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Nine Eleven - "Sentinels"

Nine Eleven - "Sentinels"
chronique Nine Eleven - Sentinels
8,5/10 0

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CD album CD album (33:47)

 

Style musical : 

Post-Hardcore Crusty

 

Année : 

2016

 

Tracklist :

1. Sentinels

 

Label : 

Don't Trust the Hype Recordz, etc.

 

Lieu d'enregistrement : 

The Apiary studio
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Le premier mot qui me vient à l’esprit pour caractériser l’esprit de résistance, l’aplomb musical et la ténacité historique dont fait preuve Nine Eleven depuis tout ce temps passé à écumer la scène DIY est celui d’Institution. N’en déplaise aux membres de Nine Eleven eux-mêmes, à leur sensibilité Anti-autoritaire et à leur aversion viscérale pour les « Institutions disciplinaires », mais il est difficile de faire l’économie de cette notion pour qualifier nos infatigables forçats. En effet, malgré cette volonté de subsister dans l’obscurité Underground, de se détourner de l’« Art subversif » et de pester sans vergogne contre d’aliénantes Institutions, Nine Eleven est en train de marquer durablement l’inconscient collectif Punk-Hardcore et son nom devrait perdurer, du moins on l’espère, au-delà du temps existentiel de n’importe quel Punk à crête (Au-delà de 37 ans je crois).

De mauvais goût cette blague, mais bon il y en a marre !! C’est toujours les mêmes qui en concert terrorisent mon veston de leurs bières renversantes juste après avoir prononcé ces quelques mots prévenants: « Hey vas-y on pousse ça va être rigolo !! »… Justice pour tous les frileux du Pit et pour les dommages collatéraux qu’ils subissent après les assauts des quelques exaltés de la testostérone.

 

Sans transition…

 

Avec Sentinels, Nine Eleven démontre après un 24 Years aux allures rétrospectives de Hors-d’œuvre, leur rapprochement de terres plus Post-Hardcore. En effet, la vitesse d’exécution des compos nous renseigne à elle seule sur la teneur en Post du dernier Opus de Nine Eleven et confirme une affinité déjà clairement assumée sur 24 Years. Même si on ne saurait faire l’économie de nécessaires et dévastatrices Crust Parts chez Nine Eleven, pas d’inquiétude à avoir : l’esprit et la rage Punk sont toujours au rendez-vous, leur dernier morceau de bravoure s'avère donc dans l'ensemble plus posé dans son déroulement.

Si la parenté entre Sentinels et 24 Years est aussi manifeste que troublante, en cause un rendu dans la production quasi photo-réaliste, le petit dernier de Nine Eleven paraît en effet plus homogène que son prédécesseur. Malgré une pardonnable désaffection du groupe pour le Hardcore qui a fait ses lettres de noblesse, disons plus tranchant et plus expéditif, il se dégage de Sentinels, excepté sur la fin j’y reviendrai, une ambiance mélancoliquement très dense. Album concept, Sentinels est à appréhender et à apprécier dans son entièreté, de son début très sombre à sa fin haute en couleur. Il se dégage de cet album une atmosphère relativement enivrante qui vous plongerait presque, tant les réécoutes sont ici nécessaires et irrésistibles, dans les récurrences d’un monomaniaque. On peut tout de même s’autoriser quelques redites, après tout ce n’est que pour le « bonheur du plaisir… »

 

L’instrumentation mérite bien que l’on y consacre quelques lignes. Dans l’ensemble, les deux guitares sont comme à l’accoutumée, toutes en contraste et en complémentarité. Le guitariste rythmique nous assène de corpulents accords, plaqués comme il faut, pendant que son comparse nous flatte, en filigrane, de ses funestes arpèges. Pour ce qui est des arpèges, on retrouve souvent sur Sentinels une même boucle mélodique de laquelle se détache le fil rouge de l’album. Ces rappels pourrait en user plus d’un à la longue mais dans l’approche narrative que peut avoir Nine Eleven cela fait plutôt sens et renforce l’aspect conceptuel de Sentinels. Le batteur de son côté arrive à être varié même si je le répète, l’album tire plutôt vers la lenteur : son jeu s’en ressent. Il est très épuré, fait de petites touches éparses et plus techniques dans les breaks mais rien de trop. Son style me rappelle, avec beaucoup de nostalgie, l’adresse du batteur de I Pilot Daemon. Le bassiste et le chanteur sont inépuisables dans leur brutalité. Le Frontman urgentiste est en effet très appliqué dans sa colère (« A Model Of A New Christian Charity »). Une telle débauche de fureur fait toujours plaisir à entendre. L’emploi d’instruments peu orthodoxes (violon, violoncelle, trompette) fait passer certains morceaux du statut de bien cool à carrément épique (« From The Field To The House », « The Shadow Of a Gun Game »).

 

Le temps fort de l’album, qui ne saurait s’apprécier en l’isolant du reste, repose pour ma part dans l’intervention finale et totalement inattendue des cuivres. Complétement incrédule au début, les « pouet pouet » de la Trompette trouvent une résonance toute particulière en quelques instants. Ils arrivent à nous extraire de cette atmosphère pesante. Une fin chaleureuse donc, en mesure de relever le plus émiettés des Hommes, pour mieux l’accompagner sur les chemins ardents de l’émancipation.

 

“Build up for Ourselves the world of the Reborn Child”

 

Chez Nine Eleven on ne se refuse rien et surtout pas de changer un peu ses habitudes et son rapport à la culture Punk. Le changement, nécessaire et irrésistible semble commander  l’action de Nine Eleven, et ce de ses débuts jusqu’à ce classieux Sentinels. Le changement social lui se fait toujours attendre, Nine Eleven le déplore comme beaucoup d’entre nous. La question qui se pose : Le changement social devra-t-il se faire au prix du dépassement de l’esthétique qu’incarne entre autre Nine Eleven ? Trouverions nous du beau ailleurs que dans une esthétique qui certes sublime une réalité froide, redonne de l’ardeur à nos petits cœurs battants etc., mais dont l’inspiration et les conditions d’existence dépendent directement de la continuation de l’immonde et du désastre ambiant.

 

De l’utilité des Trompettes mon frère !

photo de Freaks
le 02/03/2017

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