Myster Möbius - Myster Möbius

Chronique CD album (51.20)

chronique Myster Möbius - Myster Möbius

Groupe franco-hongrois, Myster Möbius se démarque de bon nombre de ses semblables en jouant son hypnorock qui peut partir d'inflexions à la Primus (l'amorce de "Mirage", le morceau introductif) pour ensuite pénétrer en territoire electro, math, progressif même, dub aussi, le tout sous l'impulsion d'une énergie rock jamais prise en défaut et selon des trames changeantes, qui dès le morceau précité, oscillent entre vigueur non retenue et ouvertures plus psyché. La maitrise est totale, le groove impressionnant, et le tout affiche une belle originalité. On pense à un Marvin plus ouvertement electro ("Marche"), et les éléments musicaux se mêlent pour, à l'arrivée, créer un style hybride qui met en avant l'identité de Myster Möbius, qui parvient de plus à captiver son auditoire sur des durées dépassant très souvent les six minutes.

 

Entre rythmes assénés ("Carbone 14") aux guitares excitées et sortant des sons venus d'ailleurs, canevas psyché massif et agité puis plus modéré ("Technoïde") et sous l'égide de cette basse omniprésente et décisive, la formation frappe un grand coup, en ce début d'album, et ne s'arrête pas  en si bon chemin, un "Cigany" mécanique et turbulent, fantaisiste, venant compléter l'œuvre prometteuse qu'est cet album. Des sonorités de clavier ingénieuses se frottent aux éléments plus organiques, pris dans l'élan d'une batterie galopante, et les breaks judicieux parachèvent ce travail remarquable. La guitare, acide, balourdant des giclées jouissives bien placées, est d'un apport indéniable.

 

La suite n'est pas en reste et "Icarus airlines", aux sons planants, porté par la basse de Janos Hegedus que vient "déglinguer" la six-corde aiguisée de Benjamin Constantini, puis "Système solaire", aux motifs obsédants, imposent eux aussi leur cheminement à la croisée des genres, tantôt vivace, tantôt apaisé, ou associant les deux avec dextérité.

"2102364", et un "Mach 5" mettant fin aux festivités, n'offrant aucune faiblesse, le premier dans une tendance aérienne plutôt étoffé, alerte, le second de façon plus saccadé mais subtile et percutante, venant finir l'ouvrage, probant, de ce groupe qui donnerait presque l'envie de développer les collaborations avec nos voisins de l'est, comme Vunneny.

 

Excellent album donc, qui plus est complètement à part, et parfaitement "flingué", en sa fin, par les riffs de feu d'une gratte aussi réjouissante que le reste des instruments mis en scène.

photo de Refuse to keep silent
le 25/09/2010

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