Oathbreaker - Rheia

Chronique CD album

chronique Oathbreaker - Rheia

Après leur second album, transformant un premier essai, tel un rugbyman de granit, les Belges de Oathbreaker se rappellent à notre bon souvenir en ce début d'automne.

Sont synchros niveau saison, finalement, car la musique cette bande d'iconoclastes n'a jamais appelé le soleil et les nanas. Darla li la dada.

Oubliez les Bronzés, même si ici, les Belges sont splendides. Car le voyage proposé par Rheia est quasi mythologique.

 

Fille d'Ouranos et de Gaia, la déesse (aussi appelée Rhéa) dont est issu le titre de la plaque, n'est pas une rigolote. Elle est la femme de Cronos : niveau situation conjugale, elle n'est déjà pas super chanceuse, avouez. Elle prend aussi parfois le nom de Pandore, la pauvrette... Total manque de bol quoi.

Ouvrons donc la boîte (une jarre en réalité et ici un album) pour écouter tous les maux que nous racontent Oathbreaker.

 

"10-56" commence à capela. La voix de Caro ondule en vagues mélancoliques. On sent une menace sous-jacente, on connaît le groupe... Désolé, j'ai pas trop de références niveau chanteuses mélancoliques alors plutôt que de raconter des conneries, je vais laisser des pointillés pour que vous y marquiez les vôtres : …........................................................................................................................................................

 

Au premier break, une déferlante nous emporte, chaloupant vers des moments de feu et de sang, d'introspection et de catharsis, s'achevant sur les hurlements de démente de la miss.

Impressionnant de constater comme cette dernière, même si elle est parfois limite (niveau minauderie et justesse), a développé son chant, lui faisant parcourir un spectre toujours plus lugubre. Un fantôme de voix parfois, venant des murs, flottant dans la pièce sur fond de guitare acoustique.

La banshee est toujours épaulée par une section rythmique sans faille, sachant se faire aussi lourde que presque jazzy dans sa façon d’appréhender le cuivre des cymbales. Édifiant un mur de son ou un filet de notes, les Belges ne se perdent jamais, pourtant.

 

Rheia est un album exigeant, demandant de la part de son auditeur, un effort de chaque instant pour tenter de le comprendre, surtout à la première écoute, hantée.

Si j'avais découvert Oathbreaker avec celui-ci, le groupe m'aurait laissé au bord de la route, tendant toujours mon pouce, en vain.

La difficulté d’appréhension de la plaque réside, pour moi du moins, dans le fait qu'il forme un tout d'où il est presque impossible d'isoler un morceau. A contrario, se le farcir dans son entier est aussi ardu que de faire comprendre ce qu'est une équation à un yak.

J'ai choisi finalement de laisser l'analyse trop clinique de côté, comme avec son prédécesseur, me laissant porter par les sensations prenant le bide. Appelez cela de la facilité ou de la faignasserie, si vous le désirez. M'en moque. Faites mieux de votre côté, on n'en reparlera, pas, ensemble, de toute façon.

 

L'espérance est restée au fond de cette plaque, comme dans la boîte de Pandore, cachée aux yeux hommes. S'ils cherchent bien, peut-être la trouveront-ils, toutefois.

Pas gagné d'avance.

photo de Crom-Cruach
le 27/09/2016

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