Origami Geijutsu - The Habikusha Haikus

Chronique CD album (32:00)

chronique Origami Geijutsu - The Habikusha Haikus

42897.
C'est le nombre approximatif de notes qu'il y a dans cet album...de mathcore...on s'en doute bien avec un résultat pareil.
Faut dire qu'avec des années riches de 14 minutes d'ensoleillement dans le département du Nord, on prend facilement le temps de s'enfermer et composer des choses simples qui finissent alambiquées, à force de cogiter.
Puis comme on a le sens de la solidarité et de l'amitié (NDR : bon, peut-être plus tant que ça puisque depuis l'écriture de cette chronique, deux membres se sont barrés) dans l'coin : cette affaire s'est faite à trois.

Un batteur tentaculaire sous caféine, un guitariste avec 12 doigts, un bassiste qui caresse beaucoup de cordes, et un nom d'une difficulté maximale pour le léger dyslexique que je suis : Origami GeijutsU (abrégé en OrU pour plus de commodités).
L'art de l'Origami, tout le monde connait : c'est plier une feuille de papier et en faire une poule, une cafetière ou une bite.

Mais ce sympathique GeijutsU transposé à la musique donne une sacré bordel bien organisé que toutes les oreilles ne peuvent pas gérées.

Dès l'introduction, on sent bien que ça va débouler. Il ne faut d'ailleurs pas plus de 30 secondes pour que cela virevolte dans tous les sens.

OrU joue vite, mais surtout, déroule puissamment.
Entre cymbales étouffantes et roulements de la batterie en plus des balades de manche du guitariste, on se perd durant la première écoute.
Mais on pense rapidement à The Dillinger Escape Plan (époque "Calculating infinity" - "Irony is a dead scene" pour quelques ambiances Pattoniennes), Shoemaker levy 9 (natifs de la même région).

De gros riffs d'écorchés et de la basse lourdement bondissante ("Paper ykais awakening"), certes, mais aussi des titres qui respirent un peu plus ("Senbazuru") : les musiciens n'ont beau être que trois, ils varient plus les ambiances que 9 mecs masqués sur des bidons qui tournent.
Mais ce qu'on retient surtout c'est qu'il n'y a pas de modèle dans les compos du groupe.

Si les nordistes s'efforcent de ne pas nous donner de nausées avec des titres à rallonge, il enchaîne mais avec des maillons bien différents. Les structures ne sont pas clonées, elles sont toutes originales et nous permettent de nous balader de titre en titre, avec cette agréable sensation de nouveauté...dans un genre qui ne l'est pourtant.

Seul point commun :  des départs lents pour se lâcher au bout de quelques secondes, c'est par la suite un chemin différent qui est emprunté pour nous mener jusqu'au dernier morceau : le seul avec un chant.

Jusqu'à la 30ème minute, le groupe se suffisait à lui-même : déjà suffisamment bavard instrumentalement, le chant aurait été de trop. 
D'autant qu'il arrive à la bande d'être difficile à suivre comme sur quelques courts passages d'"Axiom II too slow to fold" ou "The randlett system". 
Mais lorsque la bande aime jouer, c'est avec la lourdeur et l'intensité.
Elle sait aussi s'amuser, discrètement, sporadiquement avec des cordes, un cuivre et un piano ("The randlett system" / 'A rustle before silence II : From nothing") sur Cubase, histoire d'enrichir (légèrement) ses créations.

Finalement, l'envie de pousser la gueulante prend le dessus sur une dernière piste avec un invité. Si le résultat est sympathique, c'est tout de même dans le mutisme qu'OrU offre sa meilleure formule.

 

Même si toutes les oreilles ne sont pas prêtes à digérer cet album, plusieurs écoutes passives sérieuses laissent rapidement place à des sessions bien plus excitées si le plaisir est poussé jusqu'à faire du "air-OrU".
Faudra quand même penser à s'échauffer avant de les mimer...

photo de Tookie
le 16/08/2016

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