. The Holy Filament
9. Vanity Fair
10. Goodbye Sober Day

 

Label : 

Warner Bros. Records
Dans le même style :
Leprous - Malina

Les requêtes du Prêtre Nawak (ou comment sournoisement détourner les clauses d'exclusivité naïvement signées par notre léporidé glaumesque au sein de son ancien terrier) – Épisode 3

 

Vous vous en étonnerez sûrement de me voir signer cette présente chronique dans le sens où Mr. Bungle, c'est LE candidat de plume glaumesque par excellence. Eh bien, figurez-vous que même s'il aurait sans doute bien voulu la faire, le pauvre est pieds et mains liés dans le sens où il est encore emprisonné des chaînes de son ancienne crèmerie qui lui a fait signé à l'époque une clause d'exclusivité. Sous la torture, vous vous en doutez bien. Et comme il y a tout un panel d'autres groupes dans ce même cas de figure, il est possible que la série s'étende sur d'autres croustillades dans le futur. C'est donc Bibi, sous la gentille demande du prêtre Nawak en chef, qui se doit de rectifier l'absence du triptyque discographique de la toute première troupe de Mike Patton, ayant vu le jour bien avant son intégration au sein de Faith No More, dans la base du site. Si honorée aurais-je dû me sentir, je dois bien admettre avoir comme une petite vague de haine, toute en cordialité. Et pour cause, traiter de Mr. Bungle – à l'instar de Faith No More d'ailleurs – pour moi, c'est comme ouvrir une boîte de Pandore. D'où le fait que je ne peux me résoudre à les noter, ni même d'en parler avec beaucoup de recul, d'objectivité ou quelconque approche critique dite « journalistique ». Et puis merde, fuck la conscience professionnelle, ce n'est pas comme si ça allait me garnir le compte en banque après tout !

 

Doucement mais sûrement, on en arrive à l'ultime offrande de Mr. Bungle, California. J'avais dit que j'avais une tendresse toute particulière pour l'éponyme mais il faut reconnaître qu'en mettant un peu plus de distance, ce dernière galette est... Ultime également d'un point de vue qualitatif. On pourra également rajouter que si le premier groupe de Mike Patton fait partie de vos lacunes et que vous êtes curieux de la combler, c'est par celui-ci sans la moindre hésitation qu'il vous faut commencer. Parce qu'à l'image du funeste Album Of The Year sorti deux ans auparavant qui a marqué la fin de la première partie de carrière de Faith No More, California joue la carte de l'accessibilité. En cela, on se situe à mille lieux de son grand frère Disco Volante qui demandait une bonne dose d'investissement et des oreilles bien préparées afin de le digérer. Là, on peut y aller la fleur au fusil pour aborder California qui passe tout seul en premier lieu.

 

Alors, bien sûr, Mr. Bungle ne s'est pas contenté de se la jouer « pilote automatique se contentant d'une version convenue de l'entité » qui a fait défaut à Album Of The Year. La facilité d'écoute de California vient surtout que l'on retrouve sur tout l'album le même fil rouge en terme d'ambiance. Tout du long, on a l'impression de rester dans le même contexte : exhibition de bobos les plus blaireaux et fringants sous le soleil californien, tel ce qu'on voit à Cannes en saison estivale version Berverly Hills, avec sa bonne part de dérision et grand guignolesque malsain. Et pour reprendre la comparaison avec la chronique de l'album éponyme, il y a comme un petit goût lointain de Society mais s'ancrant dans l'avant-final. Et, mine de rien, ce fil rouge apporte beaucoup d'aisance dans l'appréhension dans le sens où cela donne une impression d'homogénéité qui pète simplement quelques durites de temps à autre... Purement illusoire en réalité.

 

Dès lorsqu'on creuse un peu la roche, la diversité stylistique est là, crachée dans la face de manière pourtant évidente et finalement, rien ne se ressemble. Chaque morceau jouit de sa personnalité, et toutes s'avèrent riches et foisonnantes de détails qui seront totalement imperceptibles sur les premières écoutes. Spruance l'avait confié, outre ses altercations avec Patton, California s'était avéré une galette extrêmement compliquée à façonner en studio tant tout a été densifié en terme d'épaisseur musicale afin de servir une meilleure concision – seul un titre passe la barre des 6 minutes après tout. Et l'on atteint là une densité digeste, dégageant un charme harmonieux et équilibré malgré que l'on se situe toujours dans l'addition d'éléments improbables. Le tout avec un sentiment de classe et d'élégance assez crooner dans l'esprit. On aura beau dire, California a failli rester un cas unique dans son genre si Diablo Swing Orchestra n'avait pas pointé le bout de son nez avec Pacifisticuffs qui dégage cette même aura et particularité, se différenciant simplement qu'il faille chercher du côté Broadway et comédie musicale pour le fil rouge. Alors que Mr. Bungle s'est toujours davantage focalisé sur des procédés de BO de films – l'influence Ennio Morricone en tête – à plus forte raison pour cet album-ci où l'on sent bien que le premier album éponyme de Fantômas était encore tout frais. C'est qu'il n'est sorti que deux mois plus tôt après tout... Bref, pas étonnant du tout que cette galette ait été un casse-tête méticuleux en studio tel que ça en ait implosé le groupe, même s'il ne l'a jamais officiellement annoncé comme splitté.

 

Je m'en arrêterai là pour ce California. Bien sûr, je pourrais vous faire du track by track ou m'attarder sur des exemples et éléments précis mais on évitera la redite vu que le lapin jaune l'avait déjà très bien fait. Juste qu'il s'agit là du meilleur album de Mr. Bungle, qu'il aurait certainement été difficile de surpasser ou simplement égaler s'il avait continué sa carrière. Même si l'on voit pas mal de similarités avec l'éponyme – Disco Volante reste un cas à part on sent la maîtrise des années qui lui a permis de maîtriser et d'ordonner son patchwork, originellement bordélique. Le tout avec une production plus moderne qui passe beaucoup mieux le cap du temps. L'ultime offrande... Ultime !

photo de Margoth
le 23/09/2018

Note des commentateurs : 9/10 (sur 1 votes)

Commentaires

Dams

Sa note : 9/10

Dams le 23/09/2018 à 09:05:32

Tout un album !

cglaume

cglaume le 23/09/2018 à 09:48:47

Enfin, la Bible Nawak sur CoreAndCo !!!

Xuaterc

Xuaterc le 23/09/2018 à 10:25:41

Elle a bon dos cette prétendue "clause d'exclusivité" que personne n'a vu. Tout ça pour refiler du boulot à ses collègues. Démasqué le Lapin... :-)

le botch

le botch le 23/09/2018 à 10:51:10

IP : 89.159.100.31

Pas mon préféré du Bungle mais un gros morceau quand même ! Autant de folie et de créativité à un tel niveau d'accessibilité, ça tient du génie !!!!

cglaume

cglaume le 23/09/2018 à 11:27:04

:). @Xuxu: chroniquer 2 fois un même album, ça passe si c'est sur des médias et dans des formats différents. Sinon ça devient de la goinfrerie :)

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