Now, Voyager - Seas EP

Chronique CD album (21)

chronique Now, Voyager - Seas EP

Avec leurs dégaines de jeunes premiers Classe A du Néo-Métal, les  probables gamins de Now Voyager ont tout pour irriter le vieux con scribouillard qui se dit érudit, qui passe ses soirées d’avant-Noël (grand bien, lui fasse) à rédiger ses prochaines villenies.  Font le malin, tu vas voir, comme je vais te me le noyer moi ce Seas

 

 

Now Voyager, le nom est intriguant, c’est assez gonflé d’aller pêcher dans l’âge d’or du cinéma pour extraire un hommage à Bette Davis, sublime comme jamais, schizophrène à l’envie dans son rôle de composition (tu m’étonnes) de moche dépressive.

Et pas quoi faire le malin, parce que t’as enregistré dans les mêmes conditions qu’Enter Shikari… non mais, t’as vu un peu ce que c’est Enter Shikari ?? Bon, y’a Architects, les brittons de Brighton qui ont enregistré leur Devil’s Island dans le même repère.  Bon format de bel acabit metalcore-post-truc ; effectivement de quoi donner un bon alibi. « The Surface » qui ouvre le florilège de 21 minutes est tout bonnement implacable. Ah oui, il va moins la ramener le scribouillard, quoique.  En lieu et place d’un Néo Linkinesque,  les bruxellois proposent un beau mélange de musiques corrosives qui animent pêle-mêle (à la louche) Devin Townsend, Vision of Disorder, Filter, et Trent Reznor lorsqu’il pianote, et on le verra plus loin Mogwai in the sky ! Forcément le rendu est résolument moderne, électronique, et vraiment bien produit.  Les traîne-la peine le trouveront même trop produit. Quoi, on t’as pas dit ? Le marché mondial et tout ça, tout se vend mon brave, y compris ta musique que t’aimes bien que tu penses qu’elle est toujours issue d’une répète dans la cave. Now Voyager s’adapte plutôt bien à ce climat post-moderne de consommation en courant les concours du plat pays et en servant de porte-pancarte pour l’une ou l’autre boisson. Bon ce n’est pas l’essentiel, mais pour les nostalgiques, ça laisse un goût amer dans la bouche.

 

 

On aime bien les risques un peu maladroits sur « Foundations », on s’éloigne du phrasé-hurlé du chanteur et l’assise rythmique est diablement inspirée pour le coup. Une idée du futur pour un genre bien paramétré. C’est ce qu’il y’a de plus intéressant dans la démarche des belges. Investir un style et l’emmener plus loin que les balises établies. En ce sens, « Seas » est une énième tentative d’incursion dans les travées du post-rock qui se concrétise par une version de leur « hurt » à eux, bien torchée. On oscille dans cet EP entre les guitares mastoc, parfois un peu kitsch « Foundations » et de vraies belles envolées. « Tabula Rasa », avec un étonnant clin d’œil à U2, en terminus montre pourtant les limites du mélange proposé.

Now Voyager montre ici une solide carte de visite, largement inspirée. Seas laisse entrevoir des perspectives d’avenir et nul doute qu’avec un chouia plus de maturité qui devrait les éloigner de références encore encombrantes, le groupe tirera son épingle du jeu et pourra s’inscrire dans la durée. 

photo de Eric D-Toorop
le 23/01/2012

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