Nullcult - Zéro

Nullcult - "Zéro"
chronique Nullcult - Zéro

Ian Debeerst est comme ça: il ne veut pas qu’on puisse cataloguer sa musique en 2 coups de crayon. Alors quand il compose tout seul sous la couette, caché derrière le masque Am I Not, il louvoie entre Metal extrême et parenthèses plus personnelles, espiègleries légères et expérimentations poids lourds… Et se joue ainsi des étiqueteurs! Et quand, avec son frangin, il lève une armée (de 5 soldats, mais ne chipotons pas) sous l’étendard Nullcult pour mettre en musique la beauté parfaite et circulaire du « rien mathématique », la sociabilisation qui résulte de ces contacts humains ne rend pas la ligne de conduite plus rectiligne. Parce que sur ce premier EP 5 titres, ça zigue et ça zague entre gras juteusement broussailleux à même de faire bicher les fans de Stoner, torsions rythmiques et Meshu’ riffs râpeux, accès chaotiques TDEPiens (tiens, à 2:44 sur « The Catch »)… Sans parler d’un piano lunaire (sur « Feral »), de bouts de cuir Rock’n’Roll, d’un court break Black Metal glacé (à 1:49 sur « Kalmar »)… Tout ça sans qu’un chanteur ne vienne colorer le magma résultant d’une teinte qui donnerait du grain à moudre aux chantres de la classification métallique.

 

Du coup j’ai l’air fin moi, au moment de résumer le « Style musical » de ces 5 compos, ainsi que m’y enjoint le champs crânement logé à gauche, au-dessus de l’année de sortie de l’EP.

 

Ah, et j’oubliais presque de vous dire le plus insolite: les frères Debeerst sont installés chacun sur une batterie. Bon, leurs kits ne disposent que d’une seule pédale, donc ce n'est pas non plus comme s'ils déchaînaient les Orgues de Staline... Mais du coup l’union fait la double! Alors oui, dit comme ça, ça sent le concept différenciant en béton armé. Mais pour être honnête, pour moi qui n’ai pas l’oreille d’un prof de conservatoire, cette particularité ne saute pas aux oreilles. Ou alors peut-être au début de « Feral », qui met l’instrument (enfin LES instruments) plus particulièrement en avant.

 

Mais revenons-en au style. Voyons voir… Ce côté à la fois graisseux mais résolument 2.0: mais oui, ça sonne un peu comme The Erkonauts! Et puis ce Metal instrumental à la rythmique moderne, ça ne rappellerait pas un peu Kong des fois? Mouais, sauf que ça n’aide pas des masses à nommer la chose. Oh et puis tout ce qui compte finalement, c’est de savoir qu’à partir de ce postulat plutôt sombre, plutôt froid, Nullcult réussit à proposer un Metal relativement chaleureux, plus cuivré qu’ébène, plus rond que véritablement tranchant. Démarrant en général modestement, en touillant des ingrédients assez peu sexy pris séparément, les morceaux tracent leur chemin intelligemment, gagnant en densité pour nous offrir le plus souvent un beau retournement final où le rampant devient majestueux et le suintant lumineux. De véritables metteurs en scène des émotions musicales les Debeerst!

 

... D’où cet élan de sympathie incoercible qu’on ressent pour le groupe au sortir de ces 21 minutes de plaisir auriculaire.

 

Mais dites, c’est donc vrai alors: on peut aller loin en partant de zéro!??

 

 

PS: Nullcult, O, Apparent Void… Il ne serait pas plutôt Néant que Être le Ian?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: une sorte de Stoner Rock moderne et instrumental piloté à 3 mains par The Erkonauts, Meshuggah et Kong, voilà comment on pourrait bâcler la description des 5 morceaux de 0. Sauf que la vérité est bien plus complexe, et pas aussi froide qu’on pourrait le croire au premier abord. Au contraire même. Faites tourner un peu les titres proposés via le player en haut à gauche, vous allez voir…

photo de Cglaume
le 04/10/2018

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