Necrophobic - Mark of the Necrogram

Chronique CD album (48:14)

chronique Necrophobic - Mark of the Necrogram

…N’empêche, en terme de timing c’est super bien foutu: à l’heure où je vous écris ces lignes, la vague de froid Moscou-Paris transforme l’Hexagone en un frigo géant où baguettes surgelées et camemberts congelés arpentent les allées du salon de l’Agriculture comme ils visiteraient un élevage de Kinder Pinguis en batterie. Tout ça vous semble peut-être un peu lointain à l'heure qu'il est, mais pour vous causer du 8e album de Necrophobic, on pouvait difficilement espérer mieux! Parce que même s'il procure une agréable sensation de fraîcheur quand on l’enfourne dans son lecteur, confortablement affalé sur un transat face à la Mer des Caraïbes, un album comme Mark Of The Necrogram est fait pour être savouré par une tempête hivernale, sur le seuil d’une bâtisse en bois à demi enfouie sous la neige, alors que des bourrasques glacées s’engouffrent dans les méandres des fjords en contrebas. Ou alors sous un velux revêtu d’une fine couche de flocons duveteux, les chaussettes désespérément blotties contre le radiateur – si par malheur vous habitez plus prêt de Vesoul que de Trondheim.

 

Après un Womb of Lilithu un peu décevant parce que trop long et trop chichiteux, j’avoue que je n’attendais pas la nouvelle offrande des Suédois avec l’intensité fiévreuse qu’aurait pourtant pu mériter la lointaine descendance discographique de The Nocturnal Silence et Hrimthursum, seuls albums que j’affectionne vraiment parmi ceux que je connais du groupe. Et pourtant certains signes pouvaient laisser présager du bon, comme le retour d’Anders Strokirk – le chanteur du cultissime premier album – ainsi que celui de Sebastian Ramstedt et Johan Bergebäck – bretteurs qui étaient partis en 2011. Si vous ajoutez à cela une pochette à nouveau réalisée par M. Necrolord, ça commence à faire beaucoup d’indicateurs dans le vert.

 

Et en effet, c’est bien le blizzard mélodique du royaume de Dissection qui se déchaîne à nouveau sur ces 10 titres qui vont faire le bonheur des fans de sucre glace Black/Death à la mode suédoise. Dès les premières secondes du morceau-titre on se retrouve à chevaucher à bride abattue un pur-sang démoniaque ne craignant ni le feu, ni le froid, vers un champ de bataille apocalyptique où s’affrontent farouchement le F.C. Niflheim et l’A.S. Midgard. C’est fier, c’est épique, c’est conquérant, c’est plein d’engelures sous les mitaines. Les leads étonnamment délicates tremblent d’un écho givré. Les refrains sont autant d’incantations entêtantes répétées ad nauseam. Il est vrai que cette extrême homogénéité de ton, ces arpèges égrainés avec une régulière roublardise lors de pauses inquiétantes, ces harangues émanant de Nazgûls tantôt fulminants, tantôt fatalistes, tantôt menaçants, ça peut sembler un peu monolithique à force: du coup on n’octroiera pas plus de 8/10 à ce 8e opus (8-8-8, the Mark of the Necrograaaam!). Mais il ne récoltera pas moins non plus, l’album regorgeant de tout ce qui fait fondre de plaisir l’amateur du genre. D’autant que cette homogénéité est à nuancer de mid-tempos lors desquels la bande à Joakim Sterner prend de faux airs d’Amon Amarth démoniaque (« Tsar Bomba »), de lourdes avancées dépressives (le plus mitigé « From the Great Above to the Great Below »), de passages plus « Rock’n’Roll » (« Crown of Horns » serait-il un petit clin d’œil à The Crown?) et d’autres petites accroches intelligemment disséminées de-ci de-là.

 

Alors hardi les cœurs vaillants qui frissonnent de plaisirs à l’évocation de Storm of the Light's Bane comme à celle du passé glorieux de Necrophobic! On sait toujours faire hennir et galoper les destriers des cavaliers de l’Apocalypse chez les voisins du Grand Nord! Non le Black/Death mélo n’est pas mort. Et Dieu que l’année 2018 s’annonce bien pour le Metal extrême d'obédience scandinave (on recause de The Crown et Sentient Horror sous peu…)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: ne confondez pas: 1) Marc Lavoine a les yeux revolver sur le parking des anges 2) Mark of the Necrogram a le Black / Death mélo qui avoine – lui aussi – mais à la sulfateuse, et au fond des fjords. Ce 8e album de Necrophobic est un retour brillant qui n’égale peut-être pas les classiques du groupe, mais qui les talonne de pas si loin que ça. Un bonheur evil et sucré par -18°C.

photo de Cglaume
le 02/04/2018

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