Ophe - Litteras Ad Tristia Maestrum Solitude

Ophe - "Litteras Ad Tristia Maestrum Solitude"
chronique Ophe - Litteras Ad Tristia Maestrum Solitude

S'il y a bien un album que j'attendais en ce début d'année, c'est celui-ci. Annoncé depuis plusieurs mois comme un projet solo de Bargnatt XIX, superbement (encore une fois) illustré par Jeff Grimal, enregistré au Lower Tones Place Studio, sorti sur le même label qu'Område... Tout un faisceau d'éléments qui ne pouvaient que conduire à l'achat de Literas Ad Tristia Marstrum Solitude. Le musicien, qui s'est chargé de tous les instruments, des vocaux et de la programmation, cite entre autres comme références Ulver, Manes, DHG, Khonsu (je dois reconnaître que cette dernière me fait particulièrement plaisir). Bref, on ne nous prépare pas à un album de Darkthrone.

 

On nage plutôt dans un Black Metal complexe, rugueux et avant-gardiste. Le "Somnum Sempiternum" d'ouverture est un magma noir d'où émergent des sentiments de folie et de haine, transpercé par un saxo schizophrène. Et ce n'est que le début de longues pérégrinations dans l'antre de la folie du musicien. Enfermé dans son délire, il déclame pendant de longues minutes une lente litanie ("Decem Vicibus") avant que son Black Metal chaotique ne reprenne l'ascendant. Donnant parfois une impression d'improvisation, il est au contraire structuré et pensé. Il m'a fallu de nombreuses écoutes avant de pouvoir dompter cette œuvre qui n'offre que peu de points d'entrée, de fissures permettant de briser ce mur opaque qui se dresse devant nous.

 

Avant de goûter au repos du juste, avec calme et volupté, au son des doux arpèges de "Cadent" (évoquant par moments "Notre Rechute" de Glaciation), il faudra faire face à la pièce centrale du disque, l'avant-dernière piste et ses dix minutes quarante, encore plus tordue et folle que ce qui a précédé. On atteint ici des somment en terme de démence musicale, à faire pâlir Fleurety, avec des changements de tempo incessants, des riffs dissonants et des vocaux tout droit sortis des pires cauchemars de Lovecraft.

 

Literas Ad Tristia Marstrum Solitude m'a totalement pris par les sentiments, et si comme moi, vous n'avez pas peur de vous faire embarquer dans un univers malsain, n'hésitez pas à vous laisser happer par cette œuvre au fort impact. J'ai bien failli lui mettre la note maximale, mais ça aurait été ne faire confiance en la capacité de Bargnatt XIX à proposer un second album encore plus hallucinatoire.

photo de Xuaterc
le 02/05/2018

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