Oathbreaker - Eros/Anteros

Oathbreaker - "Eros/Anteros"
chronique Oathbreaker - Eros/Anteros

Quand les quatre éléments se rencontrent... la lave, la glace, la pierre, la tempête. Quand souffle la mélancolie venue du nord et la folie du sud. Alors que les cieux s'ouvrent et vomissent les vagues de la destruction. Alors que la force incommensurable du dieu volcan rabaisse l'homme à sa juste place de parasite dominant sur cette planète. (intro cataclysmique)

 

Il est des groupes qui domptent toutes ces puissances, les asservissent dans une poigne de fer, les plient à leur volonté en invoquant les puissances effrayantes que recèle chaque cœur.

Remplaçant l'émotion par la pulsion, le sentiment par l'instinct. (transition ampoulée)


Anteros, frère d'Eros et fils d'Arès et d'Aphrodite. Deux principes contradictoires comme les deux facettes de l'âme humaine, l'amour frivole et l'aversion épidermique.

Aussi puissante qu'Eros, Anteros désunit et empêche les différences de se mêler. Si parfois elle sème autour d'elle la discorde et la haine, si elle nuit à l'affinité des éléments, du moins l'hostilité qu'elle crée entre eux les contient chacun dans des bornes fixes, et ainsi la nature ne peut retomber dans le bouillon primal.

Pour peu que vous vous intéressiez à la psychanalyse, ça sent un peu le foutre tout ça.

 

La Loi et le Chaos, l'Alpha et l'Oméga, le féminin et le masculin mêlé sur un album.

Ainsi, les Belges d'Oathbreaker arrivent à créer une cohorte de sensations extrêmes comme la confrontation des deux divinités antiques, convulsive mais si riche finalement.

 

Mêlant à leur Hardcore doomy sombre comme un poil du Demis Roussos des 70's, une louchette de Black ("No Rest For the Weary", l'intro de "Upveal"), de rythmes convergiens ("As Look In The Abyss") ou d'accents screamos ("Condor Tongue"),  Oathbreaker s'affranchit des genres en brouillant les pistes avec une précision chirurgicale et un talent à décorner les vipères du désert. Bien sûr le rock pesant de Thulsa n'est jamais vraiment loin, le Grand Serpent approuve, mais quand la bande de Belges s'emballe pour de vrai, cela donne "Nomads", une course metaloïde thrashisante du plus bel effet.  

Les miaulements enragés de Caro font encore beaucoup pour l'agressivité des morceaux car je trouve que le son se fait moins lourd que sur Maelstrom, gardant toujours le malsain en ligne de mire et le vent dans le dos. Pourtant la basse n'a jamais été aussi prégnante. La donzelle s’essaye également au chant vaporeux dans "The Abyss Looks Into Me", apportant ainsi un soupçon d'opium au cocktail amphétamines/poudre à canon habituel.

Pas mon truc l'opium, ça rend tout mou et après on se prend pour un poète maudit pour peu qu'on n'y ajoute l'absinthe. Mais considérons que certains passages ouatés disséminés un peu partout permettent de sortir la tête de la boue et de retrouver l'espoir en Eros; un espoir futile apparemment, et vite battu en brèche par les Briseurs de Serment.

 

On pourrait décortiquer les titres à l'envie tellement ils sont plein de ceci ou de cela, entre la choucroute garnie et le melon bio, mais ce serait oublier que la folie de Oathbreaker parle plus aux viscères qu'au cerveau.

photo de Crom-Cruach
le 28/08/2013

4 COMMENTAIRES

pidji

pidji le 28/08/2013 à 15:58:59

bonne surprise ce disque, j'avoue que je ne les connaissais pas avant.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 28/08/2013 à 17:56:01

Ecoute leur premier également.

Geoffrey Fatbastard

Geoffrey Fatbastard le 29/08/2013 à 10:26:16

C'est bien la guerre cette galette

Matt666

Matt666 le 12/09/2013 à 14:49:25

Du très bon ça !

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