Nothing More - Nothing more

Nothing More - "Nothing more"
chronique Nothing More - Nothing more

Voici le genre de disque que quelques mauvais esprits ont sans doute honte d'aimer.
Nothing more est un groupe américain, et ça on le comprend très très rapidement. 
La production sonne tellement US qu'en ouvrant le digipack on pourrait voir un pygargue à tête blanche s'envoler en hurlant des "fuck fuck fuck" avec la perruque de Trump entre ses pattes.
C'est extrêmement propre, parfaitement dans l'air du temps (l'album date de 2014) et ça accompagne les créations modernes du groupe.
Pas (ou peu) de place à l'expérimentation dans ce premier LP, mais une volonté de marquer sa période en sortant un disque qui ne risque pas d'être intemporel mais de marquer l'auditeur à "l'instant T".

Le meilleur moyen de marquer le plus grand nombre d'esprits, c'est d'être accessible. Le choix a donc été fait de mettre en avant la voix dans cette prod, et surtout d'en sortir la blinde de chant clair, bien mélodique. C'est sans doute là que s'exprime "l'effet gluten". 
Il y a bien ceux qui sont, sincèrement, allergiques et intolérants à ce chant (ils sont nombreux à consulter les pages de CoreandCo) et ceux qui ne vont pas aimer, parce que ça ne le fait pas d'aimer ça.
Pourtant, ce chant est loin d'être dégueulasse, rappelant pas mal celui de My chemical Romance. Qu'on le veuille ou non, il est parfaitement maîtrisé, varié lorsqu'il s'agit d'enchaîner les phases énergiques ou au contraire un peu plus calmes. 

On n'échappe pas aux passages "cul-cul", surtout sur quelques pistes dédiées aux inévitables séquences émotions, complétement aseptisées par la prod' épurée.
Mais sur la grosse heure de cet album (Nothing more est du genre généreux), 45 minutes laissent une excellente impression !

Le show est principalement assuré par un chanteur qui assure ses parties vocales et des refrains assez prenants, le tout dans un anglais qu'un orthophoniste approuverait totalement. C'est limpide, clair et mes profs d'anglais au collège auraient pu diffuser sur k7 l'enregistrement pour faire un peu de traduction. Question paroles, il ne faut pas s'attendre à du Shakespeare, bien que les thèmes ne soient pas "pouet-pouet".
Mais derrière, musicalement, ça s'active. Si le but assumé de ces morceaux est de laisser une trace dans le cerveau, les compos ont été écrites dans ce sens. Pas de démonstration technique, mais un savant enchevêtrement de de riffs efficaces, de breaks bien pensés, de structures simples.
 

Nothing more semble se faire le pari de garder les auditeurs qui ont accroché au premier morceau (ignorons l'introduction inutile) durant toute son heure de travail. Il y parvient plutôt bien en variant les rythmes et les ambiances tout en ayant une production totalement épurée. Aidée par un peu de bidouille, la bande s'en sort bien avec un mix entre My chemical Romance, Spineshank etc.
Le résultat est que l'on a une version modernisée 2010's d'un néo-métal version MTV2 (début 00's), assez commercial, accessible et popé, mais bien foutu et bien rock.
En plaçant de temps forts lorsque l'album commence à baisser de régime, Nothing more tient en haleine jusqu'à la fin d'un album, un peu long, mais dans lequel on décèle un souci de la précision et une véritable générosité.

photo de Tookie
le 05/07/2016

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