No Vale Nada - Alter Ego

chronique No Vale Nada - Alter Ego

C'est une claque, c'est une patate, que dis-je, c'est un décapage épidermo-facial en règle. No Vale Nada sera (au moins) dans le top 3 des grosses surprises françaises 2019. Le trio chaumontais nous propose Alter Ego, deuxième opus, enregistré et mixé par les soins d'Amaury Sauvé dans l'antre de l'Apiary Studio (incontestable gage de qualité, soit dit en passant). C'est lourd, c'est moche, psychologiquement instable et viscéralement puissant. C'est No Vale Nada. Analyse.

 

La première écoute se conclut de la manière suivante : il n'y a rien à jeter. Rien n'altère l'efficacité de ce sombre post-hardcore exprimé en flux tendu. On se prend la rage d'une meute malsaine en pleine face (et je pèse parfaitement le sens de chacun des mots de cette phrase). Lorsque l'on se penche un peu plus sur la question, on découvre une composition travaillée, aboutie et savamment orchestrée. Chaque détail, chaque petit riff ou gimmick est à sa place et foncièrement efficace (comme le refrain d'"Un toi(t) sans nous", pour n'en citer qu'un). Les lourdes et puissantes guitares expriment toute la franchise d'un fou (au sens premier du terme : qui est hors de soi, très énervé, à bout de nerfs nous dit notre ami le Robert) renforcées par un chant constamment (écorché) à vif. Les textes, sincères, mettent à charge nos rapports sociaux, à soi, à l'existence. On se laisse porter tout au long de l'album dans les méandres (moches et insalubres) d'une psyché torturée. "02", en milieu d'album, nous offre un peu de répit... … pour mieux déprimer. On pourrait s'amuser à la qualifier de contemplaintive. Un mélange de complainte et contemplative. Mais une fois encore et à défaut de me répéter, elle a ici toute sa place et ne pouvait pas être ailleurs ni même ne pas être. Savourée, on en est malgré tout très vite sortie par la jolie prestation du batteur (ce ne sera pas la seule) qui nous remets d'aplomb, au sein de cette meute nihiliste.

"Plutôt crever que mourir" vient conclure cet album, reprenant la même recette, mais en très net surdosage. Overdose.

Ça nous laisse gisant, complétement cataplexique. Heureusement, qu'il y a ces 6 minutes 30 d'ambiance composée de larsens, discrets arpèges et soubresauts de roulement de fûts pour nous laisser reprendre conscience et revenir à une vie (presque) normale.

 

No Vale Nada signe ici un très bon album. C'est construit et maîtrisé tout en ayant dans l'idée d'être destructif et insolent. Ils devraient par ailleurs penser à faire un packaging « un vinyle acheté/une camisole offerte ». En espérant que le prochain opus nous fasse définitivement quitter cette société toute moche.

photo de Vincent Bouvier
le 16/04/2019

4 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 16/04/2019 à 12:29:09

Sympa l'accès D-beatesque de "Un toi(t) sans nous"

pidji

pidji le 16/04/2019 à 22:04:28

J'avoue être passé à côté de sa sortie, et finalement, c'est plutôt bon !

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 17/04/2019 à 23:50:02

Tiens: salut ! J'vais pas vu.

Freaks

Freaks le 20/06/2019 à 15:00:17

Ils passent au Strabisme et ne serais pas là pour les voir, j'ai un gros karma de merde en ce moment avec les concerts :(

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